VILLERS en ARTHIES







des écoles …


Jean ROCHEFORT









VILLERS en ARTHIES

Sur le chemin des écoles

Histoire des écoles et de l’instruction


Il n’existe pas d’archives propres à l’école mais on peut reconstituer une histoire presque continue d’après les registres des délibérations du conseil municipal et ceux des arrêtés du maire. Ces derniers datant de 1807, c’est 180 années de l’instruction à Villers en Arthies que l’on va vivre presque au jour le jour.


*****************


Dès 1839, on note au début de chaque délibération du conseil municipal : « …réuni à la Maison Ecole - Mairie, lieu habituel des réunions…». Il semble que l’école et la mairie ne devaient être qu’une seule bâtisse, voire même qu’une seule salle. En effet, les réunions avaient presque toujours lieu le dimanche toute l’année à quelques exceptions près en juillet et en août.


La fréquentation scolaire était très irrégulière car l’école n’était pas obligatoire. Les enfants devaient souvent aider leurs parents dans leurs travaux. En outre, l’école était payante.

Les effectifs théoriques étaient importants :

Inscrits :

En 1842 45 élèves

En 1845 46 élèves dont 6 indigents

En 1849 45 élèves

En 1850 40 élèves dont 5 indigents

Mais en 1850, il n’y a que 32 élèves qui fréquentent régulièrement la classe. Après 1850, on ne retrouve plus de nombre précis mais il est fait mention, chaque année, du choix par le conseil municipal, en accord avec le curé, des 6 élèves admis gratuitement.


Le confort dans la classe ne devait pas être le souci premier. On note cependant l’achat d’un poêle pour l’école le 17 février 1850.


1853 : C’est, semble-t-il, une année importante.


D’abord, le conseil vote un crédit de 45 francs pour l’achat d’un matériel scolaire plus décent dans sa séance ordinaire du 13 février 1853.

Lors de la même séance, le maire invite les parents à faire inscrire leurs enfants et, surtout, à assurer leur fréquentation régulière afin de bénéficier d’une réduction de leur cotisation d’un cinquième.

Le 22 mai 1853 : Le maire reçoit une lettre de monsieur ROGER de VILLERS Victor dans laquelle il donne « congé à la commune pour une maison lui appartenant, située au haut de Villers, et les dépendances qu’il loue à ladite commune pour faire une maison d’école, voulant la faire valoir lui-même à partir du 1er janvier 1855 ». On imagine le maire de l’époque cherchant une nouvelle école!

Le 11 septembre 1853 : Nouvelle réunion. Le maire annonce qu’il a obtenu la promesse verbale de madame Marie Victoire GORGE, veuve LEVESQUE, propriétaire demeurant à Vétheuil, de vendre à la commune une pièce de terre sise sur le territoire de Villers, cadastrée A 695, de 12 ares 77 centiares, pour la somme de 1 000 francs, ceci pour la construction d’une «  Maison d’école et d’une salle de mairie ».

Un devis est présenté


DEPENSES



Acquisition du terrain


1 000 francs

Contrat, frais divers


250

Construction


7 000

Intérêts


2 142


Total

10 392

RECETTES



Subvention de l’Etat


1 500 francs

Imposition extraordinaire


8 892 (1)


Total

10 392

(1) L’imposition extraordinaire est calculée au taux de 20 centimes par franc au principal des 4 contributions directes.


Acheter un terrain, construire une école, mais il faut d’abord effectuer, comme de nos jours, toutes les démarches administratives et, en particulier une enquête. Le 28 mai 1854, un arrêté du maire prescrit une enquête commodo et incommodo pour l’acquisition d’un terrain (celui de madame LEVESQUE, pour la construction d’une « Maison d’école - mairie et du logement de l’instituteur »). Cette enquête, close par le commissaire – enquêteur, conclut qu’il n’y a pas de réclamations.


Le terrain avait été acquis le 1er septembre 1853. Cependant, les démarches traînent. Un nouveau devis est déposé devant les conseillers le 19 novembre 1854 : le montant des travaux s’élève maintenant à 16 322,66 francs, intérêts de la dette compris.


