Villare Villerium Villers en Arthies

Au XIXe siècle



- SOMMAIRE -



Les maires et les régimes politiques p.2


La commune et les événements historiques p.3


La vie quotidienne p.5


La garde nationale p.10


les pompiers p.10


L’église et la paroisse p.12


La « Maison des sœurs » (école – orphelinat) p.13


Les châtelains p.16


L’école – L’instruction p.17


Les métiers p.19


Références et notes p.20



















Villare Villerium Villers en Arthies

Au XIXe siècle


Ce sera la partie de l’histoire de Villers en Arthies la plus originale, car elle sera le résultat des recherches effectuées dans les registres des délibérations du conseil municipal et ceux des arrêtés du maire, dans le bulletin paroissial de l’abbé Guibourgé au début du XXe siècle, dans les comptes-rendus du conseil de Fabrique, dans les registres de l’Etat civil.

Ce 3e volet ressemblera plus à un carnet de bord de la vie communale en liaison avec les événements nationaux ; ce sera une évocation de la vie quotidienne à travers les décisions communales.

Nous présenterons aussi la vie paroissiale, la « Maison des sœurs », les châtelains, l’école et les lois scolaires, la Garde nationale, les pompiers …

En 1872, le dictionnaire des communes de France donne, de Villers, la description suivante : « Villers en Arthies, 527 habitants, altitude 128m, canton de Magny, poste de La Roche, église, sœurs St Vincent de Paul, orphelinat, raffinerie. Joli château ; vieille tour dans le parc. 432 hectares ».

A. Potiquet (1) cite 553 habitants en 1881. M. Feuilloley (2) donne 529 habitants en 1882. L’altitude doit être une moyenne et encore ! En effet, Les Mares sont à 160m environ, Chaudray à 110m (100m environ à la station de pompage), le château à 189,4m (Point géodésique), l’église à 150m. Le point haut est à 203m. Quant à la raffinerie, elle a existé un moment au Grand St Léger : c’était une raffinerie de sucre. Et la tour du parc ? Il s’agit encore de la confusion avec le pavillon primitif, l’aile gauche du château actuel, plus précisément les fondations de cette aile dont « l’épaisseur rappelle celle des murs de défense ».


I – Les MAIRES et les REGIMES POLITIQUES -


Toutes les citations seront extraites des registres des délibérations du conseil municipal.

Le 31 août 1806, le maire, monsieur Pierre PROVOST (On trouve aussi PREVOST), prête serment à « sa majesté l’empereur des Français, roi d’Italie » (à Napoléon 1er).

Le 9 mai 1813, c’est au tour d’Alexandre François ROGER, comte de Villers.

Après 1815, les maires prêtent serment au Roi. Les textes varient car les pouvoirs des rois se modifient.

Le 9 juin 1816, le texte est le suivant : « je jure et promets à Dieu de garder obéissance et fidélité au Roi, de n’avoir aucune intelligence, de n’assister à aucun conseil, de n’entretenir aucune ligue qui serait contraire à son autorité et si, dans le ressort de mes fonctions, ou ailleurs, j’apprends qu’il se trame quelque chose à son préjudice, je le ferai connaître au Roi ». C’est sous LOUIS XVIII (1814-1824).

Le 12 août 1824, le texte est simplifié : « Je jure fidélité au Roi, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume ». Alexandre François ROGER de VILLERS est le maire. Il donnera sa démission en 1830. C’est sous la royauté constitutionnelle.

Le 3 octobre 1830, le maire, TROGNON Georges Melon ou Millon (l’orthographe varie selon les délibérations), « jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume ». C’est sous LOUIS-PHILIPPE 1er (1830-1848). La révolution de 1830 vient de chasser le roi CHARLES X (1824-1830).

Note : Les dates sont celles du règne.

A la suite du coup d’état du 2 décembre 1851, le maire, ROGER de VILLERS Thiébault, prête serment le 9 mai 1852 : « Je jure obéissance à la constitution et fidélité au président ». Louis-Napoléon BONAPARTE est président de la République.

Dès le 27 février 1853, l’Empire ayant été proclamé le 2 décembre 1852, ROGER de VILLERS Thiébault prête à nouveau serment : « Je jure obéissance à la constitution et fidélité à l’empereur ».


II – LA COMMUNE et LES EVENEMENTS HISTORIQUES -


Les guerres :

Les guerres se poursuivent. Nous avons ainsi trouvé, dans les registres de l’Etat civil, plusieurs extraits mortuaires de soldats.

Fin XVIIIe : « Hospice militaire de Quimper – An V de la République – bataillon de la 81e demi-brigade, compagnie 7e – Le citoyen Jean-Baptiste PETIT-JACQUES au service de la République … en qualité de fusilier natif de Villers … entré audit hospice le 10 du mois de Nivose, l’An V de la République française y est décédé de la fièvre le 7 Ventose An V …

L’officier public

Le 3 du mois de Germinal An V (1797) »


« Le nommé Louis Frédéric LE BRETON fusilier au 75e Régiment d’Infanterie de ligne, 2e bataillon, 6e compagnie, fils de François Louis et de Marie Elisabeth OZANNE, né le 21 avril 1786, natif de Villers en Arthies, entré audit hôpital le 29 du mois d’octobre, y est décédé le 27 du mois de novembre 1807, par suite de la fièvre ».

(Extrait mortuaire – hôpital de Filheuc – acte du 26 juin 1809)


« L’an 1807, le 3e jour du mois d’octobre … Victor ROUGEAUD, âgé de 23 ans, fusilier au 4e Régiment d’Infanterie de ligne, 3e bataillon, 6e compagnie, natif de Villers, département de Seine et Oise, est mort hier 2 octobre, audit hôpital … ».

(Extrait mortuaire – Strasbourg le 31 mars 1809)


« Le sieur MEUNIER Jean Louis, fusilier au 75e Régiment d’Infanterie de ligne, 4e bataillon, 2e compagnie, natif de Villers … entré audit hôpital le 21 du mois d’octobre l’an 1810, et y est décédé le 27 du mois d’octobre … par suite de fièvre ».

(Extrait mortuaire du 8 août 1812 – Commune de Salamanque- Hôpital St Bernard)

C’était pendant la campagne d’Espagne.

Le 8 janvier 1855, un arrêté du maire ionvite les administrés à faire des dons en nature pour « l’armée d’orient ». C’était pendant la guerre de Crimée (1854-1856).

