Villare Villerium Villers en Arthies

Au XXe siècle



- SOMMAIRE -



Le village et l’histoire nationale p.2


La vie quotidienne p.7 (Electrification p.7 ; Eau potable p.10) 


Les châtelains p.16


L’église p.17


L’école p.20


La « Maison des sœurs » - La colonie de vacances p.21


Quand on parlait « chemin de fer » ! p.24


Références et notes p.26






















Villare Villerium Villers en Arthies

Au XXe siècle


L’abbé Guibourgé, curé de Villers en Arthies, décrivait ainsi le village en 1927 : « De Villers, en effet, on aperçoit les collines avec leurs hautes futaies, les vallons avec leurs pâturages, les plaines et leurs moissons et, un peu partout, les cerisiers qui sont l’orgueil et la richesse du pays…Des bruits aussi montent jusqu’à nous…C’est le cor des piqueurs qui chassent le sanglier, c’est la sirène des bateaux qui passent non loin de là sur la Seine, c’est la voix du laboureur qui conduit ses chevaux ou le cahotement du chariot qui rentre à la ferme, c’est l’angélus qui sonne, ce sont les bruits de la nature, tous ces échos qui sortent des bois ou montent de la vallée… ».

(D’après le B.P. « Les échos de l’Arthies » n°43 de juillet 1927)

Il s’agit d’un, extrait du discours d’accueil lors de la visite de l’évêque.

En ce début du XXe siècle, Villers est toujours un village rural.

Les sources seront les mêmes que pour le XIXe siècle mais, si la lecture est plus aisée, il est regrettable de n’avoir que des registres (délibérations, arrêtés, état civil…) pour la période 1914-1918, peu ou pas de documents pour la guerre de 1939-1945. Il a fallu faire appel aux témoins oculaires, de plus en plus rares, et à la mémoire collective, sujette à caution.

Nous conserverons la présentation de la vie quotidienne sous la forme d’un carnet de bord. Toutefois, nous insisterons sur la distribution de l’eau potable, l’électrification, les cimetières, les syndicats intercommunaux, les grands travaux…

Nous passerons rapidement sur la guerre de 1914-1918 (Voir l’étude de Jean Rochefort : « Durant la guerre de 1914-1918 à Villers en Arthies »).


I – LE VILLAGE et L’HISTOIRE NATIONALE -


Le 27 mai 1902, le conseil municipal vote un secours de 50 francs pour les sinistrés de l’éruption du volcan « La Montagne pelée » à St Pierre de Martinique, éruption qui détruisit la ville.

Le 13 février 1910, il inscrit un crédit de 100 francs à répartir en parts égales entre les communes de La Roche-Guyon, Haute-Isle, Moisson et Follainville. Il s’agissait des inondations de 1910.


La guerre de 1914-1918 n’a pas épargné la population. Le maire lance, le 10 août 1914, un appel à toute la population pour assurer les récoltes. La déclaration de guerre date du 3 août.

Plus de docteur le 4 octobre ! Le docteur LUBIN est mobilisé. Un service intercommunal –déjà !- va être organisé avec le docteur BARBATIS. De 1915 à 1918, des groupements et des associations se forment et réclament des secours. Le conseil municipal sera souvent sollicité et répondra favorablement dans la limite de ses finances. (1)

La population paye son tribut à la guerre. Henri GEROUT est tué à Estrées (Somme) le 21 juillet 1916 (mentionné dans la délibération du conseil municipal du 16 octobre 1917).

Le 19 juin 1921, le conseil décide d’ériger un monument aux morts de la guerre de 1914-1918. Madame veuve BOURIENNE et madame PUISSANT font, le même jour, don du terrain. L’inauguration aura lieu le 23 octobre.

Le 3 décembre 1922, on inhume Georges BOUTIGNON, mort pour la France.

(D’après le Bulletin cantonal du doyenné de Magny en Vexin n°9 de janvier 1923)

Le 6 janvier 1923, c’est le retour du corps de Louis FEY, blessé dans l’Argonne et décédé le 14 février 1915 à l’hôpital de Lyon.

(D’après le B.C. n° 10 du 1er février 1923)

Le dimanche 13 novembre 1927, une cérémonie a lieu à l’église, puis devant le monument aux morts.

(D’après le B.P. n°47 de novembre 1927)

Si la guerre de 1914-1918 n’a touché que les personnes (soldats tués, estropiés ou disparus) et perturbé la vie quotidienne des habitants, celle de 1939-1945 n’a pas épargné le village. Aucun document de l’époque dans les archives de la mairie. Seuls, les décomptes des « dommages de guerre », sommes versées après la guerre pour la reconstruction, laissent imaginer l’ampleur des dégâts.

Un témoin oculaire, madame ROGER de VILLERS, née Gabrielle GERBAUD, mère de monsieur ROGER de VILLERS Thibault, le comte actuel, a tenu un journal des événements de l’année 1944 (2). Bien qu’il n’y ait pas de date, excepté celle du 6 juin, on peut situer ce document entre avril et septembre 1944 et, plus précisément fin août. Il est fait référence au mois de mai dès le deuxième alinéa. Voici des extraits de son cahier : 

« Les avions sillonnent le ciel…Les bombes éclatent tantôt sur Mantes, tantôt sur la route de Magny à Pontoise…au mois de mai…des troupes d’occupation cantonnent à Villers. Chaque maison doit loger des Allemands et supporter le canon anti-aérien placé à l’entrée de Villers, vers Villeneuve, contre le jardin de MARIN. Des pièces de D.C.A. volantes se déplacent… ». Bien sûr, des éclats tombent sur le village. « Dans le parc, trente camions se camouflent. Le corps de garde s’installe dans la salle à manger (du château). Les camions partent petit à petit, mais les troupes restent. «  Un groupe de radiophonistes s’abat sur le pays. Les fils sortent de partout ». Le camion « récepteur-émetteur » est stationné près du tennis.

« Quarante-sept hommes et sous-officiers logent au château, le capitaine au Grand Saint léger…Les bombardements se multiplient ». Beaucoup de maisons sont ébranlées et, « deux dimanches de suite, pendant la messe, gros bombardement sur Mantes, La Roche-Guyon. Les éclatements couvrent les chants ».

« Un nouveau détachement allemand installe un énorme pylône au carrefour de la grande allée et de Champigneules… ».

Les bombardements se poursuivent. « Plus un avion allemand dans le ciel ». Un appareil de la R.A.F., touché par la D.C.A., prend feu, passe au-dessus de Villeneuve, survole le château et s’écrase non loin de Haute-Souris. Deux aviateurs réussissent à sauter.

6 juin (?) : « Les occupants feignent d’ignorer » la nouvelle du débarquement en Normandie. Les troupes quittent Villers brusquement (date non précisée). Les « sans-filistes » restent.

« Les Américains passent la Seine à Vernon ». Les Allemands quittent Villers.