La vie continue. Les instituteurs étant nommés ou révoqués par le préfet, monsieur PRUNIER, nommé le 10 juillet 1855, est remplacé le 6 août de la même année par monsieur LAINE.

Napoléon III est élu président de la République en 1848. Il devient empereur le 2 décembre 1852. Le 20 août 1854, le maire est invité, par l’autorité supérieure, à acheter un buste de l’empereur pour le placer dans l’école (coût : 50 francs).

Le terrain est acheté mais toujours pas d’école.

Le 7 octobre 1855, à 13 heures, « …sur proposition de monsieur le maire, le conseil municipal a été d’avis à l’unanimité que la pièce de terre destinée à la construction d’une Maison d’école, sera donné à l’instituteur pour lui faire un jardin à charge par lui de laisser construire la Maison d’école quand il y aura lieu.

Le 9 novembre 1856, à 14 heures, « … monsieur le président (le maire) a exposé au conseil municipal que, par sa lettre en date du 18 mai dernier, le comte de Villers, propriétaire de la maison servant actuellement d’école et de logement de l’instituteur, ayant donné congé pour le 1er janvier prochain, la commune va se trouver, à cette époque, dépourvue de Maison d’école. Il est donc de la plus grande urgence de s’en procurer une dès maintenant. C’est pourquoi le maire qui possède au hameau de Villeneuve une maison convenable, propose de louer cette maison à la commune moyennant un loyer annuel de 125 francs jusqu’au moment où la maison actuellement en projet sera reconnue habitable ».

Le conseil accepte de louer cette maison à compter du 1er janvier 1857. Le maire était monsieur Armand TOUTAIN.

Il semble que monsieur de Villers ait attendu 2 années car il avait déjà donné congé pour le 1er janvier 1855.














Le 8 février 1857, on forme une commission de 2 membres pour assurer l’adjudication des travaux de l’école.

Le 13 novembre, on annonce : « …les travaux sont très avancés ».On vote la création d’impôts extraordinaires pour régler les dépenses et on demande le versement de la somme empruntée.

Le 22 août 1858, le conseil émet le souhait de planter des tilleuls dans la cour de l’école.

Le 10 février 1860, le maire signale qu’il est nécessaire d’assainir la cour de l’école, de la niveler et de construire une citerne d’eau potable (Ce doit être celle qui se trouve à gauche de la mairie actuelle, une citerne enterrée).

Le 8 avril, la construction n’est toujours pas achevée. Un nouveau devis, avec le jeu des rabais, s’élève à 9 284,88 francs alors qu’il était déjà passé à 8 250,14 francs. Le conseil est conduit à voter un crédit supplémentaire de 1 034,74 francs. Le maire précise qu’il a déjà payé pour les travaux et le conducteur des travaux une somme de 8 325,15 francs.

En août, un secours de 12 500 francs est réclamé pour la construction de la Maison d’école.

Il semble que la construction soit achevée fin 1860. En effet, le 18 novembre, le maire donne le décompte général de l’opération : 8 838,49 francs. L’entrepreneur était monsieur COVILLE. Il paraît que ce n’était que le coût de la construction seule car, en 1866, le 21 mai, on lit : « …les dépenses de l’école se sont élevées à 9 280,41 francs (somme déboursée de 1857 à 1861).


Les instituteurs étaient des « parents pauvres ». Le 19 mai 1867, on vote un crédit de 300 francs pour l’acquisition d’un mobilier pour l’instituteur mais on demande, le même jour, une subvention de 300 francs sur les fonds de l’état pour compléter, dit-on, ce mobilier.

Le 26 octobre 1867, un arrêté du maire décide la création d’un cours pour adultes à partir du 4 novembre (cours gratuits, chaque soir, à l’école). Le cours comprenait : les faibles dans la 2è et 3è division et les plus forts dans la division supérieure. Le programme était le suivant :


L’école nouvelle fonctionnait.


Ce devait être la salle où se trouve l’actuelle mairie (un plan en annexe essaiera de reconstituer les diverses pièces et leur usage).

Le 20 novembre 1864, il est fait mention d’une «  fête très ancienne » et d’une distribution des prix aux élèves de l’école, toutes les deux organisées par monsieur le comte de Villers.