Puis c’est la guerre de 1870-1871. Gustave Desjardins (3) permet d’évoquer des événements concernant le Vexin et même Villers en Arthies pour deux affaires. « Des coups de feu, tirés sur les soldats ou leurs chevaux, deviennent une source de revenu » pour l’occupant. Ainsi, sans préciser la date, l’auteur signale qu’on « réclame 1 000 francs pour un cheval tué à Villers en Arthies ». Nous avons trouvé cette affaire dans les registres des délibérations du conseil municipal. Il relate aussi un acte de cruauté : « Un jeune homme, accusé d’avoir mal parlé du clément roi de Prusse, est exposé , les membres écartés, sur une roue, pendant plus d’une heure, dans la cour du château de Villers. Quand on le détache, il ne peut plus se tenir sur ses jambes ; néanmoins, ses bourreaux qui ne l’ont pas assez torturé, l’entraînent à pied jusqu’à Avernes d’où ses parents ne peuvent le ramener qu’avec les plus grandes difficultés ».

Les troupes prussiennes « occupent fortement la rive droite de l’Oise (On est après le 30 septembre 1870), sillonnant de patrouilles les cantons de Marines et de Magny, plaçant leurs avant-postes le long de la rivière Epte, sur laquelle ils coupèrent les ponts de Bray et Lu et d’Aveny ».

Pendant ce temps, à Pontoise, le Tribunal continue à siéger. Il ose pendant l’occupation, condamner des habitants pour complicité de vol avec les « Allemands ». «  Il fait célébrer le 3 novembre la messe de rentrée et, pour s’y rendre, traverse la ville en costume devant l’ennemi ».

Le 23 janvier 1871, le conseil municipal contracte un emprunt de 6 000 francs pour faire face aux réquisitions des troupes prussiennes qui occupent la région. On ouvre aussi une souscription pour les blessés de guerre. Elle rapporte 284,50 francs et des dons en nature comme l’indique la délibération du conseil municipal du 9 avril 1871.

Dans celle du 30 juillet 1871, le maire signale qu’une amende a été infligée à la commune à cause de monsieur LABBE, cultivateur, qui a tué un cheval prussien. L’intéressé réclame à la commune un dédommagement car il avait fourni, sur réquisition du maire, une vache laitière qu’il estimait à 200 francs. Le conseil refuse de payer. Il considère que cette amende doit être payée par monsieur LABBE. Ce dernier attaque la commune en justice. L’affaire se terminera par une transaction entre la commune et le fautif lors de la réunion du 3 août 1871. Pour éviter de passer en justice au Tribunal de Mantes, on décide de rembourser 330,10 francs à monsieur LABBE alors qu’il réclamait cette fois 428,10 francs.

En 1872, le 15 septembre, le conseil vote un crédit de 30 francs pour les orphelins de guerre. Ce sont les suites de la guerre 1870.

En parcourant les registres de l’Etat civil, monsieur Dubar a noté de nombreux mariages durant l’année 1807 ; Etait-ce une précaution pour échapper à la « conscription militaire » ? Les « campagnes » se succédaient à cette époque : Austerlitz (1805), Iéna (1806), Friedland et Eylau (1807), Wagram (1809) …


La vie politique :

Le 21 mai 1848, la délibération commence ainsi : « Etaient présents les citoyens … ». Suivaient les noms du maire et des conseillers. Cette réunion était d’ailleurs « autorisée » par le « commissaire du département ». La révolution de février 1848 vient de chasser le roi des Français LOUS-PHILIPPE 1er . Nous sommes sous la 2e République.

L’année suivante, lors de la session de mai, on annonce le premier anniversaire de la proclamation de la République.

Cette seconde république aura la vie courte. Le 2 décembre 1852, par décret du même jour, c’est la proclamation du Second Empire avec NAPOLEON III.

Le 5 décembre, à l’occasion de la proclamation du Second Empire, le conseil est invité à voter un crédit pour les déshérités. Le crédit de 50 francs sera « réparti en nature et non en numéraire » suivant l’avis du « bureau de charité ». Le 12 décembre, à l’issue de la messe, à la porte de l’église, le maire donne lecture du décret du 2 décembre 1852, proclamant NAPOLEON III empereur.


Le 16 février 1868, le conseil crée des « ateliers de charité » pour des travaux d’utilité communale sur les chemins vicinaux. C’était pour lutter contre la misère et le « chômage » comme avec le « ateliers nationaux de 1848 ». Le 9 avril 1871, on offrira du travail « d’utilité communale » à 25 ouvriers nécessiteux.

En 1875, le 11 juillet, le conseil vote une subvention de 200 francs pour les sinistrés des inondations de la Garonne et ouvre une souscription à l’instigation de la femme du président de la République, madame MAC-MAHON.

Le 16 septembre 1892, la municipalité inscrit une somme de 25 francs à l’occasion de « l’anniversaire de la fête nationale ». C’était le centenaire de la proclamation de la première République le 22 septembre 1792

A l’occasion du séjour de l’empereur et de l’impératrice de Russie, un arrêté du maire, en date du 5 octobre 1896, invite les habitants à pavoiser leur maison.






III – LA VIE QUOTIDIENNE -


Ce sera toujours d’après les registres communaux. Nous la présenterons sous la forme d’un carnet de bord. Nous évoquerons, au passage, le « procès des Bruyères », la réglementation des cafés, cabarets et billards, la Garde nationale, les pompiers.

Le 31 août 1806, monsieur TROGNON Martin, dit Martinot est destitué par lettre du préfet pour des raisons non précisées. Monsieur Pierre PREVOST, cultivateur, est nommé aux fonctions de maire.

La même année, le 28 décembre, le conseil municipal choisit pour garde-champêtre, le sieur Louis CHARPENTIER, de Vienne. Il lui alloue un traitement de « 300 livres tournois », payable par les propriétaires usufruitiers et fermiers exploitants ».


Le 6 avril 1807, on nomme les membres du « bureau de bienfaisance » :

MARION Louis, desservant (Le curé). 

ROGER de VILLERS, propriétaire (sans prénom).

TROGNON Martin des Mares (la profession n’est pas indiquée).

FOURNIER Pierre, cultivateur.

DUMONTIER Jacques, cultivateur.

PREVOST Louis, président.


Par lettre du sous-préfet, le 15 mai 1808, monsieur Alexandre François ROGER de VILLERS, propriétaire, est nommé maire en remplacement de Pierre PREVOST.

Le 2 octobre, on engage des poursuites contre le sieur « DINET ou ses héritiers » pour les contraindre à acquitter une rente due au « bureau de bienfaisance ». On désigne le sieur BOULLENOT, « chargé de la procuration du bureau de bienfaisance », de faire « les poursuites nécessaires » même devant les tribunaux.

Le 11 mars 1810, monsieur Claude Eustache COMBAULT est nommé garde champêtre, « sa moralité étant irréprochable ». Il aura un traitement de 230 livres.

