Villare Villerium Villers en Arthies

Appendice

Des origines à nos jours



- SOMMAIRE -


Etude démographique p.2


Les noms de famille p.4


Les seigneurs et les châtelains de Villers en Arthies p.6


Les maires p.7


Les prêtres, curés de Villers p.8


Les instituteurs p.11


La vie agricole en 1962 p.12


Biographies succinctes p.16St Léger – St Martin – St Vincent de Paul – St Benoît – La famille Aulard – Ernest Renan – Louis Vigée


Les confréries p.18


Christophe OZANNE, guérisseur de Chaudray (1633-1713) p.19


Lieudits – Chemins – Cadastre p.26


Références et notes p.32


Biographie générale et sources p.33



Villare Villerium Villers en Arthies

Appendice

Des origines à nos jours


Voici le terme de ce voyage dans le temps. Nous avons tenté d’évoquer les moments forts de l’histoire de Villers en Arthies, de faire vivre nos ancêtres au quotidien, de signaler des « édifices » disparus ou affectés à d’autres usages.

Dans cet appendice, nous allons glisser diverses études, des tableaux récapitulatifs, quelques courtes biographies. Nous terminerons avec un personnage de la fin du XVIIe siècle, le guérisseur Christophe OZANNE et une étude sur les lieudits.


I – ETUDE DEMOGRAPHIQUE (J. Rochefort) -


1664

1709

1716

1726

1750

1760

1772

1789

1790

160 feux

151

123

121

132

135

126

135

480 habitants




(a) On compte 367 gabellans en 1726.



381 gabellans en 1772.


(*)

AN IV

1801

1806

1817

1821

1882

496 habitants

498

505

525

529

553






(b)

1911

1921

323 habitants

280


(c)

1934

1941

1951

1962

1968

299 habitants

266

270

237

233





(d)

1975

1982

1990

253

304

352



(e)


La lecture du tableau, établi grâce à madame F. Waro (1), à monsieur A. potiquet (2), aux archives municipales et à quelques notes de lectures (références non prises malheureusement : c’est le cas pour 1664, mais Mme Waro cite 177 feux en 1665. Même cas pour la période 1882-1941. A mon arrivée à Villers, les états scolaires indiquaient 270 habitants en 1956) permet quelques remarques.

(*) 1790 : C’est le premier recensement. Avant, il s’agissait de dénombrements.

(a) Quand on peut trouver le chiffre des gabellans, on est plus près du nombre réel d’habitants.

(b) L’évolution de la courbe de la population va à contre sens de celle de la courbe nationale. Les « bains de sang » de la Révolution et les guerres napoléoniennes avaient décimé une importante partie de la population. Je laisse à un spécialiste le soin d’expliquer ce phénomène.

(c) La baisse de la population correspond en partie à l’hécatombe de la guerre de 1914-1918.

(d) Avant la guerre de 1939-1945, débute la désertion des campagnes. La population atteint son niveau le plus bas en 1968. L’école mixte à tous les cours (De la grande section de la maternelle au CM2) compte alors 13 élèves et est menacée de fermeture. Le maire, monsieur DREUX, et l’inspecteur primaire, comme on disait à l’époque, monsieur DURU, maintiennent cette école malgré tout. Et c’est heureux ! On ferme plus facilement une classe qu’on ne l’ouvre.

Lors du recensement de 1962, sur 159 « immeubles » recensés, on compte 92 résidences principales, 75 résidences secondaires et 18 logements vacants.

(e) le mouvement inverse s’amorce alors : c’est le retour en milieu rural, mouvement qui s’accentue dès l’année 1980.


Alfred Potiquet déclarait, dans son étude de 1883, que chaque feu correspondait dans l’élection de Chaumont et de Magny à 3, 0273 personnes alors que l’abbé Expilly estimait, en 1762, que chaque feu devait être compté pour 5 personnes. Pour 1726, 121 feux correspondraient à 366 personnes (On trouve 367 gabellans à cette date). En 1772, 126 feux donneraient 385 personnes (On trouve 381 gabellans).

Ce même Potiquet relevait, dans un pouillé du diocèse de Rouen, 55 feux pour Villers en Arthies (Villare in Artheia) vers 1240. Il a aussi relevé la période où la population a atteint une crête dans le tableau qui suit :


1841

609 habitants

1846

605

1851

592

1856

531

1872

540

1876

521


Il m’a semblé utile d’étudier aussi l’évolution des naissances et des décès. Les registres de catholicité ne commençant qu’en 1618 à Villers, l’étude portera sur les XVIIe, XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Les naissances ayant lieu maintenant à l’extérieur de la commune (les femmes enceintes accouchent, et c’est heureux, dans des cliniques), je serai obligé de me référer aux déclarations des communes où ont lieu les naissances (Certaines communes omettent de transmettre l’avis de naissance). Je ne porterai pas les moyennes par année, ce serait fastidieux pour le lecteur.


Période de … à …

Moyennes annuelles


1618-1700

1701-1802

1703-1902

1903-1962

Naissances

20

17

11

3

Décès

29

17

13

6


Durant les périodes 1668-1671, 1674-1681 et 1701-1710, on note une moyenne annuelle des naissances de 25. Durant ces mêmes périodes, la moyenne annuelle des décès est de 32. On meurt plus et, surtout, on meurt jeune, même très jeune.

Même en doublant les chiffres de la dernière période, on constate :

- La chute des naissances.

- La diminution des décès (on vit plus longtemps surtout s’il n’y a pas de guerres, de famines ou d’épidémies, en particulier).

- La réduction de l’écart entre les naissances et les décès (Les progrès de la médecine et de l’hygiène n’y sont pas pour rien).

Toutefois, les moyennes sont faussées pour la période 1903-1962 car il y a eu des époques où la population de Villers comptait beaucoup de personnes âgées. Ainsi, il y eut 9 décès durant l’année 1953.


Années

Décès (*)

1953

1958

1963

1971

9

6

8

8

(*) D’après les registres de l’Etat civil.


II – LES NOMS de FAMILLE (Jean Dubar – Jean Rochefort) -


En parcourant les registres paroissiaux et ceux de l’Etat civil, des noms de famille revenaient à chaque page et, même, plusieurs fois. C’était Biné, Delahaye, Doullé, Ozanne, Lemasson, Trognon, Guillaumet, Guerbois, Hardy, Hardelay, Lallemand … De là à tenter de chercher les noms de famille qui ont vécu à Villers au début de ce XXe siècle.


1618

DELAHAYE – TROGNON

1621

OZANNE – BINAY (orthographes variées : Biné, Binet…)

1622

LANGLOIS

1629

SAVARY – PREVOST (a)

1633

VALOT (b)

1636

BAILLY

1659

HARANGER

1665

SEHEUT


A ma nomination à Villers en 1957, une personne a u moins portait l’un de ces noms, à l’exception de VALOT et de SAVARY.

(a) Au cadastre, il existe une sente du « Clos Savary » entre la route des Mares et le chemin des Cavières. Elle rencontre la rue du Puits.

(b) L’ancien dépôt d’ordures, fermé et interdit depuis 1985-1986, était appelé le « Trou à Valot ».

Monsieur Dubar a recherché des noms au XVIIIe siècle. Nous avons choisi de citer les moins courants : Garon, Raffy, Gardelay, Toupène, Brimbeau, Ladoute, Tiphaine, Rouillon, Fallaize, Mathoret. Au passage, il a trouvé un Panthaléon Le Masson.


R.D.V., dans son article du 27 décembre 1933, paru dans le journal « Le Petit Mantais », cite l’usage des sobriquets. « Jadis était distribué des sobriquets collectifs aux habitants des villages ; ceux de Meulan étaient surnommés « Les hiboux », ceux de Drocourt « Les chats », ceux de Sailly « Les souris » … Ainsi, ceux de Villers étaient appelés modestement « Les glorieux ».

Quelle est l’origine de ces sobriquets ? Il était aussi courant d’utiliser des surnoms individuels. Même à mon arrivée à Villers, certaines personnes portaient un surnom : le siffleur, Jojo la morille …


- Sur les traces de la famille Huppé (Jean Rochefort) -

Durant ma carrière de secrétaire de mairie, j’ai eu de nombreuses recherches à effectuer tant dans les registres de l’Etat civil que dans ceux du cadastre ainsi que dans divers autres registres communaux.


Ainsi, ai-je reçu, un jour, une lettre d’un certain Huppé de La Groye Pierre, demeurant 820 rue Fallardeau, Thetford Mines, Province du Québec, Canada. C’était un généalogiste qui établissait « l’arbre de sa famille » et qui demandait mon concours et, comme je l’ai su par la suite, celui de mes collègues voisins (à Vétheuil, à Haute-Isle, à Guiry, à Vauréal …).

Monsieur Huppe, de Guiry, a ainsi découvert qu’il descendait probablement de la même souche que notre Canadien. Cette souche se situait dans la région de Vauréal - Jouy le Moutier, d’après les recherches de mon collègue et camarade d’école normale, André Forget. Ensuite, la famille s’est déplacée selon deux axes : Vauréal - La Roche-Guyon et Vauréal-La Seine.

Pourquoi ces recherches concernent-elles la monographie sur Villers ? Eh bien, j’ai pu suivre cette famille (naissances, mariages décès, profession) de 1618 à 1850 environ.