La salle de la mairie devait se trouver au premier étage, à l’emplacement de l’actuelle salle de séjour, avec un bureau dans la cuisine (pièce plus petite à l’époque) et les documents et les archives à l’emplacement de la salle de bain, le tout au-dessus de la salle de classe. Dès 1860, les délibérations commence ainsi : « Le conseil municipal réuni à la Maison d’école… ».

Qui dit école, dit dépenses.

Le 19 mai 1867, un crédit de 30 francs est voté pour les frais de chauffage et d’éclairage de l’école.

Le 14 février 1869, il y a toujours des enfants dont les familles ne peuvent pas payer pour aller à l’école. On les appelait les « élèves gratuits », ce sont maintenant les « élèves indigents ». L’appellation change. Est-ce mieux ?

Le 8 août 1875, on envisage la construction d’un bûcher.

Le 30 juin 1881, des réparations sont nécessaires :

Le conseil sollicite, de l’état et du conseil général, une subvention de 800 francs et vote un emprunt de 1 200 francs.

Le 18 mai 1882, c’est la création d’une Caisse des écoles.

Le 30 août, monsieur ROGER de VILLERS fait donation à la commune d’un terrain de 41,75 m2, contigu à la cour de l’école pour l’agrandir. Le conseil accepte la donation. Il prévoit la démolition du mur et sa reconstruction au nouvel alignement. Les travaux s’élèveront à 250 francs.


1881 : Jules FERRY et les Lois scolaires


De 1881 à 1886, une série de lois va bouleverser le système éducatif. Jules FERRY fait voter :

* La loi sur l’Ecole publique gratuite en 1881.

* La loi sur la laïcité en 1882.

* L’obligation scolaire pour les enfants de 6 à 13 ans pour les garçons et les filles (loi du 28 mars 1882).

* Les instituteurs laïcs seront préparés dans des écoles normales, une dans chaque département.

* Création d’écoles maternelles, de classes enfantines et des cours complémentaires (appelés de nos jours C.E.S.).


A Villers en Arthies, pas d’échos de ces lois mais cela ne saurait tarder.

Les travaux continuent :

Le 1er octobre 1882, on crée un trottoir et un passage à l’entrée de l’école.


Le 23 août 1883, un arrêté du maire fixe la date des vacances scolaires. Il semble que l’usage veuille que le maire fixe lui-même la période des vacances d’été. « …Les vacances scolaires dureront cinq semaines du 27 août au 1er octobre 1883… ». Cet arrêté est valable pour l’école de garçons et pour l’école libre des filles (C’est la première fois qu’on mentionne de cette école tenue par des religieuses). Dans cet arrêté, il est fait allusion aux « Lois Jules FERRY ». Le maire rappelle que « l’école est obligatoire pour les deux sexes de 6 à 13 ans d’après la loi du 28 mars 1882 ».


Le 10 février 1884, les travaux décidés en 1881 sont terminés. Les dépenses se sont élevées à 3 241,70 francs.


De 1884 à 1887, une série de travaux sera faite dans la cour (encore !) et sur les murs de l’école et du jardin.


Un autre arrêté du maire du 18 août 1884 «Les vacances scolaires sont fixées pour toutes les écoles communales du département du 18 août au 28 septembre 1884. La rentrée aura lieu le 29… ». C’est un commencement de planification des congés.






1887 : nouvelle date importante pour l’école de Villers en Arthies


2 juin 1887 : Dans sa séance, le conseil municipal accepte la proposition du maire : «…En vertu de la loi du 30 août 1886, l’école peut recevoir les filles. Les locaux actuels ne permettent pas l’exécution de la loi… ». Le maire propose la construction d’une nouvelle école.  


12 juillet 1888 : Le projet de construction d’une nouvelle école est déposé en mairie. Il s’élève à 12 000 francs. Le financement sera assuré à l’aide d’un emprunt.


5 février 1889 : Les plans et les devis, modifiés à la suite des remarques de l’inspection académique et de la commission des Bâtiments civils, sont adoptés par le conseil.


8 février 1891 : Le conseil envisage la construction d’un préau qui, semble-t-il, n’a jamais été construit.