Dans la même séance, le conseil municipal règle la question des « biens communaux et de leurs revenus ». Messieurs ROGER de VILLERS, maire, Jean DAILLY, Thomas SEHEUT, BINAY, Martin NOYER, J.RICHOMME, Jean HUPPE, conseillers municipaux, et 21 habitants de Villers dont un certain nombre déclare ne pas savoir signer.

1811, le 23 mai, le préfet de Seine et Oise, comte de GRAVE, décide le chargement de tous les chemins vicinaux de Villers, soit toutes les routes avec, en plus, le chemin des Cavières et le chemin de « Morin » ( ?) à La Haute Goulée. Voici un extrait de la liste des chemins :

La grande rue de Villers de la fontaine jusqu’à la fin du territoire de «  Chaudrais » …recharger les ornières, remplir de pierres et conduire les eaux dans les fossés.

Le même chemin de la même fontaine conduisant à Magny…à donner à plusieurs endroits la largeur nécessaire et faire principalement un endroit où se rendent les eaux dans une ravine… 

Le chemin de Villarceaux à Maudétour.

Le chemin de l’église de Villers à Villeneuve…

(Il y en a 10 en tout)

Le 25 mai de la même année, a lieu un procès en Cour d’Assises de Versailles (4). Un arrêt contre Claude PIED, âgé de 31 ans, journalier, batteur en grange, né à Villers en Arthies, demeurant à Maudétour, le condamna à 10 années de réclusion et à être préalablement attaché au carcan sur la place des exécutions à Versailles. Il avait soustrait frauduleusement, pendant la nuit, du blé appartenant au sieur Thomas SARRAZIN, chez lequel il travaillait habituellement.

Le 5 juillet 1812, on se réunit en session extraordinaire, pour déterminer le nombre de moutons que les habitants peuvent envoyer paître sur le territoire de Villers.

Monsieur Dubar cite : « Curieusement, le conseil se réunit dans l’église paroissiale avec la participation de dix contribuables les plus imposés de la commune. Il est question du budget et des chemins. On discute au sujet de la « sente de la Loge, du chemin des Sables des Bruyères et de celui de la Grand Cour ». J’a i retrouvé cette délibération du conseil municipal à la date du 9 juin 1816.


Le procès des Bruyères :

Afin de bien comprendre l’affaire, nous suivrons l’ordre chronologique des délibérations.

Délibération du 22 décembre 1820 (suite à une lettre du sous-préfet en date du 11 décembre 1820): Les terrains appelés « Les Bruyères de Villers » seraient restés « indivisés » antre les 5 communes d’Ambleville, d’Omerville, de Villers, de Vienne et de St Cyr. Le conseil municipal considère que « depuis un temps immémorial », ils sont la propriété privée de « ceux qui en ont la possession ». Autrefois, ces terrains, dits des Bruyères de Villers, formaient des propriétés communales. Etant passé dans le domaine privé, les « possesseurs ne peuvent être poursuivis que par une action civile et individuelle ».

Délibération du 29 avril 1821 (suite à une lettre du sous-préfet en date du 14 avril 1821): « La commune ne peut plaider sans l’autorisation du conseil de préfecture. Les communes n’ayant formé aucune demande contre la commune de Villers, il est impossible de prévoir les motifs invoqués. Pourtant, le conseil municipal demande l’autorisation de plaider.

Délibération du 16 juin 1823 (suite à une lettre du sous-préfet en date du 14 juin 1823). Le compte-rendu de la séance comporte 6 pages. « Par exploit de DELANSE, huissier à Mantes, du 7 mai 1823, les habitants de Villers ont été assignés au Tribunal de Mantes par les habitants des communes d’Ambleville, d’Omereville, de St Cyr et de Vienne, en partage de 405 arpents 60 perches de terre au terroir de Villers et appelés de tout temps « Les communes de Villers » (Peut-être les communaux ou les communs ? C’est souligné dans le texte) et ce dans la proportion du nombre de feux de chaque commune… ».


La commune soutiendra ses habitants possesseurs de «200 hectares de terre qu’ils ont défrichés, mis en culture et en pleine valeur depuis plus de 30, 40 ou 50 ans, qu’ils ont en partie entourés de haies et fossés sur lesquels ils ont fait des plantations considérables, et qui attestent l’ancienneté de leur jouissance, sur lesquels ils ont fait encore des constructions importantes et dont ils paient les impositions… ».

Le conseil insiste sur le fait que les communes d’Omerville et d’Ambleville n’ont jamais exercé de droit de pâturage sur ces « biens communaux », que la commune de Vienne n’en a jamais joui à l’exception d’un « exploitant de la ferme principale appartenant à monsieur de VILLERS », qui y faisait paître ses moutons par suite du droit qu’avait son propriétaire.

Il rappelle les dates des défrichements réalisés par les habitants de Villers de 1770 à 1774.Il renouvelle sa demande d’autorisation de se défendre devant les tribunaux.

Quel a été le dénouement de ce procès ? Pas de réponse.


1824, le 27 juin, le conseil choisit Magny en Vexin pour bureau de poste.

Le 11 décembre 1825, encore les moutons ! Des habitants ont déposé une plainte pour les dégâts causés par les moutons. Le conseil confirme l’arrêté du maire du 15 août 1825, inscrit sur le registre des délibérations. C’est un arrêté de vaine pâture.

En 1825 (sans autre précision), Eugène Bougeâtre (5) signale une épidémie de typhus à Villers et à Vétheuil. Le docteur MAIGRE, médecin en chef à l’hôpital de Mantes, donne les causes de cette épidémie : les terrains humides, les eaux croupissantes, les cours à fumier, les expositions trop froides et le défaut d’aération des pièces d’habitation, la mauvaise boisson…


Le 9 septembre 1827, un projet de route, allant de Meulan à La Roche via Vétheuil, est rejeté car le chemin qui relie Villers à la route départementale est « impraticable ». La participation réclamée à la commune s’élevait à 2 116 francs.

Durant 1829, monsieur Dubar a noté une série de démissions de conseillers municipaux sans pouvoir en définir les raisons.

1830, le 9 mai, le conseil étudie le budget communal. Parmi les décisions, notons :


Traitement du garde champêtre

200 francs

Traitement du desservant (le curé)

200 francs

Location du presbytère

75 francs

Location de l’école

30 francs


Le maire, Alexandre François ROGER de VILLERS, donne sa démission. Le 3 octobre, les conseillers se réunissent à la suite de l’arrêté du préfet de Seine et Oise. Monsieur Georges Melon TROGNON est élu maire et il prête serment au roi des Français.