C’est donc la famille Huppé ou Hupé que nous allons suivre durant deux siècles. Rassurez-vous ce ne sera qu’un rapide survol.

La première naissance trouvée sur le registre date du 27 mai 1638 : il s’agit de Catherine Huppé. Le 18 juin 1709, l’année du terrible hiver mentionné par le curé de l’époque, naissait Nicolas Huppé. La dernière naissance sera celle d’Adèle Eugénie Huppé le 5 novembre 1843.

Le 21 février 1656, Louise Huppé épouse Antoine Delamotte. Le 4 février 1782, Marie Simone Huppé se marie avec Louis Paulin Trognon. Le dernier mariage concerne Marie Alexandrine Huppé et François Moïse Petit. Il a lieu le 8 juillet 1848.

Jean Huppé décède le 20 novembre 1657. On enterre Jeanne Huppé le 20 octobre 1709. Le dernier décès a lieu le 25 mai 1848. C’est celui de Marie Alphonsine Huppé.

Curieusement, je n’ai plus trouvé un seul Huppé ou Hupé après 1848. Il est vrai qu’il pouvait rester des femmes mais le patronyme a disparu. C’était peut-être aussi la poursuite du déplacement le long de la Seine.


Les métiers ne sont mentionnés qu’à partir du XVIIIe siècle, rarement avant. On trouve des manouvriers, de nombreux journaliers. Ce sont ensuite des maçons ou des laboureurs (le terme cultivateur apparaît vers 1818. C’est Jean Pierre Huppé). Il y a aussi des « chartiers ». On rencontre un paveur et un maçon laboureur au XVIIIe siècle. Il y a un maître cordonnier qui exerce à Paris. Un certain Richard Huppé est marchand en 1685. Bien sûr, on relève des nourrices. C’est le cas de Marie Simone Huppé qui épousa Louis Paulin Trognon. Elle vécut de 1756 à 1836.


Terminons en citant quelques prénoms de cette famille en évitant tous les Jean, Louis, Marie, Barbe … : Ce sont Romaine (1637), Scholastique (1807), Zoé (1837), Fleurentine (1734) …


III - LES SEIGNEURS et LES CHATELAINS de VILLERS en ARTHIES -


(D’après les articles parus les 27 décembre 1933 et 3 janvier 1934,

dans le journal « Le Petit Mantais », signés R.D.V. – Un Roger de Villers)


* Les LE TIRANT (1320-1763).


L’étude des archives découvertes dans le château tout récemment et que madame Sylvie ROGER de VILLERS a bien voulu me communiquer, permetde repousser la date de 1377, citée par les auteurs, à 1320. Un Jean LE TIRANT est cité pour un contrat de 1320.

L’orthographe variait : LE TIRAN, LE THYRAN mais, le plus souvent, LE TIRANT


* Pierre Louis René CAHOUET (1763-1778).


* Jean Louis LOISEAU de BERANGER (1778-1782).


* ROGER, baron de Gadancourt, comte de Villers (1782-1806).


Pierre Victor ROGER de Gadancourt, né à Paris en 1735, mort en 1806, acheta Villers en 1782, le 12 septembre. Il eut 3 fils :

Alexandre François ROGER, comte de Villers, décédé en 1842.

Athanase Victor ROGER, baron d’Arquainvilliers.

Pierre Frédéric ROGER, baron de Gadancourt.


* Alexandre François ROGER de VILLERS (1758-1842).


Né à Paris en 1758, mort à Villers en 1842. Il épousa, en premières noces, Catherine VERNAY en 1786 dont il eut un enfant Alexandre Marie qui ne lui succéda pas car il meurt en 1828.

En secondes noces, il se maria avec Hortense de MONGINOT dont les 5 enfants moururent en bas âge et qui devint veuve en 1842.


* Alexandre Marie ROGER de VILLERS (1790-1828).


Fils d’Alexandre François et de Catherine VERNAY, il ne succéda pas à son père car il décéda en 1828. Il épousa Jeanne Adélaïde TITON, née en 1793 pendant la Terreur. Elle lui donna 4 enfants : Thibault, dit Théobald, Louis, Marie et Victor. Victor fit souche en Belgique, Marie décéda à 14 ans d’une pneumonie.

Jeanne Adélaïde se remaria avec le docteur RECAMIER (1774-1852 et eut 2 autres enfants : Etienne et Max.


* Charles Marie Thibault ROGER de VILLERS, dit Théobald (1814-1886).


Ancien magistrat. Il succéda à son grand-père Alexandre François. Il épousa en premières noces Hermine THOMAS des CHESNES, fille du baron des CHESNES, gentilhomme ordinaire de la Maison du Roi. En secondes noces, il se maria avec Mathilde DURAND, fille du baron DURAND et de Marie Charlotte de DAX d’AXAT. Georges Marie naquit du premier mariage. Il fut maire de 1852 à1856.


* Georges Alexandre Marie ROGER de VILLERS (1840-1902).


Il succéda à son père. Il épousa en premières noces Charlotte Elisabeth MEURINE qui décéda en 1871. En secondes noces, en 1874, il se maria avec mademoiselle PREVOST de LONGPERIER, fille d’Adrien PREVOST de LONGPERIER, membre de l’Institut, conservateur des Antiques au musée du Louvre. Il eut 12 enfants.


* Paul Marie Adrien ROGER de VILLERS (1875-1951)


Né à Versailles en 1875, il décéda à Villers en 1951. Il épousa Gabrielle Marcelle Elisabeth GERBAUD née en 1886, décédée en 1976.Il eu 4 enfants : Georges, Jacqueline, Thibault, Marie.


* Thibault Marie Jean ROGER de VILLERS (1913- ).


Né à Villers en 1913, il se maria à Paris 16e, en 1949, avec Sylvie LEHIDEUX. Il a 5 enfants : Claire, Hortense, Paul, Alexandre et Béatrice.


IV - LES MAIRES -


Le terme de « maire » est apparu dans les registres de l’Etat civil de Villers en Arthies en l’An VIII (1799).

Au début de la Révolution, en 1792, quand l’état civil est confié au pouvoir civil, ce sont des « officiers municipaux » qui tiennent ces registres.

Officiers municipaux

De 1792 à 1798

SEHEUT Claude

BERTHEAUME Jean

TROGNON Martin

THOMAS Simon

FOURNIER Pierre


MAIRES


TROGNON Martin

PROVOST Pierre

ROGER de VILLER Alexandre François

TROGNON Georges Millon (Ou Melon)

TRUFFAUT Antoine

FOURNIER Pierre

NOYER Martin

ROGER de VILLERS Thiébault, dit Théoblad

TOUTAIN Armand

LABBE Louis

PEZET Julien

TROGNON Pierre

BINAY Alexandre

PEZET Julien

FOURNIER Alfred

DUPRE Victor

ODOUX Adolphe

MENNECIER Ambroise

WALLE Camille

BOUCHER Alphonse

RIVOIRE Auguste

GENEVEE Henri

ROYER Henri

GUICHARD Robert

TURLAN Germain

DREUX Marcel

LEFEVRE Philippe

ROGER de VILLERS Thibault

HARANGER Jacques

1798-1806

1806-1807

1807-1830

1830-1840

1840-1848

1848-1849

1849-1852

1852-1856

1856-1871

1871-1878

1878

1878-1881

1881-1892

1892-1898

1899-1908

1908-1912

1912-1919

1919-1921

1921-1935 (décès)

1935-1944

1944

1944-1945

1945-1949

1949-1953

1953-1955 ( ?)

1955-1976 (décès)

1976-1983

1983-1985 (démission en octobre)

1985-

                                                      (*) Tableau arrêté en 1993


V – LES PRETRES, CURES de VILLERS -


Les registres paroissiaux (1618-1790) et le bulletin paroissial « Les échos de l’Arthies de l’abbé Guibourgé, permettent d’établir une liste presque continue des prêtres qui ont exercé leur ministère dans la paroisse de Villers en Arthies.


CHATELAIN Robert (Cité en 1470 dans le B.P. n°32 d’août 1926).

CARRE Martin (son successeur, même référence que ci-dessus).

MARIN Philippe (cité en tête du registre paroissial de 1618).

SAMSON François (inhumé à l’âge de 78 ans en 1670 – D’après le registre paroissial).

RAGUET A. lui succède (Il signe les actes du registre paroissial).


DOURDRILLE Jacques (1674-1692).Il célèbre le mariage de Christophe OZANNE, le neveu du guérisseur de Chaudray, et de Barbe LE TELLIER, le 26 novembre 1685. Il décède à Villers le 2 juillet 1692.

DEFRANCE Jean. Il est vicaire à Vétheuil. Il fait fonction de curé du 3 juin 1692 à la fin de 1694. Le curé était LOISEE Jean.

VALLEE Bonaventure en 1696.


POITOU Claude (1697-1727). Il décède le 2 juillet 1727 à l’âge de 77 ans. Le registre paroissial indique : «  le 2 juillet 1727, Claude POITOUT décédé à l’âge de 77 ans est inhumé dans l’église de ce lieu » par le curé d’Arthies, doyen de Magny. Neuf signatures suivent dont celles des curés de Haute-Isle, Aincourt, Vétheuil, Chérence, Genainville.