6 octobre 1892 : Le mémoire général des travaux de l’école est arrêté à la somme de 11 314,95 francs. L’entrepreneur était monsieur AVISSE.


La deuxième école était enfin terminée : c’est la classe actuelle derrière la mairie. Pour les spécialistes de l’architecture scolaire, c’est une construction du type Jules FERRY.

Dès le 6 novembre, l’instituteur est chargé de transférer les archives communales dans les nouveaux locaux (la salle réunions de la mairie actuelle, l’ancienne cuisine et la future salle de bain).

L’école mixte de Villers en Arthies va « vivre sa vie ».


La période du « bâtisseur » est achevée.


Les écoliers vont user les plateaux de chêne des tables scolaires. Les instituteurs vont se succéder, les uns appréciant les charmes de la campagne et prolongeant leur séjour, les autres passant parfois à l’allure d’un météore (une annexe permettra de suivre la succession des instituteurs depuis 1807 à nos jours).Pourtant, avant le XX è siècle, il reste à conter deux anecdotes.


18 février 1894 : En application de la loi du 25 juillet 1893, le maire explique que « la commune ayant une école mixte dirigée provisoirement par un instituteur, le traitement de la maîtresse de couture est à sa charge depuis le 1er janvier 1894, mais que si le conseil municipal désire le remplacer par une institutrice, elle n’aura pas à voter le traitement de la maîtresse de couture ».

Que vouliez-vous qu’il fît ? Le conseil demanda le remplacement de l’instituteur par une institutrice en signalant bien qu’il n’est rien reproché à l’actuel maître qui assurait convenablement son métier. Cette affaire va durer quelques temps avec des chassés-croisés avec l’Administration (refus des 18 février et 21 octobre 1894 ; des 3 février et 17 février 1895). De nombreuses séances de conseil municipal vont se succéder durant cette période personne ne veut céder… Et la maîtresse de couture en titre ? Eh bien ! Elle n’est pas payée.

L’instituteur, monsieur GERY, sera remplacé (muté ou démissionnaire ?) en 1895 par madame BERTHIER mais, le 6 juin, il déposera une réclamation auprès du préfet pour obtenir le paiement du traitement dû à la maîtresse de couture. La suite des comptes- rendus des délibérations ne permet pas de connaître le dénouement de cette affaire.




Dans l’ancienne classe de 1892

M. Christian OZANNE (1949-1957)

La photo est datée de 1951







Le 21 août 1898 : Comme les temps changent !

L’adjoint au maire expose au conseil municipal que : « l’absence d’un instituteur dans la commune le met dans l’impossibilité de trouver un secrétaire de mairie pour remplir convenablement cette fonction ; que tout en rendant justice au zèle avec lequel l’institutrice actuelle dirige sa classe, il serait utile et indispensable, vu le petit nombre de filles fréquentant l’école mixte ( ?), que la dite école fut dirigée par un instituteur… ».


20 novembre 1904 : « l’école des files des sœurs a été fermée dans le courant de l’année » annonce le maire à son conseil municipal.


1905 : C’est l’année de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Cette loi est signalée dans le registre des délibérations le 10 mars 1906.


C’est maintenant « l’ère » des améliorations.


9 novembre 1922 : La commune crée une bibliothèque scolaire. Elle sera tenue par les divers instituteurs qui se succéderont pour arriver à la bibliothèque actuelle, riche de la collection des B.T., B.T.J., S.B.T. et autres publications FREINET, d’albums pour les petits, d’albums de documentation, de livres de bibliothèque proprement dits, d’atlas divers…























Annexe 1


J’ai pu établir la liste des « maîtres d’école », comme on disait autrefois, à quelques noms près depuis 1807. Parfois, les dates sont précises ; souvent, on ne trouve qu’une mention relative au maître ou à la maîtresse sans autres précisions.


Dates Noms


1807 - ? Joseph CALMEAU, 23 ans, qui venait de Follainville. Il devait en outre la fonction de clerc (service de l’église)

1er nov.1814 - ? Louis PARMENTIER qui venait de Jammericourt.

? - ? Chrisostome LALLOUET qui est cité en 1816.