19 mai 1833, Félix PETIT devient garde champêtre. Son traitement s’élève à 200 francs. On veut lui adjoindre 2 gardes auxiliaires non rétribués pour la surveillance des récoltes lors de la réunion du 30 juin. Il ne sera retenu qu’un nom et, encore, il sera contesté.

A plusieurs reprises, en 1836, le conseil se préoccupe de la réparation des routes, des «  corvées de transport des cailloux par charrette et des journées des travailleurs ».

Monsieur Théobald ROGER de VILLERS (Charles Marie Thibault dit Théobald), demande, le 13 février 1842, l’autorisation de faire construire une grotte sur la tombe de sa femme au cimetière.

Le 30 juin 1844, à la suite de la circulaire préfectorale, on crée un « dépôt de mendicité » et on vote un crédit de 100 francs qui sera annulé lors de la réunion du 6 novembre 1844, à la suite du refus du préfet.

Le conseil décide, le 21 février 1847, de remettre « en état de viabilité » le chemin de Meulan (Villers, Villeneuve, Le Tremblay) et celui de Vernon (Les Mares, Le Grand Chemin, St Léger).

Le 18 août 1850, on désigne deux habitants pour être portés sur la liste des jurés à tirer au sort. Armand TOUTAIN et ROGER de VILLERS (sans prénom) sont désignés.

On décide, le 29 août 1852, de procéder à la réfection du «lavoir et de l’abreuvoir » qui se trouvaient sur la place du village 

Un arrêté du maire, daté du 22 avril 1859, accorde à monsieur ROGER de VILLERS Victor (*), vicomte, l’alignement sur le chemin de Château-Gaillard (5m de large) et la sente de la Garenne (Chaudray) à Villeneuve (3m) pour lui permettre de construire un mur. La ferme de Villeneuve faisait partie des biens des ROGER de VILLERS.

(*) Victor était l’un des fils d’Alexandre Marie ROGER de VILLERS, décédé en 1828, et de Jeanne-Adelaïde TITON qui épousa en secondes noces le célèbre médecin Joseph Claude Anthelme RECAMIER.


De 1872 à 1888, on note plusieurs « battues aux sangliers » (avec 16 fusils les 6 et 7 février 1872). L’arrêté du maire précise que « toute pièce abattue sera partagée également entre les chasseurs et les rabatteurs ».

Il est institué un marché aux fruits à partir du 1er janvier 1876. Il se tiendra tous les jours pendant le temps de la récolte. Lors de la réunion du 8 août 1875, le maire explique la décision : « La culture des arbres fruitiers et, particulièrement celle du cerisier, a pris … une extension considérable ».

En 1880, à nouveau, le cimetière est à l’ordre du jour. Il y a des arbres fruitiers et la récolte des fruit prête à discussion. Le 16 mai, le conseil décide l’arrachage des arbres. L’année suivante, le 13 mars, on annonce la vente aux enchères du bois entassé dans le cimetière.

La même année, il est question de vaine pâture. L’arrêté du maire du 14 avril, interdit de faire paître « les moutons, vaches, chèvres, ânes et chevaux » jusqu’à l’enlèvement complet des récoltes.

Un orage violent a eu lieu le 15 juillet 1882 ; Une indemnité de 2 722 francs est versée à l’arrondissement de Mantes. Le conseil arrête la liste des plus nécessiteux soit : DELAHAYE Simon, TRUFFAUT Léon, COLMAS Louis, PREVOST Julien, LAMANE Louis Auguste, PALLUET Moïse fils, TROGNON Edouard.

Un arrêté du 19 avril 1885 concerne la rage : « La rage constatée chez les animaux de quelque espèce qu’ils soient, entraîne l’abattage qui ne peur être différé sous aucun prétexte ».

Dans un autre registre, le 8 mai, Auguste Louis PLANCOUARD, épicier, déclare son dépôt réglementaire d’essence et de pétrole destinés à la vente.

Le 28 janvier 1888, le registre mentionne une séance de « tirage au sort, à Magny, pour désigner les jeunes gens appelés au service militaire ». On devait tirer le « bon numéro » pour être exempté.

On crée un « bureau de bienfaisance » le 28 mai 1893.

De la réglementation :

Nous avons décidé de transcrire 3 arrêtés du maire concernant la « police des cafés, cabarets et billards» ainsi que la célébration des fêtes et dimanches, pour montrer la rigueur ou les contraintes, mais aussi pour suivre l’évolution de la société civile.


Police municipale : arrêté du 30 juillet 1821


Le maire de la commune de Villers en Arthies,

Vu la circulaire de monsieur le préfet en date du 25 avril 1819,

Vu la Loi du 18 novembre 1814 relative à la célébration des fêtes et dimanches,

ARRETE :

Art.1 – Les cabarets, cafés et billards existants dans cette commune seront fermés à 10 heures du soir depuis le 1er avril jusqu’au 1er octobre et à 9 heures depuis le 1er octobre jusqu’au 1er avril (Loi du 24 août 1790 ; titre II, art. 2).

Art.2 – Il est expressément défendu à tous cabaretiers et maîtres de cafés, billards et autres lieux publics de donner à boire, à manger ou à jouer les dimanches et fêtes pendant le temps de l’office divin (Loi du 18 novembre 1814).

Art.3 - Les danses et jeux d’adresse et autres divertissements qui ont lieu sur la place publique de cette commune, ne pourront commencer qu’après l’office divin (Loi du 18 novembre 1814).

Art.4 – Il est défendu les dimanches et fêtes aux marchands établis en cette commune d’établir et de vendre les volets des boutiques ouverts,

Aux colporteurs et étalagistes de colporter et d’exposer en vente leurs marchandises dans les rues et places de cette commune pendant le temps de l’office divin, 

Aux charretiers et voituriers, employés à des services particuliers, de faire publiquement des chargements,

Et aux artisans et ouvriers de travailler extérieurement et d’ouvrir leurs ateliers (Loi du 18 novembre 1814).

Art.5 – Sont exemptés de la défense portée au précédent article, les meuniers et les ouvriers employés à la moisson et autres récoltes.

A l’égard des ouvriers occupés à des travaux urgents de l’agriculture, des constructions et des réparations motivées par un péril imminent,

Ils devront pour pouvoir vaquer à ces travaux les dimanches et fêtes en demander la permission au maire de la commune (Loi 18 novembre 1814).

Art.6 – Il est expressément défendu d’établir ou tenir dans les rues, chemins, places ou lieux publics de la commune des jeux de loterie et autres jeux de hasard (Code pénal, livre IV, art.475, n°5).

Art.7 – Toute exposition de chansons, pamphlets, figures ou images contraire à la religion et aux bonnes mœurs est défendue (Code pénal ; livre II, art.287).