Le père Joachim d’AMIENS est « Prov. Cap. et desservant de ladite paroisse » en 1727.

LE CELLIER J.F. (1728-1766). Il était assisté d’un vicaire.


GALLAHER Guillaume (1767-1801) Il est d’abord vicaire de 1765 à 1766. Il était irlandais de « nation ». Il décédera à Villers, à l’âge de 66 ans, le 13 Frimaire An X (Décembre 1801). Il avait prêté serment sur la constitution le 16 janvier 1791.


MARION Louis. Il faisait partie du bureau de Bienfaisance en 1808 et en 1814. Il est cité dans une délibération du conseil municipal du 6 avril 1807. Une minute, la 2e, du registre de l’An 1813 pour l’église (baptêmes, mariages, sépultures) est tenue par Louis MARION, curé de la paroisse de Villers.


L’abbé PARMENTIER quitte Villers le 11 août 1905 pour aller à Montlhéry (D’après le T.U. n°11 de septembre-octobre 1935).






GUIBOURGE Louis (mai 1919- ). C’est lui qui publia le bulletin paroissial « Les échos de l’Arthies » en 1924.

DURIN A. (1931-25 août 1935). Il quittera Villers pour Freneuse. (D’après T.U. n°12 de novembre 1935)

LEROUX (1935-17 mai 1936). Il venait de « Mantes sur Seine ».

VAN TIENEN (1936-1957). Il venait de Magny. (D’après T.U. n°19 de juin 1936)


Pour la suite, il sera fait appel à la mémoire collective.

L’abbé D’ORANGE (1957-1967). Il partira pour Champlan (91).

LAVOLE Louis (1967-1979). Il décède à Mantes la Jolie le 5 janvier 1979 et est enterré à Villers en Arthies dans le cimetière ancien en présence de monseigneur ROUSSET, évêque de Pontoise.

DESVERNOIS Philippe (1979-1982). Il est nommé à Boissy-l’Aillerie (95).

PONCE Jean-Claude (1982-septembre 1988). C’est le doyen de Magny. C’est lui qui crée le secteur inter paroissial et qui pose les « premiers jalons ».


MASSON Yves lui succède et tente de perfectionner l’animation de ce secteur et de se faire aider par des équipes de chrétiens. Il poursuit son ministère sur un secteur de 28 paroisses avec une équipe de prêtres très réduite. Bien sûr, il est secondé par le père André BLAISE, arrivé à Villers en 1982, par les sœurs de la communauté de Bray et Lu, par des laïcs qui s’investissent plus dans les diverses activités matérielles ou religieuses. Le père Pierre BOUSSAINGAULT, arrivé dans le secteur en septembre 1992, a dû très vite être hospitalisé pour une grave maladie.


Je ne veux pas oublier des prêtres qui ont aussi animé ce secteur :

Le père BOUMANS Guillaume, d’origine hollandaise, qui résidait à Aincourt et qui est décédé en 1988.

Le père DEBRAY Maurice, jeune prêtre, qui partit en septembre 1988.

Le père Bajor LESZECK, d’origine polonaise, qui partit en septembre 1988.

Le père Baudoin De BEAUVAIS (Septembre 1989-septembre 1992) qui s’occupa beaucoup des jeunes. Il est actuellement à Versailles.

Le père JUPIN, curé de Bray et Lu, prêta son concours bien qu’il ne soit pas du secteur.


VI – LES INSTITUTEURS -


J’ai pu reconstituer à quelques noms près la liste des « maîtres d’école », comme on disait autrefois, depuis 1807.


CALMEAU Joseph, 23 ans en 1807. Il venait de Follainville. Il devait en plus de sa fonction de maître d’école le service de l’église (fonction de clerc).

PARMENTIER Louis est cité à son arrivée le 1er novembre 1814. Il venait de Jammericourt.

LALOUET Chrisostome est cité en 1816 sans préciser sa date d’arrivée.

TOUPISSIER qui démissionne en 1837.

HARNET Etienne qui venait de Choisy le Roi, le remplace.

BRANCOURT (1839-1840).

CRETE Paul (1840-1841). Il venait de Rolleboise. Il faisait aussi fonction de clerc.

BENARD Narcisse (1841-1846). Il arrivait de Dammartin.

DAILLET Claude (1846- ).

PRUNIER est nommé par arrêté du préfet le 27 juin 1855.

LAINE est nommé par arrêté du préfet le 14 juillet 1855.

WATIER Eugène est nommé le 27 février 1858. « La classe des garçons commence le 12 mars 1858 ».

LAFON Emile est nommé le 7 décembre 1866.

DENIS Maxime (18 octobre 1871 à 1873).

GODET Eugène qui venait de La Chapelle, est nommé le 27 mars 1873.

BRETON est cité en 1884. Je n’ai pas trouvé la date de son arrivée.

GERY part en 1895 sans autres renseignements.

Madame BERTHIER le remplace.

Mademoiselle GAILLARD est citée en 1897. Je n’ai pas trouvé d’autres dates.

LAFORGUE (1904- ).

COURTAULT Léon (1907-1925).

Mademoiselle RADIGUE Marie (1925-1927).

Madame veuve DECORVET (1928-1929).

Mademoiselle DAYDOU Hermine (1929- ).

LUNEL (1932-1949).

OZANNE Christian (1949-1957). Il venait de Mantes la Ville. Il partit à Pierrelaye.

ROCHEFORT Jean (1957-1987). Je venais de Chérence. J’ai pris ma retraite à Villers.

Madame DESENCLOS Laurence (1987- ).

(*) Cette liste a été arrêtée en septembre 1993.




VII – LA VIE AGRICOLE en 1962 –


(D’après l’enquête réalisée, à la demande la D.D.A., par J. Rochefort)


En 1962, Villers en Arthies était toujours un village à vocation agricole, malgré les mutations des cultures, la modernisation des procédés, la diminution du nombre des ouvriers agricoles due, en partie, à la mécanisation du matériel.

- Evolution de la surface cultivée -


1823

1855

1913

1944

1947

1949

1951

1954

1962

Années

71

71

55

31

37

46

41

43

43

%

Les surfaces labourables ont diminué, mais l’emploi des engrais, des amendements, la pratique des assolements et des rotations, la sélection des semences, le traitement des plants et des plantes, la mécanisation ont permis d’élever le rendement à l’hectare.


- Principales cultures -


Ce sont le blé, la betterave à sucre, la pomme de terre, l’orge et l’avoine.

On peut y ajouter les cultures industrielles du lin et du colza, mais en petites quantités.

Les arbres fruitiers (Les pommiers pour le cidre et la « goutte ») sont encore une ressource pour de nombreux propriétaires. Les cerisiers, dits de Villers, qui faisaient l’orgueil et la renommée du village, sont envoie de disparition. En outre, l’écoulement des cerises est de plus en plus difficile.


- Evolution des exploitations -


Jusqu’en 1914

Une quinzaine de fermes

1935

10 fermes

1944 à 1962

6 fermes


En 1962, il faut ajouter 2 herbagers (éleveurs), un producteur de fruits et un aviculteur.


- Surfaces des exploitations -


De 0 à 50 hectares

5 fermes (y compris les 2 herbagers)

De 50 à 100 hectares

2 fermes

Plus de 100 hectares

1 ferme


Ces 8 exploitations n’emploient que 8 ouvriers permanents.

- L’élevage -


L’élevage du mouton est abandonné. Celui des chevaux et des porcs disparaît tandis que celui des bovins double.



Chevaux

Bovins

Ovins

Porcins

1944

1947

1950

1953

1960

1962

34

30

27

23

7

7

156

144

141

227

213

296

157

72

56

60

(*) 242

2

24

22

39

11

2

6

(*) En 1960, un berger itinérant a été recensé sur le territoire de Villers.


- Le matériel -


Citons : les semoirs, les charrues, les rouleaux, les herses, les croskills, les épandeurs de fumier et d’engrais, les déchaumeuses, les appareils, pour semer, pour arracher et pour trier les pommes de terre, les tonneaux à eau ou de traitement, les élévateurs, une bétaillère…

Le tableau suivant complétera le recensement du matériel utilisé ou encore présent dans les fermes.

Tracteurs

7

Moteurs

16

Lieuses

3

Faucheuses

7

Moissonneuses-batteuses

2

Remorque, charrettes, tombereaux

22

Trayeuses électriques

2

Scies électriques

5


Les travaux de la terre au XVIIIe siècle

(Document extrait de « L’histoire de France » de Marcel Rheinhard

Editions Larousse)




- Confort de l’exploitant -

Autos

7


Frigidaires

16


T.S.F.

4


Télévisions

3


Douches/Baignoires

4


Chauffage central

3


Eau potable

8

Dont 3 avec un puits et une motopompe


L’extension du réseau d’eau potable aux hameaux de Villeneuve, du Tremblay et de La Goulée sera terminée en 1967.

J’ai volontairement omis de présenter les traitements chimiques des plantes et du sol et la lutte contre les maladies du cheptel (tuberculose, varron, fièvre aphteuse,…).


VIII – BIOGRAPHIES SUCCINCTES -


Monsieur Jean Dubar a choisi de présenter trois personnages qui fréquentèrent épisodiquement Villers.