? - 1837 …. TOUPISSIER qui démissionne en 1837.

1837 - ? Etienne HARNET qui venait de Choisy- le Roi.

1839 - 1840 …. BRANCOURT

1840 - 1841 Paul CRETE, instituteur et clerc laïc, qui venait de Rolleboise.

1841 - 1846 Narcisse BENARD qui venait de Dammartin.

1846 - ? Claude DAILLET


27 juin 1855 - ? …. PRUNIER, nommé par arrêté du préfet.

14 juill. 1855 - ? …. LAINE, nommé par le préfet.

27 fév. 1858 - ? Eugène WATIER.


7 déc. 1866 - ? Emile LAFON.

18 oct.1871 - 1873 Maxime DENIS.

27 mars 1873 - ? Eugène GODET qui venait de La Chapelle.



? -  ? …. BRETON est cité en 1884.



? - 1885 …. GERY

1885 - ? Madame BERTHIER.

? - ? Mademoiselle GAILLAUD qui est citée en 1897.



1904 - ? …. LAFORGUE.

1907 - 1925 Léon COURTAULT

1925 - 1927 Mademoiselle Marie RADIGUE

1928 - 1929 Madame veuve DECORVET.

1929 - ? Mademoiselle Hermine DAYDOU.

1932 – 1949 …. LUNEL.

1949 – 1957 Christian OZANNE qui venait de Mantes le Ville.

1957 – 1987 Jean ROCHEFORT qui venait de Chérence.

1987 - Madame Laurence DESENCLOS.

(Tableau arrêté en septembre 1987)


Annexe 2 : Plan de la mairie école (bâtiment de 1860)





Annexe 3




Le plan en annexe 2 essaie de reproduire la disposition des pièces et leur usage vers 1860. Ce plan est resté le même jusqu’en 1956. Seul, l’usage de certaines avait changé, en particulier pour la mairie après la construction de la classe de 1892.


La salle de classe se trouve au-dessus d’une cave voûtée qui s’est avérée inutilisable, avec le temps, à cause des infiltrations d’eaux de sources. La cave est assainie depuis 1957, date à laquelle un puisard a été creusé en remplacement de l’ancien qui s’était colmaté.


L’étage est surmonté d’un grenier dont le plancher est en plâtre.


Quand je suis arrivé à Villers en 1957, on venait de transformer le logement de l’instituteur, à l’étage. On avait créé une cuisine donnant sur la cour et une salle de bain non aménagée dont la fenêtre donnait sur le toit de l’école. La cuisine du bas était devenue la salle de la chaufferie (la chaudière était dans une fosse) et le local du répartiteur des P.T.T. pour le téléphone.


Dans la mairie actuelle, la fenêtre nord, à gauche était déjà obstruée en 1957 et avait été transformée en placard pour les dossiers. C’est ce qui est arrivé à sa voisine de droite vers 1970. La condamnation de cette deuxième fenêtre a permis d’augmenter la capacité de rangement des archives et, surtout, d’améliorer le chauffage de la salle.


Chaque pièce était équipée d’une cheminée munie d’un tablier, habillée de plaques de marbre gris - noir comme celle qui reste dans la mairie actuelle.


Juin 1982
























Il s’agit de la mairie - école que l’on peut dater après la guerre de 1914-1918 (on aperçoit la plaque « Aux instituteurs morts pour la France »). Un détail supplémentaire (le garage au fond, à gauche) permet d’affirmer que cette carte a été éditée après 1949.




Ce sont les bâtiments de l’orphelinat et de l’école de filles tenus par des religieuses dont il a été question dans cette étude.


…. GENEVEE, Louise CHEVREL










Complément à l’étude « Sur le chemin des écoles »


C’est pour répondre à des questions qui m’ont été posées que je rédige ce complément à mon étude de 1982.


L’école – la classe


Délibération du 23 août 1857 : La commune est « en jouissance du terrain de madame LEVESQUE depuis le 1er septembre 1853 et les intérêts calculés à 4½% sur la somme de 1 000 francs forment depuis cette époque jusqu’au 1er décembre 1857 un total de 1870 francs ». On les prélèvera sur les fonds libres.