Art.8 – Quiconque ne se conformera pas au présent arrêté et qui contreviendra à ses dispositions, sera poursuivi et puni conformément aux Lois et règlements de police.

Arty.9 – Le présent arrêté sera soumis à l’approbation de monsieur le préfet.

Signé : Le maire ROGER, comte de Villers, Alexandre François.


Arrêté du maire du 8 janvier 1835


Le maire de la commune de Villers en Arthies,

ARRETE :

Art.1 – Les cabarets, cafés et billards existants dans la commune, seront fermés à 10 heures du soir depuis le 1er octobre jusqu’au 1er avril et à 11 heures du soir depuis le 1er avril jusqu’au 1er octobre.

Art.2 – Quiconque ne se conformera pas au présent arrêté et qui contreviendra à ses dispositions, sera poursuivi et puni conformément aux Lois et règlements de police.

Art.3 – Le présent arrêté sera soumis à l’approbation de monsieur le préfet de l’arrondissement de Mantes.

Signé : G. TROGNON



Extrait de l’arrêté du maire du 25 décembre 1848


Art.1 – Les cabarets, cafés, billards et bals existants ou pouvant exister dans cette commune, seront fermés à 10 heures du soir pendant toute l’année.

Art.2 – Il est défendu de troubler le repos public soit par des cris dans la rue, soit avec des instruments de quelque nature que ce soit.

Art.3 – Il est défendu de se couvrir avec un faux visage et se masquer avec quoi que ce soit pendant la nuit.

Art.4 – Il est défendu de tirer aucune arme à feu dans les rues, places publiques sans une permission des notre part.

Art.5 – Il est défendu de chanter dans les lieux publics des chansons contraires aux mœurs…

Signé : FOURNIER


On remarque que la célébration des fêtes et dimanches n’est plus réglementée et que les interdits semblent plus logiques.

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La Garde nationale :


Les registres des délibérations du conseil municipal contiennent aussi des délibérations de la Garde nationale.


La Garde nationale, milice civique créée en 1789, préposée au maintien de l’ordre, a eu un bataillon à Villers.

Le 17 avril 1831, Georges HARANGER, Chevalier de la Légion d’Honneur, est commandant du bataillon. Jean Etienne HARANGER est lieutenant. Le sous-lieutenant se nomme Quentin TROGNON. Daniel LE MAITRE est le porte-drapeau. Ils prêtent tous serment au roi.

Cette Garde nationale comprend encore un sergent-major, un sergent fourrier, un armurier, des sergents et des caporaux. Tous doivent prêter serment.

Nicolas Georges HARANGER, certainement celui qu’on nomme en 1831, est promu au grade de chef de bataillon le 1er juillet 1832.

Le 27 juillet 1834, Martin BINAY, nommé capitaine de cette Garde, prête serment à son tour.

C’est aussi le cas pour le porte-drapeau, EDELINE Antoine, le 5 novembre 1837.

Dans un arrêté du maire du 15 février 1868, on lit : « Les hommes, célibataires ou veufs, sans enfants à charge, des classes 1864, 1865, 1866, font partie de la Garde nationale mobile ». La durée du service s’établissait ainsi : « 4 ans pour ceux de 1864, 3 ans pour ceux de 1865, 2 ans pour ceux de 1866 ».

Ensuite, plus de trace de cette Garde nationale. A-t-elle été dissoute ? A-t-elle eu des registres de délibérations particuliers ? Nous n’avons rien trouvé.


Les pompiers :


Ne parlons pas du « service incendie », mais des sapeurs-pompiers. Ces sections de sapeurs-pompiers étaient soumises à un entraînement physique et à une discipline militaire. En 1956, il y avait encore, sur la gauche de la marie, un portique métallique, vestige des « exploits sportifs de ces valeureux soldats du feu » qui participaient aussi à des concours intercommunaux. D’ailleurs, il existe en mairie quelques « trophées » qu’ils ont gagnés.


La délibération du conseil municipal du 17 février 1839 concerne l’organisation d’une compagnie de sapeurs-pompiers et l’acquisition d’une pompe à incendie. Cette pompe causera beaucoup de soucis. Le 17 novembre 1850, le conseil décide d’acheter une autre pompe à incendie (coût : 800 francs). Le 11 novembre 1872, on décide de construire un bâtiment pour loger une nouvelle pompe. Un crédit de 280 francs est voté pour cette opération le 9 mars 1873. La pompe ne sera pas achetée. Le 7 juin 1875, on apprend que le bâtiment a été « déjà construit ». Ce même jour, c’est une autre pompe qu’on choisit. Son prix s’élève à 1 103,50 francs. Les ressources sont insuffisantes : il manque 305,50 francs malgré les 600 francs du budget et un secours de 200 francs de la Société d’assurances mutuelles. L’année suivante, le 6 août, la municipalité doit procéder à l’échange avec une pompe « plus puissante ». C’est un supplément de dépenses de 170 francs.


Nous avons trouvé un ancien livre de comptes de cette compagnie de sapeurs-pompiers : des comptes, des états, des listes de membres de mars 1820 à 1945, des comptes de 1820 à 1955, très sommaires vers la fin.

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IV – L’EGLISE – LA PAROISSE -


Les registres du conseil de Fabrique de la paroisse et ceux du conseil municipal vont permettre de suivre la vie religieuse, mais aussi les soucis matériels.


En juillet 1801 (An IX), BONAPARTE et le pape PIE VII signent un concordat. Une rente est versée au clergé. Cette rente cessera d’être accordée vers 1830.

(D’après le B.P. n°36 de décembre 1926)

1807, le 1er octobre, on fait un inventaire des biens de l’église : « Un calice dont une coupe en argent doré et un pied de cuivre argenté, produit d’une quête de 1806, un ciboire de cuivre argenté, une petite custode d’argent doré pour mettre une hostie, une croix de procession en cuivre argenté (quête de 1804), un encensoir et une navette en cuivre argenté (quête de 1803), un bénitier de cuivre et son goupillon, un soleil de cuivre argenté, un croissant d’or… ».

(D’après le registre du conseil de Fabrique)

De son côté, le conseil municipal met en adjudication, le 3 mai 1807, des travaux à faire à l’église « attendu qu’elle tombait en dépérissement ». Le devis prévoyait « 3000 tuiles pour la couverture d’ardoises (?) » et main d’œuvre pour un total de 207 francs. Le sieur Jacques BOUTIGNON, maçon, est adjudicataire. Le 7 mai, « à l’issue des vespres, une sous enchère » permet à Jacques BOUTIGNON d’enlever le marché.