*Le poète Louis Vigée*


Il est né à Paris en 1758, mais il a passé souvent ses vacances à Vétheuil chez ses amis. Monsieur Olivier Champion (3) a écrit une étude le concernant.

Vigée aimait se promener dans les environs et c’est ainsi qu’il lui est arrivé d’écrire sur Villers et même d’en donner un petit exposé historique comme il en a donné de La Roche-Guyon, d’Haute Isle ou de St Cyr en Arthies.

Il cite le « chemin des Rochers » qui mène de Vétheuil à Villers. Ses vers sur Villers seront souvent reproduits :

« D’un roc autrefois bravant l’ardent passage,

Nous visitons, parmi les bois inspirateurs,

Villers de vingt coteaux dominant les hauteurs… » (4)


C’était le frère de madame Vigée-Lebrun, célèbre peintre du XVIIIe siècle. « Il ne fit jamais rien que des vers », tels ceux de « l’épître à J.F. Ducis » et il semble que sa sœur le faisait vivre comme elle faisait vivre son mari.


*La famille Aulard*


Dans la seconde partie du XIXe siècle, séjournait à Chaudray, dans une « haute maison » que contourne la route de Vétheuil, une famille d’universitaires, la famille Aulard (Sans référence).

*Ernest Renan*


Historien et philosophe, il appréciait le calme et le climat de Villers. Aussi il venait se retirer chez les Aulard. Il y a composé une partie de ses travaux madame Renan était la fille du peintre Henry Scheffer. (Sans référence)


Monsieur Dubar poursuit avec les biographies de saints dont le nom est attaché à l’histoire de Villers.

*Saint Martin*


Puisque l’église de Villers est sous le vocable de St Martin, il paraît intéressant d’étudier la vie de ce saint qui a été largement vénéré en Gaule, en France et, en particulier, dans le Vexin.

Martin est né à Sabaria, ville de Pannonie qui est une région située entre le Danube au nord, et l’Illyrie au sud, vers 316. Son père était tribun militaire, c'est-à-dire un officier de l’armée romaine.

Soldat lui-même, il était en garnison à Amiens quand, un jour, sortant de la ville, il rencontra, par un temps très froid, un pauvre mendiant à qui il donna la moitié de son manteau. Cette anecdote est bien connue. Elle a été souvent illustrée par la sculpture et la peinture. D’ailleurs, à Villers, un moulage naïf le représente au-dessus du portail, à l’intérieur de la nef. Ce moulage a été placé en même temps que le chemin de croix durant le ministère de l’abbé D’ORANGE vers 1962. Il faut aussi rappeler qu’une confrérie de St Martin assura son œuvre charitable de l’An XII (1804) à 1914.

Rien que dans le Vexin et le Mantois, nombreuses sont les églises qui lui ont été dédiées. Citons Villers, Aincourt, Omerville, Gadancourt, Courdimanche, Follainville, Gargenville, Lainville et, bien entendu, St Martin La Garenne, sans parler d’une abbaye à Pontoise. 

Une certaine coutume a été de clouer des fers à cheval sur la porte des églises dédiées à St Martin. A Villers, ces fers sont curieusement sculptés dans la pierre au-dessus du portail : le tympan porte ainsi six de ces fers.

Il fonda le monastère de Ligugé le premier monastère de la Gaule. Disciple de Saint Hilaire, évêque de Poitiers, un peu plus âgé que lui, il devint évêque de Tours en 371. Il est mort entre 396 et 400. Son corps repose dans l’église de Candes.


*Saint Benoît*

(D’après Dom Ludovic dans le B.C. n°7 du 1er novembre 1922)

(Et notes de monsieur Jean Dubar)


Les évêques et les moines ont christianisé la Gaule. Ils ont été les conseillers et les « rédacteurs » des rois et des « grands seigneurs » de l’époque. Ils ont transmis et établi la tradition dans leurs manuscrits.

Benoît de Nursie est le fondateur de l’ordre des Bénédictins. Il est né vers 480 à Norcia, Pérouse et il est mort vers 547 au Mont-Cassin. Grégoire le Grand, dans ses « dialogues – II », relate sa vie où se mêle la légende.

Il fonde vers 529 l’abbaye du Mont-Cassin. Il rédige la « règle des Bénédictins » qui se répandit, à l’époque carolingienne, à travers l’Europe. Sa sœur, Ste Scholastique, a pour disciple St Maur. Il envoie en France ce «  St Maur qui s’installe à Glanfeuil sur les bords de la Loire ».Il va compléter l’œuvre de St Hilaire et de St Martin. Monastères et églises vont s’élever. Les moines bénédictins de St Germain des Prés étendent ainsi leur influence sur une multitude de monastères.

On trouve leur souvenir au hameau de Velannes, commune de Magny, à Hodent avec la ferme de monsieur Hamot et la chapelle Ste Marguerite, à Vétheuil où ils construisirent l’église dès 1180.

Les moniales bénédictines eurent quelques « maisons » dans le doyenné : celle de Chaussy au lieudit « Le Couvent ». La dernière supérieure était mademoiselle Mars. Le couvent de Magny fut remplacé vers 1872 par un hôtel-Dieu.

D’autres évêques, St Ambert qui naît à Chaussy, St Romain qui naît à Wy dit Joli Village, ont œuvré aussi dans la région.


*Saint Vincent de Paul*

(D’après le B.P. n°29 de mai 1926)


Il est né à Pouy en Gascogne. Il garde le troupeau de son père. A douze ans, il fait des études chez les Cordeliers. En 1596, il reçoit la tonsure. Il suit des cours de théologie à Toulouse tout en donnant des leçons pour vivre. Il fut pris par des pirates barbaresques lors d’un voyage de Marseille à Narbonne et emmené captif à Tunis. Il réussit à convertir son maître au catholicisme. Le pape, Paul V, et l’ambassadeur de France le chargèrent d’une mission près d’Henri IV. Il fut nommé aumônier de Marguerite de Valois, curé de Clichy, précepteur des enfants d’Emmanuel de Gondi, curé de Bresse. Il assista Louis XIII à son lit de mort. Il se préoccupa des nombreuses misères du temps : galériens, enfants perdus, paysans ignorants, famine…

Il créa les prêtres de la Mission, dits Lazaristes. Il fonda, avec Louise de Marcillac, connue sous le nom de mademoiselle Legras, les sœurs de la Charité, devenues Sœurs St Vincent de Paul. Il créa un refuge pour les femmes exposées et l’établissement de la Salpêtrière.


*Saint Léger*

(D’après le docteur Jacqueline Cossard {5})

(Et les notes de monsieur Jean Dubar)


St Léger est né en Neustrie (*), le royaume mérovingien fondé en 561 par Chilpéric 1er et qui s’étendait de la Bretagne jusqu’à la Meuse. Abbé de St Maixent à Poitiers, puis évêque d’Autun en 659, il est appelé au conseil de la reine Bathilde, femme de Clovis II.

Contribuant à l’élection de Childéric II, roi d’Austrasie (*), il se heurte à Ebroïn, maire du palais du roi de Neustrie, qui voulait faire élire Thierry, frère de Childéric.

Ebroïn, maire du palais de Childéric II, ayant tenté de  s’imposer  à la Bourgogne, se heurte à nouveau à St Léger. Il donne l’ordre d’arrêter ce dernier. Pour éviter toute effusion de sang, St léger se livre. On lui crève les yeux, puis on le décapite près d’Arras en 678

St Léger fut longtemps l’objet d’une grande vénération et de pèlerinages pour obtenir la guérison des maladies des yeux. Ses reliques, avec celles de St Clair, étaient placées dans une « monstrance » en forme d’œil à Paris dans l’abbaye St Victor.


(*) La Neustrie était le royaume franc limité par la mer du Nord, le Meuse et la Loire. Ce royaume a été créé en 561à la mort de Clotaire 1er.

L’Austrasie était le royaume franc de l’Est, comprenant l’Alémanie, la Bavière, les pays situés entre le Rhin, la Meuse et l’Escaut à l’origine.

L’Alémanie comprenait la Suisse alémanique, le Wurtemberg, le pays souabe, le sud de Bade.



IX- LES CONFRERIES -

(D’après le B.C. n°16 du 1er août 1923)


Les confréries d’hommes charitables pour la sépulture des défunts existent depuis longtemps. La plupart de ces confréries remonte au Moyen-Age. Les guerres, les épidémies, la peste surtout, faisaient de terribles ravages. Des groupements d’hommes dévoués se sont alors formés pour ensevelir pieusement les morts, parfois abandonnés par crainte de la contagion. Par la suite, ces groupements devinrent des confréries sous le patronage d’un saint.

Sur les registres paroissiaux de la commune, on mentionne les «  frères de la Charité » lors de certaines inhumations.

« Le 30e de mars 1689 a été inhumé dans le cimetière de l’église le corps de Perette Filliete de son vivant femme de Guillaume Meunier âgée de 78 ans ou environ par moi frère Charles Eustache prêtre et religieux de l’Observance de Magny desservant de ladite paroisse pour l’absence de monsieur le curé assisté de Louis Dufour de Jean Malliard avec les frères de la Charité soussignés en l’autre minute le jour et an que dessus ».