Le 20 novembre 1864, la municipalité est invitée à créer « une fête de fin d’année avec distribution des prix ». Le conseil signale qu’il en existe déjà une grâce à « la générosité de la comtesse de Villers » et qu’il n’y a pas lieu de changer cette « tradition ».


Arrêté du 24 septembre 1883 : Le maire annonce la rentrée des classes à l’école communale des garçons et à l’école libre des filles pour le 1er octobre.


Arrêté du 13 septembre 1884 : Le maire rappelle la « loi du 28 mars1882 » qui a rendu l’instruction primaire obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de 6 à 13 ans.


Le 8 février 1891 : Le conseil étudie le projet de travaux à effectuer sur le mur et le grillage du jardin, pour la construction d’un préau et l’installation de la nouvelle classe (c’est celle de 1892). Le devis s’élève à 2 244,55 francs.


Le 20 mai 1914 : Le conseil décide de créer « une classe laïque » pour les enfants de l’orphelinat dans les locaux scolaires de cet établissement. La supérieure des sœurs St Vincent de Paul s’engage à « n’intervenir en rien dans la direction de ladite classe ».


L’instituteur



Le 3 mai 1807 : Le conseil procède à la nomination d’un instituteur « pour l’éducation des deux sexes » ( ?) ainsi que pour accompagner monsieur le curé dans l’église pour le « «service divin ». C’est Joseph CALMEAU, 23 ans, domicilié à Follainville, mais originaire de Paris, qui devient « maître d’école » à Villers.


Arrêté du 1er novembre 1814 : D’après les renseignements sur  la « moralité et les talents du sieur Louis PARMENTIER » et d’après le « certificat de monsieur le maire de la commune de Jammericourt qui signale qu’il a exercé pendant quatre ans et demi la place d’instituteur avec zèle et intelligence », on le choisit pour instituteur. On loue pour lui une maison « au sieur Jean BERTHEAUME, maréchal-ferrant à Villers, pour 30 francs à dater du 1er novembre 1814 » - Signé : ROGER de VILLERS, maire.


Délibération du dimanche 17 décembre 1837 : Monsieur TOUPISSIER est démissionnaire. Son remplaçant sera monsieur Harnet (?) Aimé François LE ROY, « élève de l’Ecole Normale », sans autres précisions (Dans ma liste des instituteurs, j’ai un Etienne HARNET qui venait de Choisy le Roi).

Le 1er novembre 1839 : Le conseil choisit encore un autre instituteur. C’est monsieur BRANCOURT, élève de l’Ecole Normale de Versailles.


Le 2 novembre 1840 : Monsieur Paul CRETE sollicite le poste d’instituteur. Il est né le 24 janvier 1811 à Gassicourt. Il fournit à l’appui de sa demande les pièces qui suivent :

Il est retenu par le conseil municipal le 8 novembre1840.


Le 19 décembre 1841 : C’est au tour de monsieur Narcisse BENARD, né à St Clair sur Epte le 30 janvier 1802, de déposer une demande appuyée des documents suivants :


Arrêté du 9 mars 1858 : Monsieur WATIER Eugène Frédéric prête serment conformément à la loi et est installé dans son poste par le maire monsieur TOUTAIN ; La classe est « rouverte »Le 12 mars 1858.


Le 19 mai 1867 : La municipalité accorde un crédit de 300 francs pour l’achat de mobilier pour l’instituteur. Elle réclame une subvention de 300 francs à l’état pour compléter « l’achat du mobilier personnel » de l’instituteur suivant la « nomenclature annexée à la circulaire de monsieur le ministre de l’Instruction Publique du 16 septembre 1863 ».


Arrêté du 1er novembre 1871 : Monsieur Maxime Zacharie Jules DENIS, né le 29 mai 1843 à Villette, est installé par le maire, monsieur LABBE.


Ici, je vais reproduire en totalité l’arrêté du maire car, en avril 1872, l’instituteur est attaqué par certains parents. Monsieur LABBE prend un arrêté le 7 avril 1872, en précisant l’heure : 8 heures du matin.