Il faut remplacer la cloche en 1808. « Il est vendu à monsieur de VILLERS par le sieur LE HIDEUX, demeurant 17 rue St Martin, en face de la fontaine Maubuer (Maubert sûrement) à Paris, une cloche et son battant pesant 485 livres à raison de 38 sols la livre ». La cloche cassée est donnée en échange. Monsieur de VILLERS paye l’excédent.

(Le 8 juin d’après le registre du conseil de Fabrique des années 1807 à 1873)

On cite Louis MARION, curé de Villers, le 6 avril 1807. C’est pendant son ministère qu’on décide de réparer, le 16 janvier 1814, le pignon du portail, deux piliers de la chapelle de la vierge, les « pattes de voûtes ». On fait des travaux dans le cimetière. Le conseil municipal ouvre un crédit de 300 francs. Le 13 février, Eustache PIPERA est sous adjudicataire pour la somme de 278 francs.

Monsieur de VILLERS obtient, en août 1825, l’autorisation de construire une tribune « dans la largeur de l’église, au-dessus du portail, avec un escalier extérieur dans une tourelle ». (D’après le registre du conseil de Fabrique)

Une anecdote curieuse figure dans le registre du conseil de Fabrique à la date du 1er février 1831 : « …Attendu que M. F…. , curé de Villers, quitta la paroisse le 25 ou 26 janvier 1831 sans prévenir les autorités ni mettre aucun ordre dans ses affaires…, il a été reconnu redevable envers la Fabrique de la somme de 65 francs provenant des quêtes et honoraires ».

(Même référence que ci-dessus)

En 1830, le 7 février, le maire déclare urgent de réparer la chapelle de la vierge qui « menace de tomber en ruines et est un danger public ». Ce sera fait en 1833 par l’entrepreneur VARIN de Rosny. Le devis s’élevait à 1 796,35 francs.

En 1836, le 11 décembre, monsieur ROGER de VILLERS sollicite un titre de propriété pour la tribune qu’il a fait construire. Il obtient l’accord du conseil de Fabrique.

(D’après le registre du conseil de Fabrique)

« L’église est en mauvais état ». C’est la couverture de l’église et l’extérieur que le maire veut faire réparer d’urgence.

Le 18 décembre 1842, le conseil municipal souhaite utiliser les 200 francs de secours du Roi pour payer les « travaux (non précisés) exécutés à l’église ».

Le 19 novembre 1848, c’est maintenant le clocher qu’il faut réparer. On vote un crédit de 400 francs le 26 novembre et on réclame un secours du Roi de 200 francs.

En 1857, le 5 avril, on érige et on bénit le chemin de croix.

Le 5 janvier 1862, on fait un nouvel inventaire : « …une grande statue de la vierge, 4 statuettes, 2 bannières à l’autel de la vierge, une grande statue de St Martin, un reliquaire, une croix de procession, une bannière… ».

(D’après le registre du conseil de Fabrique)

Le 8 octobre, on envisage de refaire le carrelage.

Le 14 du même mois, monsieur de VILLERS voudrait construire, à ses frais une nouvelle tribune pour les sœurs et les filles, dans la « petite nef ». Le conseil municipal avait déjà étudié, le 8 juin 1862, la demande de monsieur de VILLERS, déposée le 28 février, pour « la construction d’une tribune pour placer les orphelines et les élèves des sœurs».

1868, le 6 novembre, le conseil accorde une subvention au conseil de Fabrique pour l’entretien de l’église et du presbytère. C’était pour payer la facture du sieur DUPRE :


Mémoire du sieur DUPRE

67,50 francs

Solde du crédit voté

32,50 francs

Total

100,00 francs


Le 25 mai 1872, le registre des délibérations de la confrérie de St Martin (des années 1831 à 1893) mentionne l’achat d’un corbillard «  pareil à celui de Chaussy ».

En 1873, le 10 août, le conseil doit encore réparer le clocher (coût 3 036 francs). Le département accorde une aide de 900 francs le 9 août 1874.

Le 12 juillet 1886, c’est la sacristie qu’il faut remplacer car elle est trop étroite et trop humide (Devis : 1 200 francs). On achève les travaux en 1887. La date est marquée au-dessus de la porte à l’extérieur.

On décide de restaurer un pilier et le portail de l’église le 1er novembre 1893.


V – LA MAISON des SŒURS


Première donation – Dans sa séance du 14 mars 1847, le conseil municipal donne un avis favorable à la donation de Marie Geneviève Louise Hortense de MONGINOT, veuve de monsieur François Alexandre ROGER de VILLERS, demeurant à Paris, rue Grand Saint Germain n°104, à la congrégation des sœurs des écoles chrétiennes établie à Versailles…suivant actes passés devant maître BENARD, notaire à Versailles, le 7 août 1846 ; l’autre, devant maître FOUCHET, notaire à Paris, le 24 novembre 1846.

Il s’agit de deux maisons et de trois rentes.


Seconde donation – Lors de la séance du 23 juin 1852, le conseil donne un avis favorable à la donation de madame veuve de LAUGIER de BEAURECUEIL, aux sœurs de Saint Vincent de Paul pour «  y établir et y maintenir à perpétuité trois sœurs pour diriger une école de filles et soigner les malades». L’acte a été passé par devant maître LEFORT, notaire à Paris, le 19 septembre 1851. Trois sœurs sont citées : Adélaïde LUSARDY, Ursule BORIER, Marie GRENIER.


Le décret impérial du 17 août 1853 établit la « Maison des sœurs ». On précise le nom et le prénom de la donatrice : Marie-Antoinette de MONGINOT de BEAURECUEIL. C’est la sœur d’Hortense de MONGINOT.


La Maison des sœurs St Vincent de Paul

D’après Louis Guibourgé, curé de Villers

(B.P. n°30 de juin 1926)


« Elle fut officiellement établie à Villers par un décret en date du 17 août 1853.


NAPOLEON III, par la volonté nationale empereur des Français, sur le rapport de notre Ministre, vu la Loi du 15 mars 1850 sur l’enseignement, avons décrété et décrétons ce qui suit :

Art.1er – La Congrégation des Sœurs de la Charité, dite Saint Vincent de Paul, est autorisée à fonder à Villers en Arthies, un établissement de sœurs de son ordre qui, à perpétuité, instruiront gratuitement les jeunes filles et visiteront les malades indigents de la commune.

Art.2 – La supérieure générale de la Congrégation est autorisée à accepter la donation faite à cette Congrégation par la dame Marie-Antoinette de MONGINOT de BEAURECUEIL, suivant acte notarié du 19 septembre 1851, et consistant en une maison avec son mobilier et divers terrains et autres dépendances situées à Villers en Arthies ».