Le 21 décembre 1712 fut inhumé un soldat «  au service de … trouvé mort dans la région de Villers », en l’absence du curé, par les « confrères de la Charité ». Le curé de l’époque était messire Claude Poitou, curé de 1697 à 1727.


Extrait de l’acte d’inhumation, du 7 septembre 1725, de mademoiselle Louise Le Tirant (Famille des seigneurs de Villers), âgée d’environ 71 ans, « laquelle a reçu tous les sacrements, les ayant demandés avec une dévotion et une piété ferventes, fait proclamé de monsieur le marquis de Villers, son frère et de tous les confrères de St Michel qui ont assisté à son coma (sic) ».


Revenons à notre bulletin cantonal du doyen de Magny en Vexin. En 1654, le pape Innocent X accorda par lettres apostoliques une « indulgence plénière à tous les frères de la confrérie de St Michel archange nouvellement instituée dans l’église de Villers en Arthies, vicariat de Pontoise … le dimanche de l’octave de la fête de St Michel, le huitième d’octobre ». Ces lettres furent «  annoncées et approuvées » par François d’Aquilenqui, grand vicaire de Pontoise, le 16 mai 1654.

Une liste des principaux frères suivait : « Barthélémy Guersan, Prévot ; Martin Trognon, échevin ; Jacques Binay, commis ; Louis Prévost, Jean Sanset, Henri Bailly, Baptiste Sanset, sonneur ».


La Révolution de 1789 a dû provoquer la dissolution de cette confrérie qui reparaît sous le vocable de confrérie de St Martin en l’An XII (1804) d’après un registre des délibérations commencé à cette date, registre tenu par Rémy Binay, premier marguillier de ladite confrérie.

La comptabilité est aussi inscrite sur ce livre :

« - Noms des membres et leur cotisation s’élevant à 2 sols.

- La livre de chandelle valant 19 sols.

- L’huile à brûler 12 sols… »

En 1872, on lit sur ce registre : « Achat d’un corbillard pareil à celui de Chaussy ».


Ce registre s’arrête à 1914. La guerre, la disparition des Anciens, les jeunes qui abandonnent les traditions, expliquent la dissolution de la confrérie. Dernier geste charitable, les membres ont offert le reliquat de la caisse pour participer à l’érection du monument aux morts de 1914-1918 en 1921.


Les frères de la Charité ou charitons portaient une tenue particulière. Nous n’avons rien trouvé sur ceux de Villers, mais Emile Rousse (6) décrit celle des charitons de la confrérie St Roch à La Roche-Guyon : « Une courte robe de serge noire, un grand col bleu, un chapeau à bords relevés à la Henri IV, tel était leur uniforme ; seul, le clocheteur se distinguait des autres par les ossements en étoffe blanche cousus en croix sur sa dalmatique (*) ».


(*) Une dalmatique est une chasuble à manches.

X – LE GUERISSEUR Christophe OZANNE (XVIIe siècle) -


Un personnage singulier apparaît dans l’histoire de Villers au XVIIe siècle, c’est Christophe Ozanne, tantôt qualifié de médecin, tantôt de guérisseur (1633-1713).

« Le quinzième de novembre 1633 a été baptisé Christophe, fils de Jacques Ozanne le jeune et de Denise Doullé (7), ses père et mère. Son parrain Christophe, fils de Nicolas Palluet et sa marraine Catherine, fille de Pantaléon Masson ».

Les publications ont été nombreuses. La plus complète et la plus récente est parue dans le Bulletin des Amis du Mantois en 1953. Nous la devons à monsieur A. Subtil (8).

« Christophe ne fit aucune étude. Dès l’âge de 16 ans, alors qu’il gardait les bestiaux à St Cyr, il montra un goût décidé pour la connaissance des remèdes ».

A 20 ans, il était « facteur de meules de moulin » dans la forêt d’Arthies pour les sieurs Héliot, commerçants de Rouen.

A 30 ans, il se fixe à Chaudray. En fait, il semble bien que sa maison se trouvait entre Chaudray qui se trouvait sur Villers et Chaudry qui était sur Vienne, dans un modeste hameau du nom de St Jean.

Dans un écrit anonyme (9), on lit : « La maison est située sur le bord d’une ravine, accompagnée de quatre vieilles chaumières, d’un cabaret nouvellement baty ».

L’auteur de cet écrit anonyme qu’on suppose avoir été Bourdelon (ou Bordelon) Laurent, Docteur en Théologie, continue la description détaillée de la « maison » d’Ozanne. Cet auteur, né en 1653, a pu connaître les lieux à la fin du XVIIe siècle.

Il décrit les mauvais chemins boueux et caillouteux. « La maison est très basse, construite en boue et en pierre du pays ; le toit couvert de chaume … chargé d’herbes sauvages … commence à tomber en ruines. On entre dans la cour par une porte neuve gardée par un jeune paysan de 25 ans … Un vieux paysan, autrefois tailleur de pavés, porteur de lunettes inscrit sur un registre le nom de ceux qui arrivent, pour qu’un huissier puisse les appeler … La Charité a placé un petit tronc pour les remèdes des pauvres … On descend dans une cave, à moitié taillée dans le roc. Parmi les flacons, des bouteilles bien bouchées remplies d’eaux céphaliques, ophtalmiques, néphrétiques, splénétiques…

Pour entrer dans la maison, on monte par quatre marches de pierre, à moitié enterrées dans le fumier, dans une salle carrée qui sert à toutes sortes d’usages : cabinet, galerie … laboratoire…On pénètre dans une salle qui sert de rendez-vous de tous les estropiés, blessés … pansés par le jeune Jean Ozanne, neveu du guérisseur, 25 ans, ancien ouvrier meunier … Etagères garnies de fioles, de paquets d’iris, de charpie, d’emplâtres … et d’autres drogues » qu’on ne reçoit pas tout à fait gratis de la main du sieur Jean Ozanne…

Une petite porte permet au médecin de s’échapper dans son jardin … Le plancher ressemblait à un carré de terre labourée et était très glissant …Les solives étaient garnies d’herbes, de racines, de paquets de graines, de bouquets de fleurs…

Puis on monte dans la chambre de monsieur … murs blanchis à la chaux. Pièce meublée de quatre chaises de paille et, au-dessous d’une petite fenêtre, une petite table carrée pleine de vieux morceaux de papier destinés à envelopper les remèdes que le bonhomme tire à poignées d’un lit entouré d’un vieux morceau de Bergame ».


Assis sur sa chaise, Ozanne écoute les malades mais, ordinairement, pour couper court, il juge «  par la seule physionomie » des remèdes qu’il faut apporter au malade … Son secrétaire, jeune paysan … « vêtu comme un abbé » écrit les remèdes et les délivre aux malades. Il est le seul à entrer dans cette chambre « d’audience » qui contient, au fond, un autre lit garni de toile blanche, où se repose quelques heures de la nuit cet infatigable guérisseur qui « expédie, souvent, jusqu’à deux cents malades par jour ».

A. Subtil (8) cite la lettre, écrite en janvier 1696, de l’abbé de Coulanges à sa cousine, madame de Sévigné, dans laquelle il décrit le guérisseur.

«C’est un simple paysan, d’humeur froide et flegmatique, parlant peu, lentement et fort bas, âgé d’environ 55 ans, sans doute 65, de moyenne taille, visage basané, plat et maigre, des cheveux presque blancs, gras, courts et fort peu frisés, qui couvrent un front assez élevé, de petits yeux, un gros porreau sur un nez médiocrement grand, un second porreau au-dessus de l’œil droit et un fort petit mais long qui pend à la mâchoire gauche, la barbe blanche rarement faite, une grande bouche, des dents brunes, le col court, la tête enfoncée entre les deux épaules, de grosses mains,les doigts petits et velus, des ongles passablement longs ».

Christophe Ozanne était un homme pieux. Tous les matins, il se rendait à la messe dans l’église de Villers. Chose curieuse, il aurait, suivant la tradition, pris le chemin de Villeneuve. S’il est sûr que l’actuelle route départementale n°147 n’existait pas, il semble qu’un sentier devait suivre le même trajet beaucoup plus direct.


La période la plus florissante de la carrière d’Ozanne a été celle des dernières années du XVIIe siècle.

Le chirurgien Pierre Dionis (10) écrivait, en 1707, dans son cours de chirurgie: « Chaudrais est un petit hameau composé de cinq à six maisons près de Mantes. Là s’est trouvé un paysan d’assez bon sens qui conseillait de se servir tantôt d’une herbe, tantôt d’une autre, selon les maux qu’ils avaient. Sa réputation se répandit dans sa province et vola jusqu’à Paris d’où les malades accouraient en foule à Chaudrais où on fut obligé de bâtir des maisons pour se loger. Ce torrent de malades a duré pendant trois ou quatre ans. Il s’est diminué de jour en jour et insensiblement le Médecin de Chaudrais est devenu à rien ».

Conclusion fort exagérée, déclare monsieur Jean Dubar, car, même après sa mort, la célébrité de Christophe Ozanne a persisté longtemps. En fait, la réputation du guérisseur fut grande. Avec A. benoît (11), on peut affirmer que les patients venaient de loin : de Normandie, de Picardie, du Hurepoix, de Saint Quentin, sans compter les Parisiens. Il fut un temps où un « carrosse public » partait de Paris pour Chaudrais une fois par semaine.