AVIS – Instruction primaire – Vacances de Pâques

« Le public est prévenu que, pendant les fêtes de Pâques, il a été accordé un congé de huit jours aux instituteurs ayant fait cours d’adultes cet hiver. Il est donc étrange que certaines personnes d’une mauvaise foi évidente aient cru devoir médire de l’instituteur parce qu’il n’a pas fait classe vendredi dernier, lorsqu’il a fait son devoir en faisant classe mardi et mercredi. Il suffit de signaler de semblables calomnies pour que le mépris public en atteigne les auteurs.»


Le 6 juin 1895 : Le registre du conseil municipal mentionne le départ de l’instituteur monsieur GERY. Est-il démissionnaire ? Pour quelles raisons ? Rien ne nous l’indique mais on précise : « Il n’a exercé que 3 mois et 20 jours de l’année 1895. Aussi, son  traitement sera recalculé ».


Le 21 août 1898 : Cette fois, on demande un instituteur car le secrétaire de mairie, monsieur LECOMTE, vient de démissionner. Mademoiselle GAILLARD est institutrice. C’est d’un instituteur - secrétaire de mairie dont on a besoin.

La suite de cette affaire se résume ainsi :

En 1899, le Conseil Départemental est saisi d ‘une demande du conseil municipal de Villers en Arthies, 474 habitants, canton de Magny en Vexin, tendant à faire remplacer par un instituteur, l’institutrice chargée de la direction de l’école à classe unique mixte de la commune. Une décision du Conseil Départemental a déjà accordé à la quasi-totalité des communes rurales cette mesure dérogatoire à la loi du 30 octobre 1886.

Sur proposition de l’Inspection Académique, il oppose un refus exceptionnel à la demande de la municipalité. Le motif, à l’appui de ce refus est : « Cinq ans plus tôt, elle avait un instituteur - secrétaire de mairie. Elle avait réclamé et obtenu de le faire partir et de confier  le secrétariat à un habitant de la commune. Une institutrice avait été nommée en avril 1895 à sa place (du démissionnaire monsieur GERY). En 1899, on réclame à nouveau un instituteur ! ».

(D’après « Les instituteurs de Seine et Oise » de René Crozet Musée départemental de l’Education – St Ouen l’Aumône – 1991)


Les élèves


Le 22 décembre 1816 : Le conseil municipal délibère sur la « rétribution allouée au susdit LALLOUET, maître d’école » soit :

« Par mois de chaque classe »


Le 15 novembre 1857 : On désigne 6 élèves à admettre gratuitement à l’école en 1858.


Le 14 février 1858 : C’est le taux de la rétribution scolaire que l’on fixe pour l’année 1859.

L’instituteur n’est pas oublié :

On prévoit aussi la location de la maison qui sert d’école et on vote une indemnité de logement pour l’instituteur (125 francs).


Le 14 février 1869 : La municipalité vote la rétribution scolaire pour les élèves indigents, applicable en 1870 :

Elle fixe ensuite la rétribution pour les « élèves payants » :

-enfants de plus de 6ans : 1,75 franc.

-enfants de moins de 6 ans : 1,25 franc.

Le salaire fixe de l’instituteur s’élève toujours à 200 francs et le complément est porté à 159,25 francs.


Le 14 novembre 1869 : Le conseil arrête le nombre « d’élèves indigents » à 10. L’instituteur en poste est monsieur LAFON.

Les essais de regroupement scolaire

Avant d’aborder les différentes étapes qui ont conduit à un regroupement scolaire à trois communes et à la constitution d’un Syndicat intercommunal, il est nécessaire d’étudier l’évolution des effectifs scolaires de 1957 à 1987, période durant laquelle j’ai été instituteur - secrétaire de mairie. Un tableau permettra de comprendre pourquoi est apparue la nécessité, pour les communes, du moins pour certaines, de se regrouper. C’était en premier lieu un moyen d’éviter la fermeture d’une classe dans le secteur. Il y aura quatre tentatives de regroupement. Les deux premières ont permis de sensibiliser les parents sur l’avenir de l’école rurale à classe unique mixte.

La suppression des classes de fin d’études a amputé ces écoles des tranches d’âge de 12, 13 et 14 ans vers l’année 1966.