« Vendredi - La rumeur signale une troupe américaine à St Martin…Quelques autos font une pointe à Vétheuil…

Dimanche : Que voyons-nous passer entre les deux avenues ? Un tank américain. L’accueil est chaleureux : acclamations, vin, mais le détachement s’en retourne et ne va pas battre le terrain dans le Bois des Bruyères où un camion allemand est caché ». D’ailleurs, des avions allemands survolent le village.

Lundi : Les Allemands sont à nouveau là. Ils creusent activement des tranchées…Les boches se multiplient autour de nous dans le parc, dans la Vente de la Loge, dans l’allée tournante, dans le Bois des Bruyères…Les Allemands raflent, avant leur départ, de la nourriture, un cochon gras, un cheval de voiture, un poulain de 2 ans, des harnais…A la fin de la journée, trois tanks américains reviennent, empruntent la route qui va à Magny et vont attaquer, par le Clos Salé, les Allemands retranchés derrière la maison du garde. La manœuvre est maladroite, les Américains se replient en emportant leurs morts et retournent sur Vétheuil.

Mardi – Les Allemands fourmillent dans les bois. En 36 heures, ils ont amené de Boulogne, par la route, 80 canons lourds…Les pièces se touchent le long des routes de Genainville et de Maudétour ; quelques-unes à St Léger, Villeneuve, à la croisée de la ferme du Grand Chemin, gueules tournées vers Vétheuil…La salle de la ferme devient poste de secours. Les obus tombent sur la vacherie, la grange, sur la futaie au-dessus du potager… ».Un obus tombe sur la terrasse devant la table de pierre, un dans la pelouse. A 20 heures, le tir est si intense que tout le monde descend à la cave.

Le mercredi, les ouvriers de la ferme et leur famille se réfugient dans la troisième cave du château.

Jeudi – On poursuit une installation précaire dans les caves. On essaie de sauver les provisions, les vêtements…

23 heures : nouveaux tirs…L’église est atteinte ainsi que le presbytère et la chapelle (mortuaire) des ROGER de VILLERS. Les maisons sont touchées ou détruites ainsi que la ferme des DREUX (sur la place du village)…Des habitants « montent » pour se réfugier dans les caves du château.

« Les obus tombent sur le poulailler, le bûcher du jardinier, le garage…Le pavillon de la cuisine est éventré…La chapelle et l’office sont aussi atteints. La terrasse, la pelouse, tout est troué d’obus ». Que d’arbres saccagés ! Que de branches partout ! Plus de pigeonnier…

A la ferme, encore une coche pleine tuée, deux moutons, des bovins. « La ferme est encore touchée : maison du chef de culture inhabitable, le pan de mur ouest écroulé laisse voir l’escalier. Le commandant allemand transporte le poste de secours au château où il faut aménager la grande cave ».

Samedi – Des pièces de canon sont installées devant le château…L’ordre d’évacuer le village est donné. Seuls, les châtelains et le personnel doivent rester pour aider au poste de secours. Ambulances, autos, « jeeps » ( ?), voitures à cheval apportent de nombreux blessés. Les obus pleuvent sans arrêt.


Dimanche – Il faut partir immédiatement. La famille ROGER de VILLERS et son personnel partent vers Magnitot en empruntant la route de Genainville. Les canons se touchent de chaque côté jusqu’à la ferme de la Moinerie. « Chevaux tués et cadavres jalonnaient la route ».

………………………………………………………………………………………… Au retour, triste spectacle : la grille « déchiquetée »,l’avenue « enchevêtrée » de branches brisées, les allées bouleversées, les murs du potager écroulés, l’angle du pavillon éventré, plus d’ardoises sur le toit, plus de fenêtres et de portes… « Dans toute la maison, on marche sur un lit de gravats, de papiers, de boîtes, de verre…Tous les meubles de toutes les pièces sont vidés…Des soldats américains déambulent, regardent, emportent : ‘souvenir’, disent-ils ».

Même spectacle dans les caves, à la ferme, dans les champs où les bovins, ventre gonflé, pattes raides, pourrissent.


Il va falloir réparer ou reconstruire une partie du village.


Le 16 septembre 1944, le Comité Local de la Libération procède à l’installation du conseil municipal (7 conseillers).

L’élection du maire et de l’adjoint suit : monsieur Auguste RIVOIRE, architecte D.P.L.G., est élu maire avec 6 voix ; monsieur LAJOIE Eugène, éleveur, est élu adjoint avec 6 voix.

Mais le 2 octobre 1944, monsieur RIVOIRE, domicilié à Paris, se désiste en faveur de monsieur GENEVEE Henri. Le motif invoqué est le manque de moyens de communication et son activité professionnelle. Monsieur GENEVEE, commerçant, est élu maire avec 6 voix.


Nous évoquerons plus loin la reconstruction de l’église.

Le 13 juillet 1956, le conseil organise une quête en faveur des soldats d’Algérie et vote une subvention de 5 000 francs. C’est pendant la guerre d’Algérie (1954-1962).

Le 28 septembre 1958, un référendum est organisé pour l’approbation de la constitution de la Ve République.

Le 23 décembre 1959, une collecte est organisée en faveur des sinistrés du Var, à la suite de la rupture du barrage de Fréjus, dit de Malplaquet. Elle rapporte 67 000 francs de l’époque.

Nouveau référendum le 8 avril 1962 : il concerne l’approbation de la politique algérienne du général De GAULLE, c'est-à-dire l’autodétermination du peuple algérien.

La région parisienne est découpée en nouveaux départements par la Loi n° 64.707 du 10 juillet 1964. Villers en Arthies se trouve alors dans le Val d’Oise. Ce Val d’Oise deviendra autonome le 1er janvier 1968.

6 novembre 1988 : Un autre référendum est proposé aux Français. Il concerne le futur statut de la Nouvelle-Calédonie.

Nous avons volontairement omis les nombreuses consultations électorales (locales, législatives, présidentielles, européennes et corporatives).


II – LA VIE QUOTIDIENNE -


Il apparaît nécessaire d’améliorer sensiblement la vie quotidienne des villageois : eau potable, électricité, téléphone…C’est d’abord l’électrification qui va retenir l’attention du conseil municipal.


L’électrification :


Cela commence comme un conte de fée. C’est dans le « Trait d’Union » du doyen de Magny en Vexin (n° 7 de mai 1935) que nous avons lu, en substance, le jour de la Ste Barbe 1904 (Fête des pompiers), monsieur FOURNIER, maire, et son conseil municipal font installer une lanterne au carrefour de la rue coupant l’allée du château. Ils organisent aussi une souscription – C’est l’habitude à l’époque – pour aider au paiement de la dépense.

Par délibération du 8 janvier 1905, le conseil décide d’utiliser le montant de la souscription qui a « atteint en grande partie le montant nécessaire pour son exécution »…Il n’est pas mentionné de somme. C’est le doyen de Magny qui conclue son article du bulletin cantonal : « Ainsi, Villers possède-t-il un éclairage public de cinq lanternes pour l’hiver 1904-1905 ».


Nous allons suivre les diverses étapes de l’électrification du village jusqu’à nos jours.