A. Benoît cite encore monsieur de Coulanges dans une lettre à madame de Sévigné :

« Paris, ce 27 janvier 1696 … Monsieur de Nevers, qui est enfin revenu de Nevers avec sa belle épouse, après y avoir pensé mourir. L’humeur de la goutte … lui cause des maux tout extraordinaires. Il partit avant-hier pour aller, dans le voisinage de La Roche-Guyon, consulter Christophe aux ânes (Ozanne), qui est un laboureur mais un homme admirable pour la guérison de tous les maux, par la connaissance qu’il a des simples (des plantes), qu’il tient de son père … Enfin, les cancers, la gravelle, les abcès, les ulcères, rien ne tient devant lui. On ne parle que des cures étonnantes qu’il fait, et de son désintéressement. Il donne aux pauvres ses remèdes pour rien ; il les fait payer aux riches précisément ce qu’ils valent … Le duc de Grammont (ancien comte de Louvigny) et Turménies sont guéris par lui ; le dernier lui a envoyé cent pistoles qu’il lui a renvoyées aussitôt ».


« Oh ! Le beau médecin que ce Christophe Ozanne :

Parlez-lui de vos maux, il n’en peut discourir.

Est-il passé docteur ? Porte-t-il la soutane ?

C’est un manant grossier qui ne sait que guérir

Avec un peu de poudre, ou d’herbe, ou de racine,

Sans latin et sans art, mais plein d’entendement,

Ce rustique Esculape, instruit divinement,

Nous guérit de tous maux et de la Médecine ».

Un tel succès ne pouvait pas aller sans provoquer des épigrammes (*). Boudier de la Jousselinière, mort en 1723, a pu connaître Ozanne. C’est lui qui écrivait l’épigramme citée ci-dessus.

(*) Une épigramme comporte des petits vers avec une antithèse finale.


En quoi consistaient les « cures d’Ozanne »? C’est encore A. Subtil qui va nous permettre de répondre (8).

« Pour un défaut d’appétit, le médecin » prescrit de ne manger le matin que gros comme une fève d’une certaine pâte et de ne faire qu’un léger repas le midi. « L’appétit est si bien revenu qu’il est impossible au malade d’obéir plus longtemps » aux consignes. « Ozanne était un physionomiste et un psychologue ».

« L’eau est la boisson coutumière des malades » et, si on y ajoute les diverses sortes de tisanes, la diète paraît avoir joué un grand rôle dans ces traitements de personnages plus ou moins opulents, souffrant de malnutrition.

Monsieur Dubar ajoute : « Les plantes étaient d’un très large emploi. Il serait fort intéressant de connaître leur nature et, même, les détails de leur récolte car leur activité varie avec les saisons, avec les terrains et avec leur état de maturité. Cette phytothérapie n’est pas aussi négligée de nos jours, mais elle a profité des perfectionnements de la pharmacologie et des préparations extractives qui fournissent des produits d’action beaucoup plus précises ».


Dans ses « Lettres divertissantes », écrit anonyme, l’auteur cite quelques distractions à Chaudrais (9), mais le séjour devait cependant paraître monotone, aux citadins en particulier.

« Monsieur le Conseiller et son épouse, sans doute perclus de rhumatismes, semblent rajeunir chaque jour et devenir amoureux l’un de l’autre tant ils aiment à badiner … Croiriez-vous qu’ils courent l’un après l’autre sans bâton dans la distance de plus de vingt pas ».

C’est aussi la lecture qui permet de passer le temps.

La rédaction des épigrammes se poursuit :

« Ozanne n’eut jamais le dessein

De s’ériger en médecin

L’honneur qu’on lui fit le chagrine :

Lui Médecin ! Comment ? Par où ?

Il guérit ceux qu’il traite

Et n’en veut pas un sou ;

Un contresens en médecine ».


Un pareil afflux de malades dans le hameau de Chaudray ne pouvait se produire sans qu’il y ait un certain nombre de décès : les registres paroissiaux de l’époque mentionnent le nom et l’origine des visiteurs étrangers au village qui finirent leurs jours, sans que les traitements du « Médecin de Chaudrais », dont on a pu mesurer la prudence, soient à incriminer car il arriva à Villers un certain nombre de malades présentant des affections incurables et venus là , en désespoir de cause, espérant trouver un remède miraculeux.

A. Benoît (11) donne une liste de ces inhumations, tirées des registres paroissiaux, liste qui permet de se rendre compte le l’importance du rayonnement de la célébrité de Christophe Ozanne. Quoiqu’en pense le chirurgien Dionis, cette célébrité du « Médecin de Chaudrais » a duré jusqu’à la fin.

« Le dix-huit février 1713 est décédé Christophe Ozanne, médecin de Chaudrais, âgé de soixante-dix-neuf ans, trois mois, trois jours, après avoir été muni du Saint Sacrement duquel le corps a été inhumé dans l’église de cette paroisse en présence de François Dumont et de Louis Doullé. Signé : Claude, Poitou, prestre ».





Resté célibataire, Christophe Ozanne appartenait à une famille nombreuse dans laquelle on retrouve, à plusieurs reprises, le prénom Christophe.


- La famille Ozanne à Villers -

(D’après les registres paroissiaux)


25 janvier 1711 : décès de Marie Ozanne, veuve d’Antoine Chevalier.


3 avril 1711 : baptême d’Anne Ozanne, fille de Jean et de Marguerite Le Grelle.


8 décembre 1715 : baptême de Théodore Ozanne, fils de Jean et de Marguerite Le Grelle qui eut l’honneur d’avoir pour marraine Demoiselle Louise, sœur de Jean Le Tirant, seigneur de Villers, colonel au Régiment du Roi Infanterie.


3 janvier 1717 : est décédé Jean Ozanne (*), âgé de 50 ans, après avoir reçu le Saint Sacrement duquel le corps a été inhumé le 4 dudit mois dans l’église de cette paroisse en présence de Christophe Ozanne et de Louis Lallemand.

(*) Ce Jean Ozanne est probablement le neveu du médecin mentionné dans la description de la maison de Chaudray. D’autre part, un second Christophe était le mari de Barbe Le Tellier (mariage du 26 novembre 1685 d’après A. Benoît {11}).


5 décembre 1717 : Baptême de Christophe Ozanne. « Ont été supplées (célébrées) les cérémonies du baptême de Christophe Ozanne, fils de Christophe et de Barbe Le Conté, ses père et mère.


18 juillet 1718 : mariage de Nicolas Ozanne, fils de Christophe et de Barbe Le Tellier, avec Marie Langlois, fille de défunt Jacques et défunte Marie Bonnot.


3 novembre 1759 : a été baptisé Jean-Pierre Ozanne, fils de Jean-Pierre, chirurgien, et de Marie-Madeleine Dupré (Signé : le curé d’Alençon).


1er Floréal An II (1794) : naissance de Sophie Ozanne, fille de Jean-Pierre Ozanne, 34 ans, chirurgien à Villers, et de Marie-Madeleine Launay.  (Référence non notée)


- Petite statistique -

Périodes

Baptêmes

Mariages

Inhumations

1618-1671

………….

1674-1680

1681-1691

1692-1700

1701-1710

1711-1720

1721-1730

1732-1740

1741-1745

1746-1755

1756-1767

58


2

6

3

13

3

5

13

7

3

4

14


3

3

1

1

2

1

4

0

0

3

7


5

6

4

2

5

6

5

2

7

3

                                                                                                           Puis plus d’Ozanne sur les registres de Villers !



XI – LIEUDITS – HAMEAUX – CHEMINS -

(« A travers le cadastre » - Etude de Jean Rochefort)


Avant de conclure, je vais parcourir les plans et les registres du cadastre ainsi que la carte d’Etat-major. Les noms des lieudits, des hameaux et des chemins permettent aussi de faire revivre le passé. On retrouve ou on découvre ainsi des « édifices » (croix, caves, statues, maisons, ruines…) ou des endroits désaffectés (carrières, sablière…) ou modifiés (station Microwatt, baptisée à tort de Radar).

Les noms des chemins, des hameaux, des lieudits ne sont pas donnés au hasard. Ils correspondent à des réalités. Cela peut être :

La situation ou le relief : Les Fonds de Villers, le Vallon, le chemin du Dodillon, la sente de la côte à Prunier, le chemin de la Vallée du Roi, le hameau de La Goulée…


La nature du terrain : Les Cailhouettes, Les Sablons, Les Glaises, Les Mares rondes, Les Prés à l’île, Les Graviers, le hameau des Mares, celui de Chaudray et le chemin du Rocher.


La nature de la végétation ou des cultures: L’Aulnaie, Les Millets, La Hêtraie, Les Orgeries, Les Longs Champs, le hameau du Tremblay, la Ma ison des Bois…


Leur usage : La rue du Puits, Le chemin de la Messe, ceux du Lavoir, des Cavières, de la Charrière de Chaudray, le C.D.147 de Villers à Vétheuil, qu’on nommait autrefois « Le Grand Chemin », l’impasse de La Grotte, la marnière du Tremblay, les sentes de La Source (De La Goulée à Chérence) et des Sangsues, le chemin aux vaches.