Fait au Palais de Saint-Cloud, le 17 août 1853

Signé : Napoléon



Le 8 juin 1862, le conseil étudie la demande de monsieur de VILLERS, déposée le 28 février ­1862, déjà approuvée par le conseil de Fabrique à cette même date. Le demandeur veut construire une tribune dans l’église pour placer les « orphelines et les élèves des sœurs ». Le conseil municipal émet un avis favorable, mais se réserve le droit d’obliger monsieur de VILLERS à ouvrir « une ou deux croisées sous la tribune si besoin en est ultérieurement jugé ».

Cette condition est reprise lors de la réunion du 19 octobre. La délibération précise alors que la tribune sera dans la nef (En réalité, dans le bas-côté), depuis la tribune existante jusqu’au premier angle de la chapelle St Martin ; L’entretien restera à la charge de la famille de VILLERS.


Réunion du conseil municipal du 2 décembre 1877 : Suite aux « plaintes verbales des pères de famille », les conseillers municipaux demandent que les conditions soient respectées. Les filles du village doivent avoir une institutrice différente de celle des orphelines…


Réunion du 16 juin 1878 : On approuve le projet d’agrandissement de la propriété des sœurs.


C’est l’abbé GUIBOURGE qui nous permet d’évoquer ces sœurs. La première supérieure fut sœur PLEAUX, à qui succéda sœur VICAL durant 50 ans et qui agrandit la « Maison » avec le concours de Charles ,Marie Thibault ROGER de VILLERS, celui qu’on appelait Thiébault et qu’on prénommait Théobald. Cette Maison put recevoir jusqu’à 100 orphelines. Une sœur Vincent s’occupa de « l’asile », une soeur Thérèse fut maîtresse. Il y eut aussi sœur Philomène, sœur DESMOULINS et sœur Marguerite. Cette dernière possédait un « remède souverain, fait de je ne sais quelle eau mystérieuse ». Que guérissait-elle ? Mystère !

(D’après le B.P. n°30 de juin 1926 et n° 59 de novembre 1928)


Une délibération en date du 27 mars 1870, donne le nombre des orphelines : le maire déclarait : « …considérant que Villers possède un orphelinat qui compte 115 élèves… ».


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VI – LES CHATELAINS -


Le fils aîné de ROGER de Gadancourt, comte de Villers, ROGER de VILLERS Alexandre François, épouse en premières noces Catherine VERNAY, fille de Jean-Baptiste VERNAY, écuyer, seigneur de Chédeville, puis en secondes noces Hortense de MONGINOT. Les cinq enfants qu’il a eus de sa deuxième femme, meurent en bas âge. De sa première union, (contrat signé à Versailles le 6 septembre 1786) naît Alexandre Marie qui ne lui succédera pas. Alexandre François fut maire de Villers de 1807 à 1830. Il décéda à Villers le 13 mai 1842 à l’âge de 83 ans.

(D’après les articles signés R.D.V. des 27 décembre 1933 et 3 janvier 1934, parus dans le journal « Le Petit Mantais », le registre des délibérations du conseil municipal et le registre de l’Etat civil)


« En 1830,  monsieur de VILLERS menait, en son château, une existence intermédiaire aux gentilshommes et aux paysans…plus rural que citadin, il était assez dissemblable de sa jeune femme Jeanne-Adélaïde TITON, née en 1793. (*) Le docteur Sauvé (6) note à ce propos que Jeanne-Adélaïde sauva, en quelque sorte, la vie de sa mère qui ne fut pas exécutée parce qu’elle était enceinte, précisément de cette fille en 1793.


(*) Qui était ce monsieur de VILLERS ? Certainement pas Alexandre François qui s’était bien marié deux fois, mais pas avec Jeanne-Adélaïde TITON.


R.D.V. poursuit dans son article : « madame de VILLERS appartenait à une ancienne famille de noblesse de robe. Un de ses ancêtres, Evrard TITON, fut avocat au Parlement…puis capitaine de dragons, commissaire des guerres en 1704 en Normandie…Au surplus, il avait écrit une histoire des principaux auteurs français ‘Le Parnasse François’».

Le docteur L. Sauvé (6) ajoute : « Il laissait une veuve chargée de quatre enfants et un peu gênée. Elle se retira à Paris et prit l’habitude de consulter pour ses enfants le docteur Joseph Anthelme Claude RECAMIER ». (**)

Au bout de quelques années, madame de VILLERS épousa le docteur RECAMIER. De cette union naquirent deux fils : Etienne et Max.


(**) Qui est cette jeune veuve ? Qui la laissa veuve ? Le docteur Sauvé confirme que madame de VILLERS, née TITON, a bien épousé le docteur RECAMIER en secondes noces. «Madame de VILLERS avait quatre enfants : Théobald avait 17 ans, Louis 15ans, Marie en avait 12 et Victor 10 ».

Madame Sylvie ROGER de VILLERS confirme que Jeanne-Adélaïde TITON était l’épouse d’Alexandre Marie ROGER de VILLERS, décédé en 1828. (C’est là que la date de 1830 citée par R.D.V. semble inexacte)

« Théobald de VILLERS se maria jeune à Alençon. Louis entra au « Borda » et fut officier de marine. Marie mourut jeune à vingt ans et Victor se maria et se fixa à Gand (en Belgique), près de ses beaux-parents ». Quant aux enfants RECAMIER, Etienne fut un savant numismate et Max devint militaire, puis général.


Charles Marie Thibault, comte de Villers, fils d’Alexandre Marie ROGER de VILLERS (1790-1828), succéda à son grand-père. On le prénomme tantôt Thiébault, tantôt Thibault, le plus souvent Théobald. Il permit, selon toute vraisemblance, l’agrandissement de la « Maison des sœurs  St Vincent de Paul».

Il a été maire de Villers du 25 août 1852 au 8 juin 1856. Son adjoint, monsieur TOUTAIN, maire par intérim, est cité dans une délibération du 27 avril 1856.

A Charles Marie Thibault succéda Georges Alexandre Marie ROGER de VILLERS qui épousa, en premières noces, Marie Charlotte Elisabeth MEURINE, morte le 30 mars 1871, puis, en secondes noces, Henriette Louise Pauline PREVOST de LONGPERIER, fille d’Adrien PREVOST de LONGPERIER, commandeur de la Légion d’Honneur, membre de l’Institut, conservateur des Antiques au musée du Louvre.

Leur contrat de mariage fut dressé par maître TURQUET, notaire à Paris, le 9 mai 1874. Il est décédé à Meslin, commune de Lagny le Sec, le 13 mai 1902.

(Toujours d’après R.D.V.)


VII – L’ECOLE – L’INSTRUCTION -


C’est d’après l’étude « Sur le chemin des écoles » (7) que nous allons suivre la vie scolaire.