Le 9 octobre 1913, le conseil approuve le cahier des charges pour l’éclairage électrique (branchements particuliers, bâtiments communaux et voies publiques).

Dans la délibération du 28 mars 1930, il demande une subvention pour l’électrification des campagnes au Génie rural. Dans les attendus, on note : « Sur une superficie de 808 hectares, la commune compte 600 hectares de terres arables, répartis en 12 exploitations agricoles distinctes ». Plus loin, le maire indique : « La commune de Villers en Arthies qui comporte 8 hameaux et 3 grandes fermes isolées, a une population de 317 habitants ».

La Société « Force et Lumière », 67 rue de Dunkerque à Paris, obtient le 12 juin 1932, l’adjudication des travaux pour La Goulée (montant du marché : 30 575 francs. Ce marché passe à 34 500 francs. En effet, lors de la réunion du conseil du 21 août 1932, on préfère des poteaux en béton à la place des poteaux en bois prévus dans le premier marché.


Le hameau du Tremblay ne sera électrifié qu’en 1955. Pourtant, dès le 18 février 1951, le conseil approuve le projet et le devis qui s’élève à 1 070 000 francs. On compte sur une subvention de 428 000 francs. Le 6 octobre, on n’a pas encore pu assurer le financement. Un emprunt de 230 000 francs est réalisé auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations le 23 février 1952 et un autre de 412 000 francs auprès de la Caisse Nationale de Crédit Agricole. Le conseil vote 198 000 francs pour régler le solde des dépenses dans sa séance du 25 juin 1955.


Le 15 décembre 1962, le conseil décide l’électrification des maisons des Cavières après le chemin de Haute-Souris (2 maisons). Il choisit le raccordement sur la ligne des Mares. Le devis du Génie rural s’élève à 10 000 francs (Attention, il s’agit de « nouveaux francs ». La dévaluation de la monnaie a amené le gouvernement à créer une nouvelle unité monétaire : 1 NF = 100 anciens francs).

Juillet 1964 : le dossier technique de l’E.D.F. est approuvé. Le marché, d’un, montant de 9 324,88 NF, le sera le 8 août 1964. Le financement est arrêté dans la séance du 9 octobre :



Montants

Taux

Commune

1 500 francs

15%

E.D.F.

2 500 francs

25%

Etat

6 000 francs

60%

Total

10 000 francs

100%


Les travaux peuvent être entrepris.


Afin d’améliorer la distribution de l’énergie électrique, le 7 août 1965, le conseil approuve le marché des travaux de changement de tension (passage du 110 volts au 220 volts). Le coût des travaux s’élève à 45 239 francs. Ces travaux seront exécutés courant 1966, mais la facture n’arrive pas en mairie et ce n’est que le 4 septembre 1971 que l’E.D.F. réclame le paiement des travaux , par le canal du Génie rural. La facture a fortement «enflé » : 62 953,25 francs. Imaginez la réaction du conseil municipal. L’affaire se terminera à l’avantage de la commune après bien des démarches. L’E.D.F. avait vraiment trop tardé pour réclamer son dû.


Des constructions nouvelles ayant été édifiées le long de la rue de la Croix Dialot, on décide d’étendre le réseau d’éclairage public à cette rue. Il est achevé le 7 décembre 1968 : le montant définitif des travaux est de 8 844,44 francs.

Nous évoquerons plus loin la modernisation de l’éclairage public et son extension progressive aux hameaux.


Décisions et faits divers :


Bien sûr, la vie se poursuivait : vote des budgets, des contributions ordinaires ou exceptionnelles, l’entretien des chemins, la réparation des bâtiments, le paiement du personnel…

 11 mai 1903 – Le conseil demande « une boîte à lettres dans chacun des quatre hameaux principaux ». Il s’agissait du Tremblay, des Mares, de Villeneuve et de La Goulée. Il souhaite que la 2e tournée, faite dans l’agglomération, ait lieu dans les hameaux. Il vote un crédit de 137 francs et propose qu’on alloue au facteur une « indemnité de bicyclette ».

11 juin 1905 – Le maire, A. FOURNIER, et son conseil se prononcent sur la création d’un service des Pompes funèbres. Ils concluent : « Considérant qu’il n’existe pas dans la commune de service spécial de Pompes funèbres, que, en vertu d’anciens usages, le transport des corps a été assuré jusqu’à ce jour par une société charitable laïque, est d’avis de maintenir cette coutume ».


10 mars 1906 – Un fait divers qui se termine en drame. Un cultivateur boit d’un trait, à la suite d’un pari, un litre d’alcool et meurt sur le coup (3).

Un avis du « 12 Xbre 1912 » (octobre), consigné sur le registre des arrêtés du maire, fait connaître aux villageois que le pont à péage de La Roche-Guyon est mis en libre circulation à compter du 1er janvier 1913 par arrêté du préfet de Seine et Oise.

Une épidémie de fièvre aphteuse se déclare en 1913. Des avis inscrits sur le registre des arrêtés du maire, sont publiés :

Le

Fièvre aphteuse à

10 février

Vétheuil

13 mai

Chaussy

26 mai

Aincourt

12 juin

Genainville

17 décembre

Villers en Arthies


La fête communale avait lieu au début de juillet. Le 14 février 1923, le conseil décide de la déplacer au 2e dimanche de juin à compter de cette année. La raison invoquée est simple : «  Les cerises étaient tardives et comme les gens cueillaient tous les jours, même le dimanche… ».

La même année, dans son bulletin cantonal, le doyen de Magny annonce qu’un poste de réception a été installé au presbytère de Villers en Arthies. On entend parfaitement le bulletin météorologique et les concerts de la Tour Eiffel et Radiola. L’appareil comporte 2 lampes. On peut l’entendre en plein air à plus de 20m. Il faut une antenne bien isolée. Il existe des appareils à galène, moins puissants, mais moins coûteux »

(D’après le B.C. n°12 du 1er avril 1923)


1924 – Le banquet des pompiers est présidé par monsieur WALLE, maire. Monsieur MERRANT est chef de section.

(D’après le B.P. n°2 de février 1924)

Pour la fête du 15 août, un ballon est lancé - C’était la coutume – Il atterrit le 28 à août à Kaiserlautern en Allemagne occidentale dans le Bas Palatinat.

(D’après le B.P. n°10 d’octobre 1924)

Les accidents n’épargnent personne : « mademoiselle PHILBERT Rose, à la ferme des Mares, en harnachant son cheval, reçoit une ruade à la tête ». La blessure était grave. Heureusement, elle guérira.

(D’après le B.P. n°11 de novembre 1924)

On fêtait aussi la St Jean. En 1925, on allume un feu et un « jeune audacieux monte ensuite au mât central pour s’emparer des fleurs fixées au sommet ».

(D’après le B.P. n°21 de septembre 1925)


L’eau potable :


De 1932 à 1937, le conseil se préoccupe du problème de l’adduction d’eau potable (études, plans, devis, financement, réalisation …).