La présence d’un édifice: Le chemin de la Croix du Carnage, de la Croix Dialot (disparue), du Pont de Pierre (Un lieudit « Le Pont de Pierre » existe à gauche de la route de Maudétour. Il est communément appelé « Les Bruyères », du nom du bois voisin). Les lieudits « Le Grand et Le Petit St Léger », l’impasse du Presbytère…


Une relation avec la chasse ou la faune : La Remise du Tremblay, La Garenne, le chemin du Colombier…


Simplement l’orientation : Les rues du Nord, de l’est et du Midi (cette dernière mitoyenne avec Vétheuil) à La Goulée.


La forme ou la contenance : Le Plateau de la Jatte, le Cul de la Jatte, les Quatre Arpents…


Une relation avec les coutumes ou peut-être avec des événements: Les Champarts, Les Anglais, Le Château Gaillard, La Vallée du Roi, La Croix du Carnage (Le Carnage est aussi un lieudit), le hameau de Villeneuve…


Certains noms permettent d’envisager plusieurs conclusions : La Garenne, L’Aulnaie, Les Fonds de Villers, Le Grand Fond… (Flore, faune, nature du sol, humidité…)


La tradition orale n’est pas à négliger. Souvent, les villageois désignaient certains lieudits par un autre nom que celui figurant sur le cadastre révisé en 1935 et mis à jour épisodiquement. Certains sont des noms de l’ancien cadastre (voir p.27):

Le Potager (derrière les terrains de jeux et de sport). C’était le potager du château. A mon arrivée à Villers en 1957, il y avait un haut et long mur, bordant la route des Mares, et



une haie vive séparant les terres de l’avenue du château de celles du potager au milieu duquel on trouvait une mare bordée de saules ( ?). Le long de la haie, il restait des arbres fruitiers en espaliers, arbres bien connus des écoliers de l’époque.

La Grand-Cour qui est devenue « Les Orgeries » mais qui, durant une période, fut appelée « Les Orgies » (Où le géomètre avait-il eu la tête ?).

Les Bruyères qui s’appellent maintenant « Le Pont de Pierre », doivent ce 2e nom au bois voisin.

Le lavoir de l’Aulnaie et le terrain voisin, « La Brisoire », continuent à être appelés « La Grenouillère » alors que ce lieudit est situé juste en face du lavoir, de l’autre côté de la route des Mares

Le carrefour du C.D.142 de la route de Chérence et de la route de St Léger est encore appelé « Les Trois cornets » (C’était le nom d’un lieudit voisin).


Les anciens plans et les anciens registres cadastraux indiquent des lieudits qui ont disparu ou qui ont été remplacés après le remembrement des terres lors de la révision générale du cadastre en 1935. Ainsi le bourg qu’on nomme aujourd’hui « Le Village », comportait plusieurs lieudits autrefois : Le Haut et Le Bas de Villers, Le Potager, L’Escalier (C’est le terrain où se trouve la mairie-école), Devant l’église, La terre Maucuit et Les Petits Prés.

An nord de l’église, on trouvait La Pépinière. Au sud de l’Escalier, c’était »La Brêche au lièvre ».

Au-dessus de La Goulée, on avait Les Quatre Arpents. Au nord-est des Cavières, c’était La Cerisée (La Cerisaie). A Chaudray, le petit bois, le long du chemin des Longs Champs, s’appelait « Le Pendu ».

Il faut aussi signaler les «  Clos », les « Haies », les « Côtes à …», les « Brêche de …ou au … », les « Champs », suivi d’un nom propre, comme « Les Champs Dollon », « Le Clos Champagne », « Le Clos salé »…


Roland Vasseur et Françoise Waro, dans leur étude sur Genainville (13), évoquent les défrichements qui eurent lieu de trois façons :

- Cas des « Villeneuves » issues toute entières d’un défrichement. Notre Villeneuve est sans doute issue d’un défrichement mené par les moines du prieuré voisin, celui de St Léger.

- Les défrichements individuels ou clandestins de la première moitié du XIIe siècle.

- Les défrichements individuels du XIIIe siècle, en général, «liés à la naissance d’habitat isolé enclos soit de haies vives doublées de fossés, soit par des murs de pierre ». C’est la naissance « des clos, des haies, des plessis ».

Sur l’ancien cadastre, on note un Clos Savary et, sur le cadastre actuel, une sente du Clos Savary.

C’est dans les archives du château de Villers, dans des aveux de 1776, que j’ai trouvé :

Le Clos salé (A la sortie de Villers, à gauche du C.D.142, avant l’étang du château (Maison n°1 de nos jours).

Le Clos de St Léger.

Le Clos Binet ( ?).

Le Clos Martel (Pour 9 perches et demie de vignes).

La Haie Marceau à La Goulée. (*)

La Vente de Chaudry (Entre le bois de Villers et le bois du parc).

La Côte (à) Mauger (La Goulée).

La sente de la côte à Hupée (C.R. n°21)

La Brêche des bois (Limite d’Aincourt, au nord-est du Tremblay).

La Brêche des coutumes.

Les Champs Dollon.



Cadastre de 1970 (Toujours valable en 1993)



(*) Attention, écrivent Roland Vasseur et Françoise Waro (13), « haia, d’origine germanique, signifie clôture défensive ou retranchement. Il a aussi le sens de forêt ».


Il reste cependant une liste de lieudits pour lesquels il faudra faire appel à l’étymologie et à la toponymie. C’est le cas des lieudits suivants : Le Paradis, La Brisoire, La Comté, Les Vaudrougés… Les diverses études que j’ai consultées ne m’ont pas permis d’en trouver l’origine et le sens.


Lachiver, Rivière et Vasseur, dans leur étude sur le Vexin français, déclarent : « La plupart des lieudits actuels datent de la fin du Moyen-Age » (13).








- CONCLUSION -


C’est en toute modestie que, monsieur Jean Dubar et moi-même, nous avons rédigé cette monographie. Nous ne prétendons en aucun cas avoir fait œuvre d’historiens. Nous possédions une importante collection de notes de lectures. Rien n’avait encore été écrit sur Villers, à l’exception de quelques articles parus dans des revues, des bulletins ou des journaux locaux. Nous souhaitons simplement inviter ceux qui nous lirons à poursuivre les recherches et à résoudre les énigmes ou à rectifier les erreurs.


Nous concluons avec un extrait de « La Horla » de Guy de Maupassant : « J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts nos aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l’air lui-même ».


Enfin, nous tenons à remercier toutes les personnes qui nous ont aidés mais, craignant d’oublier des noms, nous préférons n’en citer aucun.

Merci à ceux qui nous accueillis chez eux et qui ont accepté de témoigner, à tous ceux qui nous ont confié des documents (Archives du château, archives de famille, photographies anciennes, articles de journaux, cartes postales anciennes, études ponctuelles…), à ceux qui ont pris goût à ces recherches et qui nous ont communiqué des documents ou qui nous ont indiqué où nous pouvions les consulter, à ceux qui nous ont offert des livres d’histoire locale.

Merci aux différents maires et à la secrétaire de mairie qui nous ont laissés le libre accès à la totalité des archives communales, ainsi qu’aux prêtres successifs qui nous ont permis d’explorer le registre du conseil de Fabrique et celui de la confrérie de St Martin.

Nous devons, pour terminer, remercier le personnel des Archives départementales, du Val d’Oise, monsieur Martin de la bibliothèque municipale de Mantes la Jolie, les responsables des journaux locaux, en particulier, ceux du « Courrier de Mantes ».


La monographie est achevée mais les recherches se poursuivent.


Septembre 1993

Jean DUBAR et Jean ROCHEFORT


- NOTES et REFERENCES -


(1) Waro Françoise : étude démographique du Pays d’Arthies.

M.S.H.P.V. – n° LXV – 1975

(2) Potiquet A. : Population du canton de Magny en Vexin (Paris – 1883)

Archives des Yvelines – Série n°10 (Manuscrit)

(3) Champion Olivier : Le chantre de Vétheuil (Louis Vigée)

Amis du Mantois – n°25 – 1974

(4) Vigée Louis : Extrait de l’épître à Jean-François Ducis

Sur les avantages de la Médiocrité.

(5) Cossard Jacqueline (Docteur) : Les saints guérisseurs en ophtalmologie

Thèse – Paris – 1955

(6) Rousse Emile : La Roche-Guyon : châtelains, château et bourg.

Hachette – 1892 – p.121

(7) A. Benoît : cite Denise Roullé (on doit lire Roullay) ; monsieur Dubar pense lire Houllé.