1957-1958

21 élèves (de 6 à 14 ans)

1960-1961

25 élèves

1965-1966

13 élèves (menaces de fermeture)

1966-1967

20 élèves (on a inscrit les enfants de 5 ans)

1969-1970

23 élèves

1970-1971

17 élèves

1973-1974

15 élèves (nouvelles menaces de fermeture)

1980-1981

33 élèves

1985-1986

26 élèves

Le regroupement, envisagé en 1989, a permis d’éviter la fermeture de l’école de Vienne en Arthies mais, ailleurs, aussi, les effectifs risquaient de diminuer. En outre, une population nouvellement installée, arrivant de milieux citadins, réclamait une maternelle, une cantine, une garderie et avait un préjugé défavorable envers la classe unique. D’ailleurs, les nouveaux inspecteurs et les médias militaient dans le même sens. Il faut bien admettre que ce regroupement est une réussite et semble satisfaire l’ensemble des protagonistes : écoliers, enseignants, parents et les élus.


Voici les quatre tentatives de regroupement dans l’ordre chronologique :


30 janvier 1965 : « La classe ne compte plus que 13 élèves. »

Le conseil municipal recherche un moyen de remonter les effectifs. Il envisage de construire un petit lotissement. L’inspecteur départemental de l’Education Nationale et l’inspecteur d’Académie invitent, à partir de 1967, les enseignants de Villers en Arthies et de Chaussy à étudier la possibilité d’un regroupement d’écoles. Les esprits (parents, enseignants, élus) n’étaient pas prêts à comprendre et à accepter la nécessité de cette fusion. C’est un refus général.


18 mars 1978 : Ce projet de regroupement concernera quatre communes : Villers en Arthies, Chérence, Vienne en Arthies et St Cyr en Arthies. C’est le maire de Chérence qui, voyant « fondre » les effectifs de son école (9 élèves), sollicite une réunion des quatre maires. Les élus sont conscients de la situation mais ils refusent pour les raisons suivantes :

- Trajet trop long pour les jeunes enfants.

- Circuit trop vallonné.

- Coût de l’opération.

Le représentant de l’Inspection Académique confirmera les deux premières objections.

28 mars 1985 : Nouveau projet concernant Villers en Arthies, Vienne en Arthies et St Cyr en Arthies. Cette fois, les enseignants sont favorables mais une majorité de parents et d’élus sont encore opposés au principe. Il est vrai que les effectifs de Villers vont se stabiliser selon les statistiques (plus de 25 élèves).


9 octobre et 6 décembre 1989 : Cette quatrième tentative reprend la proposition de 1985. Cette fois, le principe d’un regroupement n’est plus contesté. Après bien des concertations avec les parties intéressées, les conseils municipaux des 3 communes approuvent le regroupement avec une cantine dans chaque commune et la création d’un ramassage scolaire. Villers en Arthies ajoute la création d’une garderie avant et après la classe.

Grâce au dynamisme des maires : messieurs BOUTILLIER Germain, maire de Vienne en Arthies, BAROIS, maire de St Cyr en Arthies et HARANGER Jacques, maire de Villers en Arthies, un Syndicat intercommunal scolaire est créé et il fonctionnera dès septembre 1990. Les statuts du syndicat dont le siège est à la mairie de Vienne en Arthies, sont adoptés par le conseil municipal de Villers en Arthies le 22 janvier 1990. La délibération et les statuts sont approuvés par le préfet le 27 avril 1990. Il faut insister sur l’action déterminante de monsieur BOUTILLIER tant pour la mise en place du syndicat que pour les interventions et les discussions avec l’Académie, l’Administration et les divers services concernés.



Pour être instituteur au XVIIIe et au XIXe siècle

(D’après « Le District Urbain de Mantes - Du passé au futur - novembre 1987-

. Réalisé par le C.R.E.D.O.P.)


*****************************

















Logement de l’instituteur terminé en février 1987




La sortie de la classe à 16 heures 30 en 1982. Il y avait 30 élèves en classe unique. Les grands élèves étaient encore en classe pour du travail supplémentaire, volontairement accepté. J’avais, ce jour-là, des normaliennes allemandes.