Le 21 décembre 1932, il engage un géologue qui procèdera, pour le bourg, à « l’étude hydrogéologique ».

Il demande ensuite le concours de l’ingénieur adjoint du service vicinal de Limay  et de l’ingénieur des Ponts et Chaussées à Mantes. Leurs honoraires seront calculés au taux de 5% du montant des travaux. Ils toucheront chacun 50% du produit.

Le 18 février 1933, il charge monsieur DIMITRI, du Laboratoire du Ministère de la Santé publique, d’analyser l’eau du ru de Chaudray.

Le 26 décembre 1936, il emprunte 250 000 francs pour cette adduction.



- Acquisition du terrain de la station de pompage de Chaudray –

- Acte de vente –


Par devant maître Paul Gaston DAUVERGNE, notaire à La Roche-Guyon (Seine et Oise) les 8 et 9 janvier 1937,


Monsieur Athanase Pierre TOUTAIN et madame Louise Estelle Eugénie SARAZIN, son épouse, domiciliés à Villeneuve, ont vendu :


A la commune, représentée par son maire, monsieur Alphonse BOUCHER, en vertu d’une délibération du conseil municipal du 27 mars 1937,


Une portion de terrain de 759 m² dans les parcelles :

B n° 348 lieudit La Garenne

B n° 687p lieudit Le Pâtis de Chaudray

B n° 688p lieudit Le Pâtis de Chaudray

Traversés par le ru de Chaudry



Le 18 décembre 1937, le maire fait approuver les décomptes définitifs (deuxièmes lots et branchements particuliers).


« L’égout » :


En même temps que l’adduction d’eau pour le bourg, il fallait assurer l’évacuation des eaux usées.

Le 19 août 1933, après bien des démarches et des discussions, le conseil vote le financement de la construction du collecteur des eaux usées de la grande rue, « appelé à tort égout puisqu’il se jette dans la ravine du bas de Villers ».


Financement

Dépenses


Recettes

Coût

255 000 francs

Subvention des jeux

61 200 francs

Rabais

71 400 francs

Subvention départementale

67 000 francs

Total

183 600 francs

Emprunt

38 400 francs



Fonds communaux

17 000 francs



Total

183 600 francs

Retour au quotidien :


Une cabine téléphonique est installée au café-tabac-épicerie de monsieur  Sadi THIERY, dit « Chez SADI », le 26 décembre 1936.

La commune s’abonne au téléphone le 17 novembre 1940.

Le corps des sapeurs-pompiers, créé en février 1839, est dissous en 1954 (sans précision).

Le 30 juin 1956, on modifie le logement de l’instituteur qui possédait des pièces au rez-de-chaussée et à l’étage. Il est installé en totalité à l’étage. L’ancienne cuisine devient la chaufferie avec chauffage central au charbon.


On établit, le 4 juillet 1959, un état du réseau des « voies communales » qui englobent les anciens chemins vicinaux et certains chemins ruraux. Le tableau définitif sera approuvé le 15 avril 1961.


C’est le cimetière qui va être aussi souvent à l’ordre du jour des séances du conseil municipal. Dès le 24 octobre 1959, il décide de remettre les tombes à l’alignement. Les inhumations avaient en lieu d’une manière anarchique sans respecter le plan depuis 1939.

Du 11 mai 1963 au 12 février 1972, on essaie d’agrandir le cimetière près de l’église car il arrive à saturation (presque toutes les tombes sont perpétuelles). Un géologue refuse l’agrandissement car les terrains voisins et le cimetière sont « trop humides ». Il faut donc rechercher un autre terrain. Le géologue fera de nombreux sondages sur les terrains proposés avant de désigner le lieudit « La Comté », route de Vétheuil, terrain où se trouve le nouveau cimetière.

Sous la pression de l’administration des P.T.T., le conseil décide de donner un nom aux rues du village.


Extension du réseau d’eau potable :


Depuis 1937, le bourg est alimenté en eau potable. Après la guerre de 1939-1945, il faut réparer les ruines. Ensuite, le conseil s’attaque au problème de l’extension du réseau. Durant plusieurs années (une dizaine, selon les anciens conseillers), des ingénieurs étudieront les possibilités des sources de la commune.

Le 6 mars 1959, on approuve les statuts du Syndicat intercommunal des Eaux de Villers en Arthies. Ce syndicat regroupe les communes de Villers, de Chérence et des écarts de Chaussy (Haute-Souris, Méré, Cul-Froid, Petites Maisons). Il avait été officialisé par un arrêté préfectoral du 3 février 1959.

Le comité syndical décide, le 14 novembre 1959, le renvoi de l’ingénieur, monsieur DUBOUCH. En effet, aucun plan, aucun rapport et aucun projet n’ont été déposés en mairie depuis qu’il avait été engagé. Il confie l’étude à monsieur SAUVANET, ingénieur, assisté de monsieur PHILIPPE.

Le 14 septembre 1963, les travaux d’adduction d’eau potable de la première tranche sont inscrits au programme 1963 du District de Paris. Le financement est le suivant :


Dépenses


700 000,00 francs (a)

Recettes

Subvention

420 000,00 francs


Emprunt

280 000,00 francs


(a) On a changé de monnaie en 1960. Ce sont des nouveaux francs (NF). 1 NF vaut 100 francs anciens.

Une délibération du 21 mai 1966 mentionne : « Le château d’eau est presque terminé ». Les travaux ont traîné car deux entreprises ont fait faillite. La Direction des Beaux-Arts et le Service des Sites ont obligé le syndicat à déplacer le château d’eau dans le bois des Loges sur le chemin de Haute-Souris et à ramener sa hauteur à 10,50m. Le réservoir de 250m3 est soutenu par une tour de 6m de haut.

Le Syndicat des Eaux qui existait depuis 1959 sur le plan administratif, deviendra propriétaire de toutes les installations dès le 1er janvier 1967. La distribution de l’eau potable pour tout le réseau débutera le 1er janvier 1968.

Le comité syndical vote le règlement des eaux le 12 avril 1969. La commune échange le terrain et l’ancien réservoir contre le terrain du nouveau château d’eau. Cette transaction a lieu avec monsieur ROGER de VILLERS Thibault. Ensuite, la commune vend le terrain au Syndicat des Eaux pour le franc symbolique.


Les sapeurs-pompiers :


Nous avons signalé la dissolution du corps de sapeurs-pompiers en 1954. Nous voulons évoquer les activités de cette section durant la première moitié du XXe siècle.

Nous avons trouvé un inventaire du 27 mars 1920, un état des présences pour l’année 1921, un état des sapeurs non daté, des factures…L’une de ces factures concernait le banquet de la Ste Barbe de décembre1935 chez madame veuve TROGNON, épicière à Villeneuve. L’apéritif avait été pris « chez SIMONNE », épicerie-mercerie-café à Villers. Le 10 décembre 1933, l’apéritif avait aussi été pris « chez SIMONNE »

Sur des morceaux de papiers mal découpés, paraissent les bilans financiers de 1936 à 1939.