Pour ma part, je lis Doullé. (Voir aussi référence 11)

 

(8) A. Subtil : Christophe Ozanne et ses malades de la belle humeur

Amis du Mantois – n°4 – 1953

(9) Ecrit anonyme : Les Malades de la belle humeur

Ou « Lettres divertissantes écrites de Chaudray »

Volume in-8° - Paris – 1697

(10) Dionis Pierre : Cours de chirurgie – 1707

(11) A. Benoît : Notice sur Christophe Ozanne

Médecin empirique de Chaudray, près de Mantes

Chartres – Imprimerie E. Garnier – 1874

(12) P. Jolas : Boudier de la Jousselinière gentilhomme mantais

Amis du Mantois – n°27 – 1976

(13) Roland Vasseur et Françoise Waro : Villages du Vexin : Genainville

M.S.H.A.P.V. – tome LXXVI – 1990-1991

(14) Lachiver Marcel, Rivière Paul, Vasseur Roland:

Le Vexin à travers les âges

Centre d’animation pédagogique et d’audio-visuel de la région de Pontoise

Pontoise – 1979


- SOURCES et BIBLIOGRAPHIE -

ARCHIVES COMMUNALES :

Registres des arrêtés du maire (Du 7.07.1852 à nos jours)

Registre des actes de l’administration temporelle de la commune de Villers en Arthies

(Du 31.08.1806 au 1er.11.1814)

Registres des délibérations du conseil municipal (Du 9.06.1816 à nos jours)

Registres de catholicité et de l’Etat civil (1617 à nos jours)

(Celui de 1617-1671 a été emporté par les archives du Val d’Oise)

Plans cadastraux (30.12.1819 ; avant 1860 ; 1935 et mises à jour)

Matrices cadastrales (1823, 1837, 1913, 1935, … micro fiches de nos jours)

Etat des propriétaires (1820)

Livre de comptes des pompiers (Mars 1820 à 1945 et 1820 à 1955)

Registre des délibérations du Syndicat intercommunal des Eaux de Villers en Arthies

(6 mars 1959 à nos jours)

Copie du registre des concessions du cimetière (1871 à nos jours)

Registres des permis de construire

Registres divers (Déclarations, enquêtes…)


ARCHIVES PAROISSIALES :

Registres des délibérations du conseil de Fabrique (1807-1873 et 1874-1906)

Registre des délibérations de la confrérie de St Martin (1831-1893)


BULLETINS PAROISSIAUX (Collections incomplètes – Divers particuliers) :

Bulletin paroissial » Les échos de l’Arthies » de l’abbé Guibourgé (1924- ? )

(Noté B.P. n° et date)

Bulletin cantonal du doyenné de Magny en Vexin (mai 1922-décembre 1923)

(Noté B.C. n° et date)

« Le Trait d’Union » : Bulletin catholique mensuel de la paroisse et du canton de Magny en Vexin

Abbé Oury – (Janvier 1935 – juin 1940)

(Noté T.U. n° et date)


ARCHIVES PRIVEES de la famille de Villers (Du XIVe au XVIIIe siècle)

(Elles concernent les familles qui ont précédé les Roger de Villers)


ARCHIVES DEPARTEMENTALES du Val d’Oise : (Noté A.D. du V.O.)

Rôles des « tailles » de 1716 à 1788 – C 365

Etat civil de 1586 à 1702 – 3 E 181


BULLETINS – REVUES – PUBLICATIONS :

Bulletin folklorique de l’Ile de France

(Fondé en 1938 – noté B.F.I.F.)

Bulletin géographique et descriptif :

(Noté B.G.H.D.)

Mémoires de la Fédération de Sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l’Ile de France

(Noté M.F.H.A.P.I.F.)

Mémoires de la Société historique de Pontoise et du Vexin

(Noté M.S.H.P.V.)

Les Amis du Mantois

(Noté A. du M. n° et date)

Agence des espaces verts de la Région Ile de France

(2) Les jardins du département du Val d’Oise (p. 82-83)

I.A.U.R.I.F. – Juillet 1990


DIVERS DICTIONNAIRES


LES AUTEURS.


AUBERT Jean : La grande histoire du Val d’Oise

Edijac – 1967 – p.183

BARROUX R.: L’abbé Suger et la vassalité du Vexin en 1124

Extrait de la revue : Le Moyen-Age – n°1 et 2 – 1958

BENOIT A. : Notice sur Christophe Ozanne

Médecin empirique de Chaudray près de Mantes

Chartres – Imprimerie E. Garnier – 1874

BOUGEATRE Eugène : Précis de l’histoire du département de Seine et Oise

Librairie Delagrave – Paris – 2e édition

BOUGEATRE Eugène : La vie rurale dans le Mantois et le Vexin qu XIXe siècle

Annoté et publié par Marcel LACHIVER – Meulan – 1971

BOURSELET V. et CLERISSE H. : Mantes et son arrondissement

Société française du Livre – Paris – Mars 1933

BOZON Michel et THIESSE Anne-Marie : La Plaine et la Route

Fondation Royaumont – 1982

CASSAN A. : Statistiques de l’arrondissement de Mantes

Mantes – 1833

CHAMPION Olivier : Le chantre de Vétheuil (Louis Vigée)

  1. du M. n°25 – 1974

CHAUSSY Yves : Le prieuré de Villarceaux

M.S.H.P.V. – n° LXIII – 1970

COSSARD Jacqueline : Les saints guérisseurs en ophtalmologie

Thèse – Paris – 1955

COYECQUE Ernest :

Recueils d’actes notariés relatifs à l’histoire de Paris et de ses environs

Au XVIIe siècle – Tome 1 (1905) – Tome 2 (1923)

DAVID d’ANGERS : Les dépendances de l’abbaye de St Germain des Prés

Archives de la France monastique – 1907

DOM TOUSSAINT et DUPLESSIS :

Description géographique et historique de la Haute Normandie

Tome II – Le Vexin – Paris 1740

DUBAR Jean : Sur une épidémie d’amblyopie ou héméralopie

Extrait des bulletins et mémoires de la Société française d’ophtalmologie

61e année – 1948 – p. 405 à 407

DUPAQUIER Jacques : Ainsi commença la Révolution de 1789

Baillages de Chaumont en Vexin et de Magny en Vexin

M.S.H.A.P.V. – Tome LXXV – 1988-1989

FEILLOLEY M.: Notice sur le canton de Magny en Vexin

Magny en Vexin – 1884

GRAVE E. : Déclaration du Clergé en 1790 dans le district de Mantes

GUIBERT Louis : Le canton de Magny en Vexin – 1910

HOUSSEMAINE (Commandant) : Le Pays d’Arthies

  1. du M. n°7 – 1956

HOUTH Emile : La chronique de Guillaume de Nangis

Bibliothèque Nationale - ?

JOLAS P. : Boudier de la Jousselinière gentilhomme mantais

A. du M. n° 27 – 1976

LACHIVER Marcel, RIVIERE Paul, VASSEUR Roland :

Le Vexin à travers les âges –Pontoise – 1979

Centre d’animation pédagogique et d’audio-visuel de la région de Pontoise

LEBRETON Guillaume : La Philippide

Réédité par H.F. Delaborde – 1885

LELIEVRE-LYNDE : Une série d’articles dans le « Courrier de Mantes »

16 châteaux du canton de Magny en Vexin – 14 janvier 1961

MARIE de LA RONCIERE Charles : La vie de Louis VI le Gros – Suger

Colin – 1969

MIROT Léon : Chambre des comptes de Paris – Archives nationales

Hommages rendus à la Chambre de France – XIVe-XVIe

Tome 1 – 1982 Série P

PLANCOUARD L. : La Forêt royale d’Arthies en Vexin

B.G.H.D. – Paris – 1896

POTIQUET Alfred : Armorial du canton de Magny en Vexin

2e édition corrigée d’après l’original à Magny – 1879

POTIQUET Alfred : Population du canton de Magny en Vexin – Paris – 1883

Manuscrit - Archives des Yvelines – Série n° 10 –

REGNIER Louis : L’église de Vétheuil

M.S.H.P.V. – n° XXIX – 1910

RICHARD-RIVOIRE Monique : Les églises flamboyantes dans le Vexin français

Extrait tome X – Paris – 1959

M.F.S.H.A.P. et I. de F.

ROGER de VILLERS : Articles dans le « Petit Mantais », signés R.D.V. 

Des 27.12.1933 et 3.01.1934

ROUSSE Emile : Une famille féodale au XVe et XVIe siècle à La Roche-Guyon

Hachette

SAUVE (Docteur) : Le docteur Récamier – 1938 ( ?)

Bibliothèque des archives de l’Assistance publique

SEDE Gérard (de) : Les templiers sont parmi nous ou l’énigme de Gisors

Ed. Julliard

SUBTIL A. : Christophe Ozanne et ses malades de la belle humeur

A. du M. n° 4 – 1953

VASSEUR Roland : A travers le Vexin français

B.F.I.F. – n° 6-7 – 1969

VASSEUR R. et WARO Françoise : Villages du Vexin : Genainville

Un prieuré, une église, au cœur d’une communauté rurale

M.S.H.A.P.V. – Tome LXXVI – 1990-1991

WARO Françoise: Etude démographique du Pays d’Arthies

M.S.H.P.V. – n° LXV – 1975

WHITE Denise : Notice sur le château d’Arthies en Vexin

  1. du M. – n° ,22 – 1971


MONGRAPHIES DACTYLOGRAPHIEES :


ROCHEFORT Jean : Villers en Arthies – Sur le chemin des écoles

1982 – complété en 1991

Id. Villers en Arthies durant la guerre de 1914-1918

Revu en 1992

Id. Villers en Arthies au XVIIIe siècle

La Révolution de 1789 – Essai de 1989

Id. Fêtes, cérémonies et coutumes

A Villers en Arthies et dans ses environs

A la fin du XIXe et au début du XXe siècle - 1988

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