Dès 1839, on lit dans le registre des délibération du conseil municipal : « …réuni à la Maison d’école-mairie, lieu habituel des réunions… ». L’école et la mairie ne devaient être qu’une même salle. C’était une maison appartenant monsieur ROGER de VILLERS située au lieudit « Le Haut du Village », comme nous le verrons plus loin.

La population scolaire était variable : 45 élèves en 1842, 40 en 1850. En outre, l’école n’est pas obligatoire et les parents doivent payer une « cotisation ».

Monsieur Dubar cite : « En 1850, La délégation cantonale comprend d’importantes personnalités : le duc de LA ROCHEFOUCAULD, messieurs G. de MAGNITOT, ROGER de VILLERS, de BOURY, M. FEUILLOLEY, conseiller général, messieurs MALICE, FOURNIER, QUATRELIVRE, instituteurs retraités, maître BASSET, notaire, le docteur GAUTHIER, M. ARNAULT, ancien juge de paix et propriétaire à Vétheuil, M. CHAMPY et l’abbé ESNOT, curé doyen à Magny ».

On ne devait se pas soucier du confort des élèves et de l’instituteur. On vote l’achat d’un poêle le 17 février 1850 - On peut souhaiter qu’il y en ait eu un avant- et on propose un crédit de 45 francs pour l’amélioration du matériel scolaire le 13 avril 1853. Les instituteurs (Un tableau les récapitulera en annexe) ne restaient pas très longtemps, certains passaient même à l’allure d’un météore, quelques mois. De 1807 à 1897, on relève 18 noms (certains ont pu être oubliés ou n’ont pas été inscrits).

Le 21 août 1898, on demande un instituteur secrétaire de mairie en remplacement de l’institutrice à qui on ne reproche rien, bien au contraire.


1853, le 21 février, un arrêté du maire invite les parents à assurer une fréquentation régulière de leurs enfants. Ils pourront bénéficier de la réduction d’un cinquième de leur cotisation.

Le 22 mai, le comte ROGER de VILLERS donne congé à la commune, à compter du 1er janvier 1855, pour la maison qu’il louait et qui servait d’école.

Le 11 septembre, le maire obtient la promesse de vente orale d’un terrain de 12 ares 77 centiares, appartenant à madame GORGE Marie Victoire, veuve LEVESQUE, pour la somme de 1 000 francs. Plusieurs projets de construction d’une école sont déposés. Finalement, le 9 novembre 1856, la commune est obligée de louer une maison à Villeneuve pour servir d’école à compter du 1er janvier 1857.

Le 20 août 1854, le préfet invite le conseil à acheter un buste de l’empereur NAPOLEON III pour l’école (coût : 50 francs).


Le 8 février 1857 : « Les travaux de construction de l’école sont très avancés ». On vote un emprunt et la création d’impôts extraordinaires.

On envisage, le 22 août 1858, de planter des tilleuls dans la cour.




Le 10 février 1860, on décide le nivellement de la cour, l’assainissement de la cave et la construction d’une citerne d’eau potable. La mairie-école sera terminée en 1860. C’est le bâtiment de la mairie actuelle. On donne, le 18 novembre 1860, le bilan des travaux de construction : 9 280,41 francs.

En 1864, le 20 novembre, le conseil est invité à créer une « fête de fin d’année avec distribution des prix ». Cette fête, organisée grâce à la « générosité de la comtesse » existait déjà. Les conseillers décident de conserver cette tradition.

Le 19 août 1867, il vote un crédit de 30 francs pour l’achat de mobilier de l’instituteur. Il rappelle en même temps son vote de 30 francs pour le chauffage et l’éclairage de l’école, en date du 19 mai dernier.

Le 26 octobre, il crée un cours gratuit pour les adultes. Ce cours comporte trois divisions : la lecture et l’écriture, l’orthographe, l’arithmétique avec problème d’escompte et d’intérêts et la géométrie.

De 1881 à 1886, ce sont les lois scolaires de Jules FERRY : école publique, gratuite (1881), laïque et obligatoire pour les garçons et les filles de 6 à 13 ans (1882).

Une caisse des écoles est créée le 18 mai 1882. Les garçons fréquentent l’école communale, mais les filles vont à l’école des sœurs.

Dans un arrêté, le maire rappelle la loi du 28 mars 1882 qui fait obligation scolaire pour les enfants des deux sexes de 6 à 13 ans.

On procède à la réfection de la cour de l’école en1884.

Le conseil étudie, le 2 juin 1887, le projet de construction d’une nouvelle école. Des réunions, des démarches, des devis se succèdent pour aboutir à la construction de la classe actuelle en 1892. Le mémoire définitif est déposé le 6 octobre et s’élève à 11 314,95 francs.

Le 14 juin 1891, l’école a été classée « école mixte », ce qui conduit à nommer une maîtresse de couture le 14 février 1894.


VIII – LES METIERS -


La lecture des registres de l’Etat civil nous renseigne sur les professions. C’était une grande majorité de métiers de la culture et de l’élevage (laboureur, charretier, batteur, charron, maréchal-ferrant, manouvrier…).

On pourrait dire que tous les métiers étaient représentés dans le Pays d’Arthies depuis le couvreur en chaume jusqu’au seigneur, en passant par le « cercellier », le bedeau, le « thuilier », le casseur de pavé, l’échalasseur, le coquetier (Le marchand d’oeufs et de volaille. L’un est cité en 1832 à Villeneuve)… sans oublier les vignerons et les métier de la vigne et du vin.

Les femmes étaient domestiques, couturières ou nourrices.

Beaucoup de laboureurs exerçaient souvent un second métier pour assurer une maigre subsistance à leur famille.

Il y avait encore à Villers un facteur de meules à moulin. C’était le premier métier de Christophe OZANNE, le guérisseur de Chaudray au XVIIe siècle.

La tradition rapporte qu’il a eu à St Léger, une tuilerie et même une poterie. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a eu une sucrerie. En outre, un état des chemins ruraux du 11 juillet 1858 indique l’existence d’un tuilerie à l’intersection des C.R. n°54 (Il traversait la ferme des Mares) et du C.R. n°56, conduisant à La Goulée. Ces deux chemins sont aliénés aujourd’hui.

Il est encore fait allusion à la tuilerie dans une délibération du 23 mai 1811, concernant une liste de 10 chemins à réparer. Le 7e était ainsi défini : « Chemin qui part de la fin du territoire de Villers du côté de Chérence près de La Goulée, passe par la tuilerie de Villers, traverse la route de Mantes, suit le long de la ferme du Grand Chemin et monte sur les Bruyères et passant près de St Léger et conduit à Arthies » (8).


- NOTES ET REFERENCES -