Comment vivait cette section ? Lors de sa création, le 17 février 1839, la commune avait voté un crédit de 900 francs dont 300 francs d’aide du département. Chaque année, il est fait appel aux cotisations des membres honoraires : 74 membres honoraires rapportent 582,50 francs en 1920. Il y a aussi des dons, des rentes (bons, obligations) et la subvention communale. On notait ainsi dans les comptes de 1929 :


M. DELOFFRE

50 francs

M. le comte de Villers

100 francs

M. RIVOIRE

20 francs

Famille DUBOST

20 francs

Subvention communale

600 francs

Reliquat des bons de la Défense Nationale

et du Crédit National

588,60 francs

Total

1 378,60 francs


Cette compagnie organisait son banquet annuel de la Ste Barbe, « tirait les rois », participait à des concours (4), mais était présente aussi pour les fêtes patriotiques (armistice du 11 novembre, remise de décorations) (5) et lors des fêtes profanes comme pour le bal du 11 novembre 1938 par exemple.


C’est sur le modèle militaire que fonctionnait cette compagnie. En 1921, on comptait un effectif de 12 sapeurs-pompiers dont 1 sergent, 1 caporal-fourrier, 1 caporal, 1 clairon, 1 tambour. D’ailleurs, le 14 juillet 1882, le maire, Alexandre BINAY , rédigeait, en présence des conseillers, le procès verbal d’installation du sous-lieutenant Alphonse Désiré LANGLOIS nommé par décret du 26 juin 1882.



















La section disparaît « faute de combattants ». Lors de la réunion du 11 juillet 1953, le maire cite le préfet : « Il est inutile de payer une assurance pour un corps de sapeurs-pompiers inexistant en fait ».

On retrouve dans le registre à la date du 17 juillet 1954 : « Le corps de sapeurs-pompiers étant dissous ». C’était la fin de la section. D’ailleurs, la pompe à incendie sera vendue à un ferrailleur en 1958 avec le corbillard et divers objets inutilisés et encombrants.


Autres décisions :


La croix du calvaire du cimetière, rongée par la rouille, menaçant de tomber, le conseil décide, le 6 mars 1971, de la remplacer. C’est Claude PIGEARD, le forgeron de Wy dit Joli Village, qui forge la nouvelle croix. Le devis, s’élevant à 580 francs, pose non comprise, est approuvé le 8 mai 1971.

9 mai 1973 : monsieur DREUX Marcel présente un projet pour le goudronnage de la cour de la Mairie-Ecole qui, jusqu’à ce jour, est un terrain glaiseux et caillouteux. Le devis des T.P .E. s’élève à 30 233,06 francs. On espère recevoir une subvention du Fonds scolaire (85% du montant des travaux).

Du 24 décembre 1974 au 6 novembre 1976, des démarches interminables conduisent à l’aliénation, puis à la vente du lavoir dit de « La Grenouillère », en fait de L’Aulnaie. Une clause devait assurer la sauvegarde et la remise en état de cet édifice mais, lors des ventes successives du terrain, la condition qui devait être mentionnée lors de l’établissement des actes notariés, a disparu. C’est bien dommage !

Le conseil fait installer, le 14 juin 1980, une cabine téléphonique sur la place du bourg.


Les grands travaux :


Nous abordons le chapitre des grands travaux. Ils ne pourront pas être envisagés avant 1980 ; Nous verrons pour quelles raisons.

Aussitôt après la guerre de 1939-1945, il a fallu reconstruire le village qui avait beaucoup souffert des combats et des bombardements d’août 1944. Par la suite, la municipalité entreprit des travaux mais, hésitant à faire augmenter les impôts locaux et n’étant subventionnée que jusqu’à 50 000 francs, les projets n’étaient réalisés que par tranches.

A partir de 1980, une politique nouvelle est choisie. La réforme des bases des impôts, les subventions de la Région Ile de France et des Bâtiment de France, la mise en place de contrats régionaux, puis plus tard de contrats ruraux, vont permettre de réaliser des programmes plus importants. Cela va être aussi la période où les communes, ayant, depuis plusieurs années, hésité entre la fusion, l’association pour certains travaux en commun ou l’association pour une action spécifique, décident d’opter pour les syndicats intercommunaux. Villers l’avait déjà fait en 1959 pour l’eau.

Le 14 juin 1980, c’est la réfection de la totalité de la toiture de la mairie qui est décidée. L’entreprise CHERON de Magny en Vexin présente son devis : 74 577,18 francs. Le conseil réalise un emprunt de 50 000 francs.

De 1987 à 1988, on aménage le nouveau cimetière, route de Vétheuil. C’est l’aboutissement d’un « long marathon » : début du projet le 12 février 1972, arrêté préfectoral d’utilité publique de juillet 1976, achat du terrain le 20 octobre 1976, numérotage des places sur le plan décidé le 28 mars 1988.

L’aménagement et la création d’un parc de stationnement pour les autos sont programmés dans le cadre d’un «  contrat régional du Vexin occidental ». Le devis s’élève à 218 500 francs. Le conseil approuve le dossier le 23 janvier 1982.

En 1984, on envisage de moderniser et de renforcer l’éclairage public existant et de l’étendre aux hameaux. La réalisation se fera sur plusieurs années après l’adhésion au Syndicat d’électricité.


Les syndicats intercommunaux :


Comme nous vous l’avons laissé entendre, la commune va adhérer à divers syndicats intercommunaux pour des actions spécifiques. Nous citerons plus loin ceux qui intéresseront l’école.

Le13 avril 1983, sous l’impulsion du maire, monsieur Jacques HARANGER, la commune adhère au Syndicat intercommunal d’électricité (cantons de Marines, de Magny en Vexin et de Vigny).

Le 10 juin 1986, la commune adhère au Syndicat intercommunal pour l’amélioration des transports dans le Vexin. La mise en route du service n’aura lieu qu’en 1989.

Un syndicat intercommunal de la Vallée du Roi (arrêté préfectoral du 11 février 1986) est créé. Il va permettre d’assurer la remise en état des rus et des ravines et leur entretien sur les communes de Vienne en Arthies, Vétheuil, Saint Cyr en Arthies, Chérence et Villers en Arthies. Le déboisement, l’arrachage des haies, le défrichement des terres, le désherbage chimique, l’augmentation du nombre des constructions, entraînent un ravinement intensif des terres arables qui « affecte les communes situées en aval » (Vétheuil et Vienne en Arthies). Cela provoque des inondations répétées mais aussi des coulées de boue et, parfois, la détérioration du réseau routier comme à Chaudry en 1988-1989.

Il faut ajouter les syndicats qui fonctionnaient déjà depuis plus longtemps : le syndicat pour la gestion des carrières du personnel de l’Ile de France (siège à Versailles) et celui du ramassage des ordures ménagères (S.I.R.O.M. à l’origine dont le siège est à Vigny).

Nous signalerons encore l’Union des Maires du Val d’Oise (siège à Pontoise) et l’Union des maires et adjoints du canton de Magny en Vexin dont le président est monsieur Germain BOUTILLIER, maire de Vienne en Arthies.


III – LE CHATEAU – LES CHATELAINS -


La façade et les toitures du château sont classées à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 20 juin1945

L’avenue bordée de tilleuls plusieurs fois « centenaires » comme l’affirme R.D.V. dans son article de décembre 1933, allait de la grille du château à la route qui passe devant la mairie. En 1939, on a abattu les arbres, entre la route des Mares et celle de la mairie, pour faire du bois de chauffage selon les Anciens. Le bûcheron qui effectua ce travail se nommait BAU.

Cette avenue nous a posé problème car, dans plusieurs délibérations du conseil municipal, on cite « l’allée d’ormes qui conduit à la grille du château ». C’est ainsi le cas, le 21 août 1864, pour des travaux sur le chemin des Mares à cause de deux bornes qui gênaient la circulation. Monsieur ROGER de VILLERS Thibault précise qu’il n’y a pas contradiction puisque la partie haute était bordée de tilleuls (c’est encore le cas aujourd’hui) alors que la partie basse l’était par des ormes.

Le parc de 28 hectares a été inscrit au titre de «  site du Vexin français » en 1972 (6).

Nous nous étions arrêté à Georges Alexandre Marie ROGER de VILLERS. Il décède en 1902, le 13 mai, à Meslin, commune de Lagny le Sec (Oise).

Son fils, Paul ROGER de VILLERS (1876-1951), issu de son second mariage avec mademoiselle PREVOST de LONGPERIER, lui succède.

C’est Thibault ROGER de VILLERS, son fils né le 4 décembre 1913, marié à Sylvie LEHIDEUX, qui est le propriétaire actuel. Il a 5 enfants : Claire, Hortense, Paul, Alexandre et Béatrice.


IV – L’EGLISE – LA VIE PAROISSIALE -


Avant la guerre de 1939-1945


En 1906, en vertu de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, on procède à l’inventaire des biens de « la Fabrique » paroissiale suivant l’article 3 de la loi du 9 décembre 1905.Le percepteur, en présence de témoins dont le maire, effectue cet inventaire le 10 mars 1906 à 10 heures. On y trouve 80 articles dont le n° 33 ainsi rédigé : « Monsieur le curé a refusé d’ouvrir le tabernacle et a déclaré qu’il ne renfermait que le Saint Sacrement ». On n’a pas pu estimer la valeur du ciboire. Sept articles mentionnent comme appartenant à la commune : « une grille en fer forgé fermant le chœur avec deux portes, une petite grille fermant le chœur sur le côté gauche, une chaire à prêcher en chêne, des fonds baptismaux avec une grille en fonte les entourant, la cloche du clocher de 0,50m de diamètre à la base, l’horloge du clocher ».


L. Guibert signale l’existence d’une chapelle à Chaudray qui est, peut-être, déclare monsieur Dubar, celle qu’a fait bâtir le curé GALLAHER qui parle de Chaudry. (7)

En 1924, à la mort du doyen de Magny en Vexin, l’abbé GUIBOURGE, curé de Villers, lance son bulletin paroissial « Les échos de l’Arthies » qui concerne Villers, Chérence, Maudétour et Arthies (n° 1 de janvier 1924).

Le 1er novembre 1931, le conseil examine le devis pour la réfection de la couverture du clocher de l’église. Ce devis de 5 994,82 francs est ramené à 5 900 francs par l’architecte, monsieur RIVOIRE. Le financement sera le suivant :


Participation communale

2 000 francs

Participation de la paroisse

1 500 francs

Il manque

2 400 francs

La commune sollicite un secours auprès de préfet.

Le 11 novembre 1931, le maire annonce que le département a accordé un secours de 1 000 francs. Il faut voter les 1 400 francs restants pour équilibrer le financement au budget 1932.


La vie paroissiale était active. Il existait des groupements catholiques :

- La confrérie des Enfants de Marie.

- Un Cercle de jeunes gens qui organisaient des séances théâtrales.

- La Ligue patriotique composée de dames.

Les réunions et les séances récréatives avaient lieu dans la salle paroissiale.

(D’après le B.P. n°43 de juillet 1927)

La salle paroissiale et le presbytère appartiennent à la famille ROGER de VILLERS.

Outre les séances récréatives, on passait des films grâce au cinéma ambulant.


Dans la délibération du conseil municipal du 23 juin 1945, on lit : « L’église est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques par un arrêté du 13 novembre 1939 ».



- Après la seconde guerre mondiale de 1939-1945 -


* De 1939 à 1953 *


L’église, comme de nombreuses maisons, a beaucoup souffert des bombardements qui semblent bien être partis de grosses pièces d’artillerie, postées sur les coteaux de la rive gauche de la Seine, au moment de l’offensive de l’armée américaine. A cette époque, l’armée allemande du maréchal ROMMEL occupait la région : l’état major était dans les châteaux de La Roche-Guyon et de Villarceaux. Le château de Villers n’abritait guère qu’une ambulance et des soldats des transmissions (Revoir le témoignage de madame ROGER de VILLERS Gabrielle de 1944 p.3).

Les dégâts subis par l’église furent considérables : la toiture envolée, les voûtes effondrées, les murs de la sacristie écroulés de même que les murs du chœur qui étaient de matériaux plus légers que ceux de l’église proprement dite. Les bombardements durèrent du 22 août au 2 septembre 1944.

Le 29 juin 1946, la commune charge monsieur UTUDJIAN, architecte, de la reconstruction de l’église.

De 1944 à 1958, monsieur Dubar se souvient des offices célébrés dans une pièce de la « colonie des sœurs », mise à la disposition du curé, l’abbé VAN TIENEN,


Le 27 juin 1949, après bien des démarches et des relances auprès du ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (M.R.U.), le conseil arrête le jour de l’adjudication des travaux au dimanche 24 juillet à 10 heures. Le devis s’élève à 3 413 108 francs (Il s’agit des francs d’avant 1960). L’entreprise LANCTUIT, 12 rue du Point du Jour à Vernon (Eure), est retenue.

Le 6 décembre 1952, le maire présente le bilan provisoire des travaux :


Dépenses

Montants

Recettes

Montants

Travaux réalisés

13 076 819

Subvention pour l’église

20 492 597

Honoraires

architecte

1 012 630

Subvention pour les vitraux

518 000

Totaux

14 089 449


21 010 597


C’est l’arrêt des travaux. La nef et le bas-côté sont revoûtés mais le chœur est toujours en ruines.


*De 1958 à 1964*


1958 : monsieur Dubar fait appel à ses souvenirs auxquels je m’associe puisque je suis arrivé à mon poste d’instituteur-secrétaire de mairie en septembre 1957 et que j’avais exercé durant 3 ans à Chérence qui faisait partie du groupement de paroisses.

L’église est toujours dans le même état : la nef est encombrée de gravats et de pierres ; le sol est défoncé.

A l’initiative du maire, Marcel DREUX, de plusieurs conseillers municipaux, avec l’accord du curé, l’abbé D’ORANGE, on envisage la reprise des cérémonies dans l’église débarrassée de ces pierres et fermée provisoirement au niveau du chœur, par une bâche qui limite l’intensité des courants d’air. Grâce au dévouement de toutes les bonnes volontés du village et même de villages voisins, la nef est nettoyée et un éclairage provisoire permet de célébrer une veillée (Noël ou Pâques, la mémoire nous fait défaut) avec une troupe de scouts.

Le 22 novembre 1958, le conseil approuve le devis des travaux de reconstruction de l’église : reprise en ciment des joints, échafaudage, maçonnerie du chœur, réparation des piliers, transport des gravats…Le devis monte à 308 000 francs (Avant 1960, ce sont encore des francs anciens). L’entrepreneur sera monsieur Georges BINAY de Villers. Les crédits seront prélevés sur le reliquat des subventions pour les « dommages de guerre ».

A partir du 20 août 1960, le conseil fait réaliser, par tranches, la pose de gouttières. Le sol est restauré et surélevé pour éviter la marche du grand portail. Les pierres de taille anciennes reconstituent l’allée centrale de la nef.

Monsieur Joseph VIGNOLA, artisan maçon à Villers, pose ensuite un autel très simplement sculpté, évoquant la table de la Cène et provenant de l’église de Gisors.

Monsieur Georges RALLET, menuisier à Villers, aménage des placards dans la sacristie et réalise une grande croix en chêne massif qui domine l’autel.

Monsieur Pierre CAFFART, peintre à Villers, assure toutes les peintures et les vernissages.

Le 11 février 1961, le conseil décide de terminer la réparation des voûtes et de l’abside, dans le style de l’église, mais en bois. C’est l’entreprise CRINQUETTE de Mantes qui effectuera ce travail avec goût. La dépense s’élèvera à 37 065 francs (des francs nouveaux). Le financement se fit ainsi :

Une souscription d’ordre privé (montant non connu) et un emprunt communal de 18 000 francs.

Il aura fallu 14 ans pour arriver à l’achèvement des travaux de reconstruction, sans parler des frais supplémentaires.


Ce sont ensuite des améliorations.

1962 : Pose d’un chemin de croix et, le 1er avril 1962, bénédiction de l’église par monseigneur A. RENARD, évêque de Versailles.

1er février 1963, suite à la réunion du 15 décembre 1962, le conseil décide l’électrification de l’église, de la cloche et de l’horloge. Un crédit de 10 000 francs est ouvert.

1964, le curé, l’abbé D’ORANGE, fait installer des rampes de chauffage au gaz.


*De 1980 à 1984*


De 1980 à 1984, dans le cadre d’un «Contrat régional du Vexin occidental », la municipalité entreprend de grosses réparations sur le clocher de l’église (couverture, maçonnerie, horloge). Après bien des réunions et des démarches administratives, le devis est arrêté à 547 000 francs (programme du Contrat régional approuvé le 23 janvier 1982). Le marché avec les entreprises est négocié à 460 651 francs. La dépense finale sera de 479 677 francs, sans compter un rappel tardif en 1992. Le plan de financement était le suivant :


Subvention (Région Ile de France)

159 606 francs

Id. (Département)

65 694

Id. (Etat : Bâtiments de France)

42 065

Emprunt communal du 5 novembre 1983

81 000

Fonds communaux

131 312

Total

479 677 francs

 

En réalité, la commune ne prélèvera que 81 377 francs sur ses fonds propres (sans compter le rappel de 1992) car les Bâtiments de France verseront une subvention de 92 000 francs au lieu de 42 065 prévus initialement.


Dans sa séance du 21 décembre 1984, le maire annonce au conseil municipal : « Les travaux sont pratiquement terminés ».


VI – LA « MAISON des SŒURS » - L’ORPHELINAT -


Entre 1911 et 1936, l’effectif des orphelines ne cesse pas de décroître : 68 en 1911, 37 en 1921, 26 en 1931, 0 en 1956. (D’après les états des recensements)

Les religieuses organisent alors des colonies de vacances jusqu’en 1962.

Ainsi les bâtiments auront servi :

- D’école de filles (1847-1904). Le maire déclare le 20 novembre 1904 : « L’école des filles des sœurs a été fermée dans le courant de l’année ».

- D’orphelinat (1847-1936). On a même utilisé le terme « d’asile ». (D’après le B.P. n°30 de juin 1926)

- De colonie de vacances (1936-1962). D’ailleurs, à mon arrivée à Villers, on désignait ces bâtiments par la « colonie Ste Marie ».

Jusqu’en 1970, ils ne sont plus fréquentés ou le sont très épisodiquement, ce qui nous amène à la vente de la propriété des sœurs.

Monsieur et madame DEMAINE Bernard, propriétaires actuels, nous ont aimablement communiqué les données figurant sur leurs titres de propriété. C’est ainsi que nous pouvons relater la fin de cette « Maison des sœurs ». Ils ont réussi à conserver l’intégralité de la propriété.


Il est nécessaire de décrire cet ensemble. Un plan, établi en décembre 1974, par monsieur Claude MARIE, géomètre à Magny en Vexin, permettra de mieux comprendre les diverses démarches qui vont suivre. La donation originelle (en deux temps : 1846 et 1851) comprenait 2 grands bâtiments de part et d’autre de la cour (n° A 1867) à l’exception de la partie droite donnant sur la grande rue (A 1866). Les sœurs achetèrent par la suite la parcelle A 1868 (maison, jardin et dépendances), le verger (A 576) et la cour (A 1865). Notons qu’à l’origine, la parcelle A 1868 était nue.

La donation était conditionnelle : « Etablir et maintenir à perpétuité trois sœurs pour diriger une école de filles et soigner les malades » Les héritiers de la famille de LAUGIER de BEAURECUEIL tentent de récupérer les biens de la donation. Un jugement du 18 octobre 1973 de la 1ère Chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris leur donne satisfaction.

Plusieurs acquéreurs se présentent pour acheter la propriété, mais la Congrégation des sœurs est propriétaire des autres parcelles. C’est alors que monsieur et madame Bernard DEMAINE proposent d’acheter la propriété des De LAUGIER de BEAURECUEIL, mais à condition de pouvoir acheter aussi les biens des sœurs.

La vente aura lieu en deux temps :

Les consorts Raoul de LAUGIER de BEAURECUEIL, agissant comme mandataire, Serge de LAUGIER de BEAURECUEIL et Antonia Pierrette Marie Josèphe (religieuse) vendent à M. et Mme DEMAINE le 18 juillet 1975 (acte passé devant Maître Mateu, notaire à Magny en Vexin).

Pour des raisons de prêt bancaire, il y aura deux actes pour la vente par la Compagnie de sœurs Saint Vincent de Paul dont le siège est à Paris 7e, 140 rue du Bac.

1ère/ Le octobre 1976, devant Maître Mateu, madame Anne Marie Raymonde PELOU, religieuse, mandataire de madame Lucienne Marie Henriette ROGE, religieuse, supérieure de la Congrégation, vend la maison (A 1866) et la cour et friches (A 1865) à M. et Mme DEMAINE.

2e/ Le même jour, les mêmes participants signent l’acte de vente de la maison, terres et verger (A 1868 et A 576).


Ainsi s’achève l’histoire de la « Maison des sœurs », mais grâce à M. et Mme DEMAINE Bernard, l’ensemble de la propriété a été sauvegardé.



 











VII – QUAND ON PARLAIT DECHEMIN DE FER ! -


Oui, il a bien été question, le 27 juillet 1902, d’un projet de « tramway » (largeur des voies : 1,44m) : Magny-Vétheuil-Mantes. Le conseil municipal donne son accord avec une condition : « ce tramway passerait par Genainville et Villers en Arthies ». Il vote son annuité de 697 francs pour 50 ans. Il maintient sa décision le 7 décembre 1902.

Le 29 janvier 1903, nouvelle réunion du conseil. Cette fois, le projet mentionne : «  chemin de fer d’intérêt local : Magny-Genainville-Villers-Mantes ».

Le 20 décembre 1903, l’avis favorable est renouvelé. Le conseil vote l’annuité de 530 francs durant 50 ans. Une nouvelle réunion a lieu le 14 juillet 1906 et confirme la décision du 20 décembre 1903.

Les plans et le rapport soumis au conseil sont repoussés le 18 novembre car la ligne passait par Villeneuve. On émet le vœu  qu’un « nouveau tracé soit étudié par la vallée de Chaudrais et de Chaudry ». La décision est confirmée le 31 mai 1908.

Le conseil inscrit une somme de 808 francs à prévoir durant 50 ans lors de sa séance du 29 décembre 1910.

Le 15 octobre 1911, il approuve le « plan général, le mémoire descriptif et le registre d’enquête ».

Et puis ! Plus rien !


Dans une étude sur Mantes et Mantes la Ville (8), nous avons lu qu’un projet avait déjà été envisagé dès 1899. Bien sûr, la ligne ne passait pas à Villers, mais non loin de là, à Drocourt. Voici un extrait de la page 301 (Nous sommes en 1899):

 Le chemin de fer à voie étroite de Magny à Villeneuve Saint Georges serait une ligne de tramway à vapeur suivant les routes et principalement les accotements latéraux. Elle passerait sur les ponts existants. Pour la partie qui intéresse les habitants de Mantes en particulier, elle représente 29,173 km en partant de Magny pour aboutir à la gare de Mantes ; un embranchement partant de Drocourt relierait Meulan ; 22 communes de l’arrondissement se trouveraient ainsi reliées à Mantes.

« Notre ville serait l’une des mieux desservies de France : elle deviendrait l’une des résidences les plus agréables et les plus enviées et, par sa prospérité, ne pourra que s’accroître. La perspective d’un tel avenir vaut bien, pour le présent, quelques sacrifices ».

Le conseil municipal de Mantes vote :

- Pour le tronçon Magny-Mantes une subvention de 2 500 francs pendant 10 ans.

- Pour le tronçon Mantes-Houdan une somme identique durant 10 ans.

Mais au mois de mai 1903, le conseil général refuse le projet car le financement des communes est trop faible.


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Villare Villerium Villers en Arthies

Au XXe siècle




- CONCLUSION -


Pour conclure, nous signalerons les dernières réalisations.


Dans le cadre d’un « contrat rural » (*), lors de sa délibération du 20 juin 1988, le conseil municipal décide de modifier la distribution des salles de la mairie : salle de réunion, bureau du secrétariat, chaufferie et local pour le matériel d’entretien des bâtiments…Il a aussi la possibilité de créer un parc pour autos, un ensemble paysager, sur la gauche de la mairie et de l’école, et un terrain de loisir (table de ping-pong, terrain pour les joueurs de boules, un ensemble de jeux pour les jeunes enfants). Le département accordera une subvention égale à 35% de la dépense hors taxes. L’inauguration aura lieu le 11 novembre 1990. Quant au parking, il n’a été achevé qu’à la fin du 1er trimestre 1991.


(*) Un contrat rural est un engagement conclus entre la Région et le département avec une commune. Il est réservé aux communes de moins de 2 000 habitants. Ce contrat est plafonné à 2 000 000 francs.

Il existe aussi le contrat départemental (35%% de subvention pour une dépense plafonnée à 6 000 000 francs pour, les communes de moins de 2 000 habitants. Il peut concerner l’éclairage public, la restauration des monuments, les espaces verts, les cimetières…


Autre amélioration le regroupement scolaire, concernant les communes de St Cyr, Vienne et Villers, décidé par délibération du conseil municipal du 22 janvier 1990. Les statuts du Syndicat scolaire intercommunal et la création d’une cantine et d’une garderie sont adoptés le 9 avril 1990.La cantine fut juste achevée pour la rentrée scolaire du 10 septembre 1990. Cette cantine occupe l’emplacement des remises, du bûcher et des anciens « cabinets ».


Enfin la toute dernière née, l’aire de sport (basket, volley…) programmée lors de la délibération du conseil municipal du 3 février 1992. Elle fut achevée dans le courant du 4e trimestre 1992.


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Villare Villerium Villers en Arthies

Au XXe siècle



NOTES et REFERENCES


(1) Rochefort Jean – Villers en Arthies durant la guerre de 1914-1918

Etude dactylographiée – 1992 –


(2) Madame Roger de Villers Gabrielle, née Gerbaud ;

Mémoires de guerre (1939-1945) : année 1944 –

Manuscrit intitulé « A ma Friquette chérie » (Friquette était le surnom de sa fille Marie qui épousa monsieur John Mignot.


(3) Œuvre collective – Mantes et Mantes la Ville de 1789 à nos jours -

2e partie – 1889-1939 – G.R.E.M. – 1990 –


(4) Lors des concours, la coutume voulait qu’on remette aux gagnants des médailles ou des palmes. Ainsi, la mairie possède quelques-unes de ces récompenses : des palmes gagnées à Vétheuil (1896), à St Cyr en Arthies (18.09.1887), à Aincourt (31 mai 1914) et une médaille à Sartrouville (24 juin 1883).


(5) Une remise de décoration a lieu le 1er octobre 1922. Devant le monument aux mort, le maire remet la médaille de 25 années de service au sergent Merrant, sapeur-pompier,  la médaille militaire à Marcel Monnet, tué à Tahure, attribuée à son père, la médaille des familles nombreuses à madame Caron. 

(D’après le B.C. du doyen de Magny n° 7 du 1er novembre 1922)


(6) Agence des espaces verts de la Région Ile de France

Les jardin du département du Val d’Oise (2) p.82 et 83

I.A.U.R.I.F. – juillet 1990


(7) L. Guibert – Le canton de Magny en Vexin – 1910 –


(8) Voir référence (3) p.301


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